‹ Henri RochefortChapitre 14 sur 60 · I.P. PnEMIKR KXH. -M I · texte numérisé non relu

I.P. PnEMIKR KXH. -M I

< compagnie de gardes municipaux : une bri|

• il»' BPrgentfl de ville sur quatre rangs. La foule « se replie. Le moment a quelque chose de sé- « rieux et d'émouvant. Il n'y a 'l'autre lun.

« que celles des réverbères : on entend le piéti- « nement des chevaux, le cliquetis de leur harna-

• chôment, le bruit des pas de soldats, et, au loin, « le murmure de la foule. Ij' boulevard devient m désert, des masses Bombres bs dessinent à la « hauteur de la rue Richelieu et devant la rue « Rougemont. Par moment, des cris violents « trouent le silence et s'éteignent lentement.

« On entend bientôt un roulement de tambour

• venant de la rue brouol. Puis un second, puis

• un troisième, suivi d'une immense et longue « rumeur. Après divers mouvements de flux et de a reflux, la rue Drouot est occupée par la cavale- « rie, on pose des sentinelles rue Richelieu, rues <> Favart, Grétry, Grammont et Laflitte.

« Les cavaliers stationnent sur la chaussée, an* « tre les boulevards Poissonnière et Montmar- « tre. Les fantassins se forment par sections, in- « terdisant absolument toute circulation. Des pa- « trouilles de cavalerie et d'agents parcourent la <- rue du faubourg Montmartre.

A. Belleville une panique avait saisi d

n heures les petits commerçants du quartier. 1. m

• boutiq nient, les passants rentrent en « courant. A huit heures des bandes années dti

t\"2 LE PREMIER EXIL

« barres de fer prises au marché de Ménilmon- « tant, descendent le boulevard extérieur, brisent « les lanternes de gaz. Les devantures du café de « l'Indépendance et de la pharmacie Hayère sont « hachées. Elles allèrent même jusqu'à brûler un « kiosque. »

Les arrestations marchaient bon train et l'on jugera de l'état de délire dans lequel était tombé l'Empire par cet avis aux lecteurs mis en tête du numéro 40 du Rappel.

On espérait sans doute désorganiser le Rappel, en envahissant ses bureaux, en mettant ses principaux rédacteurs sous le coup de mandat d'amener ou sous la menace d'arrestation préventive. C'est le couronnement ou le commencement du système de réaction dans lequel le gouvernement semble vouloir entrer pour répondre à la revendication démocratique de la France entière. Le gouvernement ne réussira pas dans ses desseins.

Le Rappel restera debout. Il demeurera calme, mais inflexible en face des provocations ou des menaces. Et si quelques-uns de ceux qui luttaient ici pour le droit sont écartés par la force, ils n'auront pas de peine à trouver des volontaires pour tenir le drapeau et garder jusqu'à leur retour, le poste de combat. Signé : Charles Floquet.

M. Floquet n'appartenait pas à la rédaction du Rappel.

Mais, on le voit par cette courte et courageuse noie, les bureaux du journal avaient été envahis

Ll l'HKMIIH EXIL 118

par la police, la reaille ôlaiit Lerminée, aucun dei rédacteurs D'étant présents. L - serrures rurent brisées, les papiers saisis. Le /< i -II, l'autre organe radical de Pan-, a un sort identique, plus infortuné même encore, car deux de ses rédacteurs, MM. Cournet et Charles Quentin sont arrôtés par ordre du préfet, sous la prévention de complot conliv la sûreté de l'État

En l'absence momentanée et forcée des écrivains traqués, M. Floquet n'avait pas hésité, comptant parmi ces rédacteurs nombre d'amis, à s'offrir pour les remplacer età piloter au milieu de forage qui menaçait de l'engloutir l'esquif à moitié désemparé.

Le défi néanmoins était lancé entre le peuple et Bonaparte-César et ce duel devait être sans trêve.

Habitants de Paris, fait afficher le préfet de police, sur différents points de la capitale des désordres graves ont marqué les soirées des 7 et 8 juin.

Des cris séditieux ont été poussés, des actes de violence et de rébellion ont été commis, on a brisé des devantures de magasins, attenté à la propriété privée et à la propriété nationale.

La ferme attitude des agents de l'autorité dont plusieurs ont été blessés, a triomphé partout de ces tentatives d'agitation.

Ces scènes déplorables se sont renouvelées hier avec plus de gravité encore : la garde de Paris a dû être requise.

Une bande de perturbateurs s'est armée de barres de fer enlevées A un de nos marchés et a commis les

excès les plus répréhensibles. Au moment où la force publique s'est montrée cette foule s'est enfuie, abandonnant sur la voie ces armes improvisées.

De semblables désordres ne sauraient être tolérés, les élections sont terminées, aucun prétexte à rassemblement n'existe, l'autorité a le devoir d'assurer la libre circulation, de protéger les intérêts commerciaux de la cité, de garantir la sûreté des personnes et des propriétés, elle accomplira énergiquement ce devoir ; la loi sur les attroupements sera appliquée avec résolution, si cela est nécessaire.

Le préfet de police fait un nouvel et plus pressant appel à tous les bons citoyens ; il les adjure [de ne pas se mêler aux perturbateurs, de ne pas grossir les attroupements qui pourraient encore se lormer, et de faciliter ainsi l'exécution des lois qui sont la sauvegarde de la paix publique.

Le Préfet de police, Piétri.

Le deux-décembre défenseur de la propriété et observateur de la loi ! Mais nous ne voulons relever de cette circulaire que le passage où M. Piétri fait allusion à la clôture de la période électorale. « Les élections sont terminées », écritil. Le préfet de police se trompait, elles n'étaient « finies », comme on dit, « que pour bientôt et mieux recommencer. »

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