TIF
de vouloir bien lui acheter un peu de pain pour impes de Bon estomac vide.
Lorsque qous avons dit pr déminent que
quelques moucharda poussaient à l'entrée dans Tans, nous nous sommes réservé d'enregistrer ici la nom d'un homme qui i avoué lui-même, devant les conseils de guerre tenaillais en 1871,
iccointances avec la police. C'est celui du Terrail qui avait pria Plourens par un bras et qui l'excitait aux plus énergiques déterminations, agent criait en même tempe i Hochefort ces paroles phénoménales auxquelles celui-ci Regarda bien de se laisser prendre :
« Marche* sur Paris, ee sont des statues .d'or que la postérité vous élèvera ! »
En dépit de ses efforts, le député de la première circonscription de Paris n'avait pu parvenir à se frayer un passage à travers la foule pour rejoindre le convoi. Les petites rues qui avoisinent le cimetière de Neuilly regorgeaient d'une masse compacte de citoyens, muraille humaine dans laquelle on ne pouvait pratiquer une brèche.
I ne heure se passa, et bientôt une rumeur confuse apprit que les obsèques étaient terminées. Un ne devait plus songer qu'au retour. Rochefort donna l'ordre an cocher de gagner le Corps latif. Le fiacre tourna sur lui-mèm. . par
cent tureux; il reprit au | nin
de la place de l'Etoile.
En avant, sur les côtés, derrière le véhicule, deux cent mille hommes se mettent en marche. La voiture et le cortège franchirent sans encombre l'avenue de la Grande-Armée, l'Arc-de-Triomphe et pénétrèrent dans les Champs-Elysées. Tout à coup, au niveau du rond-point, un mouvement de reflux subit, presque silencieux, s'opère dans ce flot formidable.
Ce cri retentit : La troupe !
Des régiments de chasseurs à cheval sont rangés en bataille sur une ligne perpendiculaire au palais de l'Industrie et barrent l'avenue.
Rochefort, Jules Vallès et Paschal Grousset descendent du fiacre et font signe au groupe de citoyens qui s'avancent de s'arrêter :
« Citoyens, dit le représentant de Belleville, laissez-moi m'avancer seul. »
Et il se porte en avant. Vingt pas le séparent à peine de la ligue de bataille. Dans l'espace vide, un officier de paix, M. de Kéraniou, frère du député candidat officiel, ordonne les sommations. Un premier roulement se fait entendre.
« Monsieur, dit l'auteur de la Lanterne, les citoyens qui m'entourent prennent pour revenir d'un enterrement, le chemin qu'ils avaient pris pour y aller. Prétendez-vous leur barrer le passage? »
Un second roulement couvre la voix du député :
« Tout ce que vous direz et rien c'est la même chose, riposte le commissaire de police, après la
seconde sommation. On va faire usage de la force. Retirez-vous 1 vous allez être sabrés...
Rochcfort montre sa médaille de représentant :
— Je suis député de la Seine, et je prétends me rendre au Corps législatif.
« Vous serez sabré tout le premier, répond M. de Kéraniou.
On voit, par cette réplique du délégué de l'autorité, le respect que l'Empire professait pour le suffrage universel, dont il se prétendait issu. Rochefort se retourna alors. La foule était sans armes, et les sommations avaient produit leur effet. Le plus grand nombre des citoyens avait reflué déjà sur les bas côtés de l'avenue.
« Citoyens, reprit Rochefort en s'adressant à ceux qui se pressaient encore derrière lui, dispersez-vous. Vous livreriez à l'Empereur une victoire désirée et facile, vous n'êtes pas armés, vous vous feriez massacrer inutilement. »
Les députés de Paris avaient brillé par leur absence à cette cérémonie populaire, Rochefort seul y avait assisté. L'Avenir national donna de ce motif l'explication embarrassée suivante à laquelle il n'avait pas lui-même beaucoup l'air de croire :
On a remarqué l'absence des députés de la gauche aux obsèques de Victor Noir. Cette absence regrettable avait, nous croyons pouvoir le dire, une certaine raison d'être. Les députés se trouvaient placés entre un double devoir : celui d'assister, avec toute l'autorité de
leur mandat aux funérailles d'un citoyen tombé sous les coups d'un prince de la famille Bonaparte, et le devoir de restera la Chambre pour défendre leur collègue M. Rochetort, contre la demande de mise en accusation qui se discutait à l'heure même de l'enterrement dans les bureaux de la Chambre. Les députés de la gauche ont opté pour ce dernier devoir; mais ils au-' raient pu, cependant, concilier la double exigence, en présence de laquelle ils se trouvaient.
On verra plus tard, à la façon dont les députés de la gauche défendirent leur collègue, si cette dernière raison était ia vraie. Rochefort ne s'y trompa point. Le dégoût même que la conduite des représentants soi disant républicains dans cette mémorable journée lui avait inspiré fut tel, qu'en rentrant au Corps législatif, ruisselant d'eau et couvert de boue, il demanda immédiatement la parole dans l'intention de jeter sa démission à la face de l'assemblée.
Mais la séance touchait à sa fin, et, soit que le président n'eût pas entendu la demande du député, soit qu'il jugeât qu'il fût trop tard pour y faire droit, soit qu'il craignît encore quelque esclandre, il leva la séance avant que M. Rochefort eût le temps de parler.
Le lendemain, sur les conseils de ses amis, le représentant de Belleville se décida à ne pas donner suite à son projet, pensant que le scandale de son arrestation, alors qu'il était revêtu du mandat des électeurs, porterait un coup plus terrible aux