‹ Henri RochefortChapitre 21 sur 60 · II. N ivait peut-être, parmi · texte numérisé non relu

II. N ivait peut-être, parmi

les hommes qui étaient partisans de la marche sur Paris des fous, des exaltés, il y avait à coup sur des policiers et nous citerons un nom tout à l'heure, mais il y avait aussi des révolutionnaires prêts à payer de leur personne, des Flourens, des Vermorel, véritables héros, dont l'opinion pour l'action mérite d'être sérieusement discutée.

Quoi qu'il en soit, insensiblement les plus décidés se massent, fiers combattants trapus, qui, aux grands jours, la tête haute, les cheveux au vent, vont boucher avec leurs poitrines les gueules béantes des canons.

Des chuchottements courent dans les rangs pressés. Tout à coup cent voix hurlent : « A Paris ! Au Père-Lachaise ! »

Mais soudain la fenêtre de la chambre du premier étage où repose Victor Noir s'ouvre toute grande et on voit apparaître la tête pâle de Roche fort.

Delescluze se montre à son tour. Le rédacteur en chef du Réveil prend la parole, et conclut à ce que le corps soit, suivant les volontés de la famille, inhumé au cimetière de Neuilly.

<■ A Paris ! au Père-Lachaise ! » riposte la majorité des assistants. « Soit ! dit l'orateur, avec un geste désespéré. Allez, au Père-Lachaise, allez ! »

Et Delescluze a montré plus tard si la peur de la mort le tenait au cœur, et s'il était sincère alors qu'il donnait aux autres des conseils empreints de prudence !

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Mais Rochel prend la place de Delescluze. l g tient, le silence le plus pn

tablit.

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d< Be le ville. Eh bien ! citoyens, j'ai la conviction que marcher sur Paria esl une raute, et que l'heure ■ 1 I avis do pamphlétaire — le lion du jour — mple 'l ml i I pronom

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changent les résolutions de la majorité.

\ Neuilly ! à Neuilly », répètent i l'instant mêmi pie Rocheforta cessé de parler, truis

mille bouche b : A Neuilly

>nvoi funèbre se mit en marche.

C'en était t'ait aV la révolution, comme beaucoup l'avaient espéré a ce jour dit !

fut un spectacle inouï, que celui de ces deux cent mille bo irgeois et ouvriers allant lentement, recueillis den . rbillard, contenant les i

d'un pauvre enfant de la plèbe tue par un prince !

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ment drapé, les chevaux qui traînaient le cercueil, . télés, et la bière avait éti quatre citoyens robustes, qui réclamèrent l'honneur de la charger sur • Une suprême tenta' iie a rentrée de

ne 'I- .Neuilly et Je i.i rue des Plâtriers par les partisans des funérailles à Paris. Le cercueil

est en quelque sorte disputé à ceux qui, fidèles observateurs des vœux exprimés par la famille veulent l'inhumation au cimetière de Neuilly. La scène est étrange et désespérée. Hissés sur le haut des voitures, des orateurs surgissent et cherchent à persuader à la foule les uns, de descendre vers les Champs-Elysées ; les autres, de monter vers Courbevoie. La halte qui s'est produite brusquement cesse brusquement aussi. Une immense poussée a lieu. Ulric de Fonvielle et Henri Rochefort suivent le corbillard. On a prétendu que l'auteur de la Lanterne ayant vu Ulric de Fonvielle à ce moment même, emporté par la cohue, serré violemment, presque étouffé n'avait pu supporter ce spectacle et que succombant à l'émotion le rédacteur en chef de la Marseillaise s'était trouvé mal. La vérité c'est que la douleur qu'avait causée à Henri Rochefort le meurtre ignominieux de ce jeune homme de vingt-deux ans avait opéré dans l'organisme impressionnable du journaliste une révolution si profonde qu'il lui avait été impossible de prendre aucun aliment depuis le 10 janvier, jour du crime d'Auteuil, jusqu'au 12, date de l'enterrement et que c'est d'inanition qu'il s'évanouit.

On transporta Henri Rochefort chez un épicier de l'avenue et ce fut Jules Vallès, à cet instant dans la voiture du rédacteur en chef de la Marseillaise avec Paschal Grousset, que Rochefort pria

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