I. \ i ommissi 10 .1 coma prendra
de l'article. Elle doit le Boumetl bre.
En voici le texte :
Et c'est au milieu du plu
et du public des tribunes que le rapporteur donna lecture du texte du placard, cri »1 in- Llion imprimé même du meurtre
e du journal la M
Assassinat commis pab li princb Pisrrb-N
i. il CITOTBM VlCTOB N rSNTATIVB 0 Mi l.K PBI3CE
r.uuu.-N UPOU SU l'une
IMVULLB.
J ai eu la I roire qu'un 1 pou-
vait chose <|u'iin assassin.
J si osé n'imaginer qu'un duel loyal éta I «ian-. cette famille où le meurtre el !■• guet-a de tradition el d a ■
Ire ( ollaboi ateur l';i~< bal i mon
ard'hui nom pteuroni notî <■ psai < bei ii le bandit P
.in lions]
Voilà dix-huit ans que la France est entre les mains ensanglantées de ces coupe-jarret qui, non contents de mitrailler les républicains dans les rues, les attirent dans des pièges immondes pour les égorger à domicile.
Peuple français, est-ce que décidément tu ne trouves pas qu'en voilà assez.
« La Commission n'ajoute aucun commentaire.
« La Chambre appréciera dans la liberté de sa « conscience. La Commission, quant à elle, a pensé « que des poursuites étant demandées, l'article « présentait un caractère tel qu'il n'y avait pas « lieu d'arrêter le cours de la justice.
« Elle a examiné ensuite la question de savoir « si la Chambre devait, en présence de la pour- « suite, faire le sacrifice de l'immunité qui couvre « le député durant l'exercice de son mandat. »
Et citant l'exemple d'un précédent adopté contre un représentant du peuple en 1849, l'ancien défenseur du capitaine assassin et voleur Doineau ajoutait':
« La poursuite est-elle dirigée contre l'homme « ou contre le député? S'il s'agissait d'un simple « citoyen, la justice interviendrait-elle? La ré- « ponse n'est pas douteuse. Oui, évidemment la « justice interviendrait. »
Nous ne savons si c'était bien au nom de la justice que le chef du parquet demandait à intervenir, mais ce fut pour la confusion de M. Nogent-Saint- Laurens que M. Rochefort, lui, intervint. A peine
e rapporteur descendait-il de la tribune, que le rédacteuren chef de la Marseillaise lui lança cette apostrophe qu'on se garda d'enregistrer à VO/R-
ciel.
« Vous faites là, monsieur, un vilain métier ! »
Au début de la séance suivante, où se discuta sa mise en accusation, et dans laquelle la Chambre émit un vote autorisant les poursuites contre le député de Belleville, M. Rochefort se leva et s'exprima ainsi :
M. Rochefort. — Je demande à dire d'abord quelques mots. Je pourrais répondre au rapport de la Commission qu'il est certains attentats qui autorisent à peu près à tout dire ceux qui en ont été ou qui ont failli en être les victimes. Je me bornerai à dire que les masses, qui s'inquiètent peu des questions de cabinet, ne verront dans cette demande de poursuites qu'un moyen d'écarter à tout prix de la Chambre un député désagréable (Interruption).
M. Schneider. — Au commencement de cette séance, je demande à la Chambre beaucoup de calme et de silence.
M. Rochefort. — Voilà ce que dira le peuple, dont je crois connaître le seatiment. Oui, si on emprisonne aujourd'hui ce député, c'est qu'on n'a pas pu s'en débarrasser autrement; mais je n'insiste pas, j'aurais l'air de me défendre.
Le gouvernement a commis à mon égard de telles
maladresses depuis longtemps, il a exercé contre moi des persécutions tellement basses et mesquines — je le dis en présence de deux anciens ministres qui, par leur incroyable procédé à mon égard, m'ont en quelque sorte pris par la main pour me conduire sur ces bancs, — que, dussé-je en souffrir, je n'aurai pas la naïveté de l'empêcher de commettre une nouvelle faute, car les fautes que commet l'Empire, c'est la République qui en profite. »
MM. Picard et Gambetta présentèrent quelques observations au point de vue purement juridique. Mais la Chambre avait reçu le mot d'ordre des Tuileries et aucune démonstration ne pouvait la détourner d'y obéir. La mise en accusation fut votée à l'unanimité, moins une trentaine de voix.
C'était le premier acte du ministère libéral présidé par M. Emile Ollivier.
L'émotion qui résulta de ce résultat fut colossale. La nouvelle fut colportée dès le soir et connue de tout Paris avant que les journaux l'eussent enregistrée. L'hostilité contre le régime impérial s'accentua et l'agitation que nous verrons croître sans cesse ne se calmera plus qu'à la chute du chef de Ja dynastie, après Sedan. Vainement l'Empereur tentera de se retremper dans l'expression de ce même suffrage universel dont il respecte si peu les arrêts, et organisera l'absolution de commande du plébiscite.
Les conséquences de la mise en accusation votée
i.k 'Tir MIT
par le Corps législatif conlre le dé] pre-
délit d'outrage à l'Empereur prévu par l'art: du Code pénal modifié par une loi dn lu juin
entramant un emprisonnement de six mois à cinq ans et une amende de cinq oenti à dix mille fraii' t.
"2° L>' délit d'appel aux armes prévu par l'artidu 17 mai 1853 punissable d'un emprisonnement de trois mois à cinq ans et d'une amende de cinquante francs à dix mille frai.
De plus, d'après la loi du 1U juin 1853, le tribunal pouvait prononcer pour le délit d'outrage à l'Empereur, l'interdiction des droits civils et politîqru
- il n'était pas douteux que Rochefort fût condamné, le jugement était rendu d'avance, et, de fait, les magistrats impériaux ne faisaient que :ire aux ordres qui leur étaient donnés. La dernière disposition ne permettait, on l'a vu lors d'une première condamnation du pamphlétaire pour le même objet, l'application de la privation des droits civils et politiques qu'à dater du jour de ration de la peine, mais il n'en résultait pas moins que, Rochefort frappé par la correctionnelle, c'était la possibilité pour l'Empire de le faire appréhender et d'empé ner le député de Belleville, son ennemi le plus acharn er, et de ndre les intér - manda
L'Empire, Rochefort une fois condamné oserait-il porter la main sur l'élu de la première circonscription de Paris ?
N'anticipons point sur les événements.
A l'audience de la 6e Chambre correctionnelle présidée par M. Cressant, le procureur impérial M. Aulois, requit contre MM. Rochefort. Paschal Grousset, et Simon Dereure, gérant de la Marseillaise,— les trois accusés faisant défaut, — l'application de la peine. Le tribunal statua sur le champ, et son verdict condamna Henri Rochefort à six mois de prison et 3,000 francs d'amende, Grousset à six mois de prison et 2,000 francs d'amende, Dereure à six mois de prison et 500 francs d'amende.
Les juges ne disaient rien, quant à l'interdiction des droits politiques et civils. Rochefort, malgré sa condamnation restait donc toujours député.
Ce fut M. Gambetta qui apprit à l'auteur de la Lanterne les rigueurs du parquet à son égard. Rochefort s'inquiétait si peu de ce qui se passait à la police correctionnelle le jour où sa liberté était enjeu, qu'il fut très surpris quand le leader actuel de l'Assemblée lui dit, en lui annonçant le résultat :
-— Vous savez, vous êtes condamné à six mois de prison et 3,000 francs d'amende,
— Tiens, j'aurais parié pour cinq ans et dix mille francs, répliqua le terrible adversaire de l'impérialisme.
Bo reçu! le mardi 8 février 1870 une - invitatiou ■• du nu u i> tuer prisonnier.
Rocaefort, roua ce titre: Les invitations de
M. OlUpier, publia en tôle de le M o un
article que nous qc pouvons passer sous silence.
Il t-si le point de dépari de l'arrestation par la
• ■[ des troubles qui la suivirent. En voici les
principaux :
Il dut croire que j'ai été réellement condamtii
jours-ci à ix mois de prison. J'avais bien lu dans quelques journaux que deux ou trois vieillards vêtus de jupons noirs, avaient marmotta entre eux quelques paroles me concernant, mais préoccupé comme je le
suis, je n'avais pas ouïe temps de songer à ces Cad
Et le condamné ajoutait on s'adressant à M. Emile Ollivier :
Non, je no ni' rendrai pas au rendez-vous de cl que vous me donnez dans votre prison de Sainteeal biea le niuins que deux usins
qui vous entourent se donnent la peine de venu- euxmêmes m.- mettre la main au collet. 11 est d'un bon ex. -mi. le de tau.; précéder l'acquittement solennel du prince Pierre Bonaparte de l'arrestation publique d'un Ée ceux qu'il méditait d'assassiner. Vous dans une grand *- j •* h lads :
>i vous non- ^contraignez, nous tarons laibi
Soyez la force, je vous s contrains.
3â0 LD CORPS LÉGISLATIF
Le ministère accepta le défi. Dans la journée du 9 février à l'issue de la séance du Corps législatif, M. Crémieux ayant demandé au garde des sceaux s'il était vrai que l'arrestation de leur collègue, M. Rochefort, était résolue, M, Emile Ollivier répondit avec emphase : « Je ferai mon devoir. »
En effet, le soir, le député de Belleville devait assister à une réunion à la salle de la Marseillaise. Dès six heures la salle était envahie par une foule énorme, émue, frémissante. Le bruit de ce qui s'est passé à la séance s'est rapidement répandu. Plusieurs milliers de personnes stationnent à la porte et de nombreuses escouades de' sergents de ville sont échelonnées aux abords de la salle.
A sept heures et demie, huit ou dix mille ouvriers encombrent la rue et la foule augmente toujours. La police essaye de rétablir la circulation, mais elle ne peut y parvenir. A huit heures une masse innombrable entassée sur la chaussée, jette à chaque instant des cris formidables de: vive Rochefort !
De nouvelles escouades de sergents de ville arrivent réclamées par les officier? de paix et leur arrivée est saluée par les cris qui redoublent. Après bien des efforts, les agents réussissent à occuper tout le côté gauche de la rue où se trouve la salle de réunion ; la foule ne peut plus se mou-
LE COI 1181 \riK
voir que sur la chaussée el sur le trottoir de droite. A huit heures et quelques minutes, I
Flourens — l'intrépide républicain séance. 1! accepte la présidence provisoire, en attendant la présence de Rochefort. En termes émouvants, il dit que de nouveau la Chambre, par le vote de l'ordre du jour pur et Bimple, Bemble avoir autorisé l'arrestation de fort.
Mais !■' gouvernement oserait-il mettre à exécution l'arrêt prononcé? aurait-il l'audace de r« chercher le représentant du peuple jusque parmi urs, au cœur de la circonscription qu'il représente? Rochefort, ajoute-tril, a promis de venir *■[ il viendra.
Effectivement à huit heures et demie, la voiture qui amenait Rochefort, s'engageait dans la rue de Flandre. A trente ou quarante pas de l'entrée de la salle, la foule est si serrée que Rochefort est obligé de descendre. Une immense acclamation de : Vive Roch ille le député de Belle-
ville.
Rochefort est entouré, saisi par vingt bras, et emporté sur les épaules de prétendus hommes du peuple vers la Balle de réunion, en Buivant, nous l'avons dit, le côté droit de la ch
Ici une description des lieux'esl lire pour
faire compren Ire lt manœuvre de la police et l'ar-
ition de Rochefort au milieu de cette foule.
322 LE CORPS LKGISLATIJ?
Car, comment ne resista-t-elle pas, pourrait-on so demander ?
La rue de Flandre donne sur le boulevard de la Villette et s'étend parallèlement au quai de Seine qui longe le canal. Les deux parallèles sont reliées par une espèce de passage fermé à ses deux extrémités par des portes à grilles de bois. Chaque extrémité a son concierge.
Le passage se trouve sur le côté droit de la rue, juste en face de la salle des réunions, qui porte le n° 51. Vers le milieu de ce passage, est un commissariat de police. Deux groupes d'agents de police en uniforme se tiennent de chaque côté de la porte du passage qui donne sur la rue de Flandre.
Quand Rochefort, porté par les faux ouvriers, qui, plus haut encore que les vrais, l'acclamaient et lui faisaient fête, arriva à proximité du passage, un mouvement rapide se fit ; les deux groupes d'agents de police se refermèrent sur Rochefort et ses porteurs, lesquels se trouvèrent entraînés vers le passage, dont ils refermèrent aussitôt la porte.
Dès les premiers pas le mouvement tournant avait étonné Rochefort, mais les hommes qui se serraient contre lui avaient prévenu toute question par ces mots :
« Citoyen Rochefort, nous vous conduisons par ce côté où la foule est moins grande et par où vous pourrez avec moins de difficulté pénétrer dans la salle. »
Le député A | cette exj
■ I B*étaî1 traîner. Il reconnut b
■on s» or, ii ,:t trop lard, les port
ige étaient closes. Il était dèa lors prisonnier. C'est à ce moment que l'agent de la Bûreté, Niélin, s'approcha de lui et procède sa (orme à l'arrestation.
— Vous êtes If. Rochefort.
— Oui.
— Au nom de la loi, je vous arrête.
Et immédiatement lea agents se saisirent de leur proie. Brutalement ils forcent le prisonnier à marcher hâtivement dans le passage dont ils
aent à chaque munit.' de ?oir enfono : portes, si la nouvelle de l'arrestation se répand. L.' représentant de la première circonscription voulait résister. Il jeta un rapide coup d'œil autour de lui. Dans le passage pas un homme qui pût venir à son aide et lui prêter main forte. Il n'y avait là que de la police. Durant le court instant qu'il ;iV" de ralentir sa marche pour
irer s'il ne verrait personne qui pût lui donner assistance contre les argousins, Henri Rochefort avait été l'objet de brutalités misera. Son chapeau avait roulé à terre, ses vêtements avai. 'nt été mis .-n lambeaux. Ce fut dans cet état sffr» iix qu'il déboucha, pâle de colère, et tout haletant, à l'extrémité opposée du p sur le
<Iuai ,: " tenaient
vigoureusement par les bras, appuyés et suivis par toute une escouade d'agents, les mains sur les épaules les uns des autres, formant ainsi autour du député arrêté, un triple cercle infranchissable, en cas de tentative de délivrance.
Sur le quai, près de la porte du passage qui est fermée, un policier se détache et ordonne à la concierge d'ouvrir. La bonne femme ahurie, effrayée, allant trop lentement au gré des alguazils, ceux-ci la bousculent, la pressent, la poussent vers la grille qu'elle ouvre enfin toute tremblante . Tels étaient les hurlements et les invectives contre la pauvre vieille qu'elle tomba malade et fut longtemps à se remettre de ses contusions et des suites de ses frayeurs.
Depuis sept heures, une voiture attendait sur le quai. La police avait été renseignée sur cette issue ignorée de la foule. Le quai était aussi désert que la rue était fourmillante- On jeta Rochefort dans la voiture qui partit au galop, se dirigeant vers Sainte-Pélagie. Cependant le peuple des abords de la salle de la Marseillaise avait eu connaissance de l'arrestation, on pourrait dire de l'enlèvement. Indignée, la foule était parvenue à forcer le passage de la rue de Flandre, mais quand elle fit irruption, il n'était plus temps, le véhicule qui emportait le détenu était déjà loin et à l'abri de toute atteinte.
C'est alors réellement qu'on vint annoncer à la
i.l. CORPS LÉGISLATIF
réunion que présidait Gustave Flourens, la nouvelle d«- l'arrestation du député.
Rochefort était incarcéré et ta manœuvre de la police avait été couronnée d'un pi. mu succès. Elle avait pratiqué, mess par surpr in même
de cette circonscription, dans les quartiers ouvriers où l'auteur de la Lanterne était populaire. Maintenant si une émeute, une collision se duisait et elle s.' produisit, n'avaiton pas tout fait pour amener ce résultat?
Avant et pendant l'arrestation de Rochefort que se pawait-il dans la salle de réunion de la Marseillaise?
Le bureau s'était eonstitué, nous l'avons dit: il se composait de Flourens comme président par intérim, de Millière .-t d.- Debaumont comme sseurs. Des ordres des Tuileries enjoignaient >ans aucun doute au commissaire de police ■ ut à la reunion d'en finir avec cette réunion le plus vite possible dans les circonstance critiques où elle se tenait, car après deux averl monts le fonctionnaire se couvrit et en prononça la dissolution.
L'a se récria, protestant par une
immense et formidable clameur. E'est à ce moment même que la nouvelle de l'arrestation d'H . fut annoncée a l'assistance hou .•t déjà surexcitée. Alors Flourens, mettant la main sur l'épaule du coma police, le déclare
tout haut, prisonnier. Les cris de : « Vive Rochefort. Allons délivrer Rochetbrt ! » retentissent et la salle est évacuée en un instant. Les électeurs se répandent dans la rue, gardée par une armée de sergents de ville. Flourens, qui a arrêté le commissaire, continue à le tenir d'une main ferme, de l'autre main il porte une épée et menace, à la moindre résistance, le représentant de l'autorité impériale de le transpercer. Les argousins, au milieu desquels passa la cohue, ouvrirent leurs rangs sans essayer de s'opposer à son élan ; ils se rangèrent même — n'ayant pas reçu d'ordres encore — sur les trottoirs et laissent le président de la réunion emmener le fonctionnaire-otage toujours solidement tenu au collet.
La colonne, en criant, remonta la rue de Flandres. Elle prit ensuite par la rue de Crimée, le boulevard Palikao, la rue de la Villette et descend la rue du Faubourg-du-Temple.
A la hauteur du n° 40, elle arrête deux omnibus qu'elle renverse et commence une barricade. Mais cette barricade à peine ébauchée est abandonnée aussitôt, et, peu de temps après, les sergents de ville s'en emparent et la détruisent.
Les boulevards présentaient l'aspect le plus animé. Toutes les fenêtres sont éclairées, /les têtes de curieux s'y montrent, qui semblent s'attendre à quelque rixe. Les groupes assez compactes aux portes Saint-Denis et Saint-Martin de-
viennent innombrables aux abords de la Villette.
Non loin de la me de la Chopinctte le roulement des sommations retentit. Les sergents de ville et les gardes de Paris viennent de charger la foule.
Des estafettes courent bride abattue de quart d'heure en quart d'heure porter des dépèches à la préfecture de police.
Aux approches des bureaux de rédaction de la Marseillaise, la circulation dans la rue d'Aboukir est interdite.
Quiconque essaie de s'avancer vers L'imprimerie de M. Towne est rudoyé. Bientôt une souricière est organisée aux bureaux mêmes du journal. Des groupes de six sergents de ville sont placés aux quatre angles des rues débouchant sur la place des Victoires. Dans la rue d'Aboukir, presqu'en face du local de l'organe révolutionnaire, une masse d'agents entassés dans le renfoncement d'une maison de châles, observent, ayant à leurs tête un inspecteur. A l'angle de la porte cochère de l'imprimerie, quatre personnes en tenue d'ouvriers stationnent, l'œil au guet. Quand on les accoste, ils causent volontiers, et lorsqu'on leur demande si l'on entre librement à la Marseillaise, ils répondent: pourquoi donc pas? On entre et l'on est arrêté.
Le soir de l'arrestation d'Henri Rochefort les faubourgs éloignes n'avaient eu que très lard connais-
sance de l'attentat perpétré par l'Empire contre 'élude Paris. Les jours suivants, les émeutes dont 'allure, au temps de l'élection dans la première circonscription, était anodine, prirent le caractère le plus sérieux. Des barricades se dressent de toutes parts et le sang coule ; les charges d'argousins et de gardes de Paris contre la population exaspérée se multiplient. On se bat, les rues populeuses du faubourg du Temple résonnent cette fois du cri sinistre des mourants et des blessés.
Rue Moret une barricade énorme s'élève.
D'énergiques républicains sont préposés à sa défense et quand la troupe fait ses sommations elle rencontre une résistance inaccoutumée. Cependant l'ouvrage est attaqué par la troupe qui s'en rend maîtresse. Alors on assiste à ce spectacle saisissant. Un homme, un ouvrier s'élance sur le tas de pavés que les soldats entourent et pique dans les interstices des pierres un drapeau rouge. La scène est lugubre et grandiose.
— Descendez et rendez-vous, lui crie aussitôt un officier.
Mais l'homme qui s'apprête à mourir répond aux clameurs de la troupe :
— A bas les assassins ! Vive Rochefort ! Vive notre député ! »
Un silence de quelques secondes se fait, puis un déchirement horrible éveille les échos des allées sombres et des boutiques entr'ouvertes et l'homme
mp
lu drapeau ro ille, lomb
glaaté, fbudn M ai -i la Liberté individuelle était roulée par l'administration impériale, la liberté de la pn méconnue encore. Le '/
tvail et supprimée «le l'ait.
Le mercredi 9t à six heures, les buj lient
Qvahii par plusieurs commissaires de police et officien de paix conduisant une nombi oscoi. en bon:
de la ru«* sont masquées par des groupes de ■■us de ville «le la police centrale. Un des commissaires muni uY> mandats d'amener, appelle rement chacun des rédacteurs et les déclare aussitôt eu état d'arrestation.
C'est ainsi qu'il nomme par ordre alphabétique MM. Francis Enne, Arnould, lia/ne, Germain . Dereure, Paechal Grousset, Charles Habencck, Humbert, Minière et Verdure, i
• '.haeun deux est emmené tour à tour par deux . bourgeois et conduit au pos mairie d<- la rue de la Banque, de là au Dépôt. Arthur Arnould avait tant maint lice en revêtant un d'ouvrier
typographe. Mais reconnu au moment où il fran-
euil de la porte cochère, :
appréhendé et pan
L'hécatombe no se Umit i Tailleurs, au
seul 01 j par Henri Rochi fort.
Le Rappel, le Réveil, la Réforme fournissent leur contingent de rédacteurs victimes. MM. Mathorel, Passedouet, Cournet et Razoua paient de leur liberté l'affirmation ferme de leur républicanisme et de leur dévouement à la cause du peuple.
Gustave Flourens seul, comme par prodige, avait réussi à s'échapper.
Lors de la manifestation armée dont il s'était fait le promoteur à l'issue de la réunion de la salle de la Marseillaise, poursuivi par des agents, il avait reçu, rue du Faubourg-du-Temple, un des braves enfants qui l'escortaient, blessé grièvement dans ses bras. Les agents s'étaient précipités sur lui. Il était parvenu à repousser de la main gauche l'épée d'un des aggresseurs prêt à le pourfendre, mais un coup de casse-tête qu'il n'avait pu parer, l'étourdit soudain. Arcbouté contre la muraille, il luttait en vain et allait succomber sans aucun doute, quand survint un groupe de cinq ou six ouvriers, courant de toutes leurs forces et suivis de près par des agents et un officier de paix. Cette circonstance imprévue le sauva.
— Courez donc à votre tour, hurla l'officier de paix époumoné aux agents qui attaquaient Flourens. Alors ceux-ci obéirent, laissant leur adversaire qui, rapidement, remonta la rue où il rencontrait bientôt un ami qui le fit entrer, le pansa et le cacha dans sa modeste chambre d'ouvrier.
i >l li' fau-
i trop lard, elle ne trouva plus i me à Babrer.
\ six heures «lu matin, le mardi 8, un commis* ,1,. poliee, suivi de cinq agents, m rendait an domicile de l'ex-défenseur de [indépendance crétoise pour l'y arrêter. !-'• mandai d'amener portait les quatre chefc d'accusation suivants, qui peuvenl être considérés, a part le second, comme identiques pour tous 1rs i inorimint
déténus alors :
1° Excitation à des crimes;
craestratiou 'l'un commissaire; 3° Excitation à la révolta; 4° Cris séditieux.
!.. ents enlevèrent dans les perquisitions qu'ils firent tous les papiers, toutes les ce pondanecs du vaillant révolutionnaire-homme de
lettres.
Mais ''ii dépit de leur mandat, ils ne trouveivnt ame à •< emmener, »
Cependant, malgré les arrestations de ses rédacteurs, la " ;'L sa réapparition. La lion ,i,. cette co publication avait duré trois jours. Eli. •.■tait, déclarait une aotecam* m lôte du numéro de reu
I|Oll\
Le dép i - ri-
goureusement tenu au secret. '1'"' '•' *•
février que Belleville sut enfin que les bruits qui couraient déjà de regorgement clandestin de son représentant par les suppôts de l'Empire étaient dénués de tout fondement. M. Ordinaire, député du Doubs, en effet, était monté à la tribune du Corps législatif, pour lire ou déposer sur le bureau de l'Assemblée, une demande de mise en accusation du ministère « émanée » du pavillon de la presse, datée de Sainte-Pélagie, et à lui adressée par Henri Rochefort.
< Considérant, écrivait l'incarcéré, que la responsabilité du chef de l'Etat est absolument illusoire ; considérant néanmoins qu'il peut exister des tribunaux compétents pour apprécier celle des ministres;
Attendu qu'un député a été arrêté dans la rue, au milieu de ceux qui l'avaient élu, quand il était facile de l'appréhender au seul domicile qu'il possède et qu'il n'avait pas quitté depuis son arrivée au Corps législatif jusqu a son départ pour la réunion publique qu'il devait présider ;
Attendu qu'en dehors de tout jugement et au mépris des lois les plus élémentaires régissant la propriété, un journal a été supprimé de fait par l'arrestation injustifiable de tous ses rédacteurs et employés ;
Attendu que des citoyens ont été assaillis, blessés et même tués par des agents de police, porteurs d'armes prohibées par la loi ;
Attendu que cette série d'attentats constitue incontestablement une provocation ;
Le soussigné a l'honneur de déposer la proposition de mettre en accusation le ministère pour excitation à la guerre civile. »
.1-1 Allh
Vi\ premiers mots prononcé - par M. < >rd naire, la Chambre que Rocheforl pn senl inquiétait m
ment, oe voulut pas se démentir et s'être débarrassée du collègue gênant lui permettre, en lui laissant la parole, par procura d'exercer ainsi une partie de son droit. Elle étouffa sous ses cris la voix du représentant du Doubs, porteur de la proposition d'accusatiou du ministère, et le dépôt même de ce document sur le bureau fut refusé par le président M. Schneider qui rendit complet de la sorte l'outrage le plus sanglant qui ait jamais été infligé au suffrage universel.
Une circonscription de Paris se trouvait, pour une durée de six mois, privée de toute repi talion « quoiqu'elle ne continuât pas moins à , comme le faisait très justement observer la
t6/tta»0, dans une note quotidienne qui eut le don d'exaspérer le gouvernement — l'impôt de l'or et l'impôt du sani:
Il était neuf heures environ quand la voiture, dans laquelle se trouvait Henri Rochefort, s'arrêta rue du Puits-de-1'Ermite, aux portes de la prison de Sainte-Pélagie. Elle avait longé, au galop, le Canal Saint-Martin, descendu les boulevards du Temple, de Beaumarchais, traversé la Seine au quai de la Tournelle et débouchant auprès de la Halle aux vins, remonté la rue de Linné jusqu'à la geôle où elle devait mettre en sûreté son compromettant fardeau.
Depuis le matin, le directeur de Sainte-Pélagie, M. Théraud et les gardiens placés sous ses ordres avaient été prévenus et se tenaient prêts à la réception de l'éminent prisonnier. Dans la crainte qu'un coup de main ne fût tenté pour la délivrance du député lors de la descente de voiture, les rues voisines, la prison et les abords de la porte d'entrée étaient gardés par des escouades de municipaux et toute circulation rigou-