I AH II
du peuple fui i
La :,MIX
pu -. I. un di ippelé le P
uniquement affecté aux con-i damnée journalistes, l'autre à ceux qui ont à subir des peines politiques pooi litieux, r
tance aiu ■ délits
• i dans les réunions publi ;
illon de I Henri 11
fort fut interné le 7 | soir.
Au premier lit Pavillon, se trouve
un.- chambre clair . mais dénn-
local eut l'insigne honneur, a div<
. ir de publicains. M. Laurent .t. entre autres, y fit mi quelques
mois il y a une vingtaine d'anni
\iu mit dans et- modeste appartement
qui l'administration l'attribuait tiquaient jamais de lui en faire le long et Louchant historique.
cette chambre qu'ils conduisirent
• •fort.
Dans la prison qu'il allait habiter jusqu'au itembre, le r sdacteur en ch
rer me- assez noa
pagnic. A cette époque, comme on va le voir par le chiffre des hôtes de céans, les condamnations pleuvaient drues sur les feuilles républicaines, et Ton était obligé souvent de serrer les rangs.
Au second étage, une seconde pièce. Plus petite que celle du premier, elle n'offrait rien de particulier, si ce n'est que de ses fenêtres la vue plongeait dans un réduit situé à l'entrée de la geôle et hanté par une affreuse mégère. Le nom donné à cette créature, en raison de son emploi est un poème : la « Fouilleuse ». Logée dans ce bâtiment spécial, les fonctions de la Fouilleuse, le nom l'indique, consistaient à fouiller les visiteuses à leur entrée et d'empêcher ainsi les premières de passer quoi que ce soit à celles ou à ceux qu'elles venaient voir.
Bonapartiste enragée et croyant sans doute pousser à son paroxysme la fureur des journalistes républicains détenus, dès que ceux-ci risquaient le nez à la croisée, la fouilleuse ne manquait jamais de jeter aux murs à gorge déployée, sans rime ni raison d'ailleurs, cette phrase étourdissante :
« On aura beau dire ce qu'on voudra, certainement l'Impératrice est une femme très bien! »
C'est dans la chambre du second étage que demeurèrent Pascal Grousset, sorti, lui, de prison bien avant le 4 septembre, Arthur de Fonvielle et Olivier Pain.
Au-dessus, après avoir gravi vingt-cinq marches
d'un escalier qui, large au bas, menaçait d< terminer en une échelle, entrait deux
- donnant sur un étroit pallier.
• ln\ de i« m M.plafond, il-- recei 1 our que par oblonj la portée de la main. Elle avait
été Burnommée, par suite de la tristesse qui résultait de tion : le Grtn Ton
Là lurent enfermés, A partir du mois de février jusqu'à l'heure de la proclamation de la République : MM. Armand Duportal, le vaillant charade la démocratie toulousaine, l'énergique écrivain de {'Emancipation, et Charles Dacosta, qui, plus tard, condamné pour faits insurrectionnels, i B'évader de Port Louis.
Celle de droite, petite, exiguë, incapable de loger plus d'un prisonnier, était occupée par M. Vermoret. A son arriv i Sainte-Pél Vermorel avait choisi cette chambre pour n'être jamais troublé dans s<-s études par la brusque venue, l'installation forcée <\>- quelque nouvel occupant.
Enfin, au demi - MM. J
Bapt ■■ut, rédacteur de la Réforme, Dou-
lirecteur de l'organe hebdomadaire socialiste
/ Travail, Piconel, gérant d'un petit journal,
brûlot lancé par un groupe d'ouvriers contre l'em-
; du journal le .;' feuille révolutionnaire de Delescluzi
Les deux chambres habitées par ces quatre détenus, situées sous les toits, véritables étuves en été, vraies glacières en hiver et d'une hauteur de plafond n'excédant pas 1 mètre 70 centimètres avaient été appelées pour cette dernière raison, les Épées de Charlemagne.
Quiconque, en effet, comme-taille, dépassait la mesure de 1 mètre 70 centimètres, était obligé de se diminuer de l'excédant, de rester assis à perpétuité, s'il ne voulait courber la tête, ou de se ployer en deux et de marcher le torse à angle droit avec les jambes s'il tenait à rompre avec une immobilité trop fatigante.
Si horrible que soit cette chose : la prison ; il faut l'avouer, de toutes les geôles politiques le pavillon de la presse à cette époque était, peutêtre, comme règlement, la moins lugubre. A moins de persécutions spéciales, de mises au secret rigoureuses comme cela eut lieu à dater de février jusqu'au moment de la suspension de la Marseillaise, les détenus pouvaient recevoir par jour et dans leurs chambres un chiffre assez considérable de visiteurs. L'autorisation était accordée par la préfecture de police. Les parents ou amis des prisonniers entraient à partir de neuf heures dans la matinée et sortaient le soir à sept heures précises.
La faculté de recevoir des visites dans les chambres constituait la principale différence entre les
monta du pavillon de la preaae et le quartier dit <les politiques.
Les internationalistes, les des réui
publiques au nombre desquel : se trom ai< ni MM. Malon, Thebs, Du val, Avrial, \
:. Teulière, Roullier, Trinquet, Stanaon, . Ancel et l. m - iray, n'étaient autoi à voir leurs familles qu'au parloir, sous la surveillance d'un gardien.
P ur obtenir de la préfecture la permit
àremenl par telle ou telle personne parente, ot une liste de .levant qui ils désiraient voir les portes de la prison s'ouvrir. La liste était eonii directeur et celui-ci, qui deux fois par jour allait ; i hez M. Pietri, et soumettait à l'appréciation d'un chef de bureau l'énumération des noms que remployé supérieur maintenait ou biffait après en avoir attentivement pris connaissance.
ome les pièces qui constataient le degré de
ité n'étaient jamais requises, il eu résultait
que la plupart de ceux qui auraient été tenus à
l'écart s'il- n'avaient revendiqué le titre de
- ,,ii de cousins, parvenaient à p trer d par une déclaration de consan-
guin ut illusoii
Le matin, à six hein livraient
les portes des chambres qu'ils ferma
ment le soir à huit heures précises. Dans la journée, les prisonniers des différents étages avaient le droit de communiquer entre eux, de descendre ou de monter d'un local à l'autre à leur gré. Ils" jouissaient dans leur prison d'une liberté complète. Pour prendre l'air, ils se rendaient dans une grande cour intérieure, pavée, dont un gardien leur ouvrait, dès qu'ils le demandaient, la porte. Une sonnette fixée près de l'entrée de cettecour avertissait le surveillant préposé à cet office.
La cour pavée était commune aux journalistes du pavillon de la presse et aux détenus du quartier des politiques. C'était même le seul terrain où ils pouvaient se rencontrer. Il était formellement interdit aux uns comme aux autres de faire un chassez croisez et de passer des chambres du pavillon, dans les locaux du quartier politique. La moindre contravention à cet égard pouvait entraîner pour le délinquant les mesures répressives les plus dures, le transfert dans une prison cellulaire, telle que Mazas ou la Santé, par exemple.
Contrairement à tous les usages, Henri Rochefort, à partir de sa séquestration, avait été tenu dans le secret absolu. Plusieurs jours les enfants du pamphlétaire furent eux-mêmes écartés de leur père, et ce ne fut qu'à la suite des violentes protestations insérées dans la Marseillaise, qu'ils parvinrent à forcer la consigne et à voir tirer devant eux les verrous.
SAINTR-l'KI.Ai.lK 841
Quant aux amis, à ceux qui, - pouf la direction du journal bien péniblement remis à flot au lendemain de l'incarcération de Bon rédacteur en chef et de ses principaux collaborateurs, — avaient à discuter, avec le représentant an
questions de propriété, de ligne de conduite de la fouille vaillante, il leur était totalement impossible de franchir le seuil de Sainte-Pi lagie.
Vainement les instaures les plus vives avaient sites auprès de l'administration, elle était ressourde à toutes ces réclamations pleines de justesse.
Elle avait pour prétexte à ses refus persistants une excuse fallacieuse inscrite en toutes lettres dans le règlement. Deux ou trois amis du député de Belleville, qui demandaient l'autorisation de conférer avec lui, ayant subi des condamnations pour délit de presse et les arrêtés de la préfecture de police interdisant l'entrée de la prison, comme visiteurs, aux hommes qui y avaient été précédemment détenus, l'Empire englobait avec une mauvaise foi sans égale, dans la même exclusion, ceux qu'elle n'avait aucun motif d'y faire Bgurer. Si universelle était l'indignation provoquée par procédés inqualifiables que .M. Victor Hugo, du fond de son exil de Guernesey, adressa au prisonnier cette lettre d'encouragement, qui lui parvint par la voie du Bappel, «« mode d'envoi qui,
disait le journal, épargnait à M. Pietri la peine de la décacheter. »
Hauteville House, 10 février.
Je vous ai écrit plusieurs fois. Je doute que mes lettres vous soient parvenues. Je fais celle-ci petite pour qu'elle arrive. Etant à l'image de l'Empire elle passera, je l'espère.
Vous voilà en prison. J'en félicite la Révolution.
Votre popularité est immense comme votre talent et votre courage. Tout ce que je vous avais prédit se réalise. Vous êtes désormais une force de l'avenir.
Je suis, comme toujours profondément votre ami, et je vous serre la main, cher proscrit, cher vainqueur.
Victor Hugo.
L'unique but du gouvernement impérial en séquestrant l'élu de la lre circonscription de la Seine était d'empêcher la publication, dans la Marseillaise, d'articles qui ameutaient chaque jour contre le régime décembriste l'opinion publique. La mise au secret du rédacteur était le corollaire de l'arrestation et de l'incarcération du hardi député. Cependant, les mesures rigoureuses prises à son égard ne pouvaient éternellement durer.
Le public s'attendait chaque matin à voir réapparaître les articles du lanternier, et devant l'impossibilité où l'administration mettait l'éminent journaliste de correspondre avec ses anciens collaborateurs échappés à la razzia de la police, ceuxci entreprirent une campagne qui dénonça quoti-
diennement l'atteinte portée par
M Piétri au di Ion! aucun texte de l<»i
n'autorisait à priver le pi is L'I ■ fut,
sous la pression morale de la prei revenir sur Bea abus de pouvoir, et bientôt mille il-' Hem fort lut admise à visiter le
détenu. Il était impossible, en .• n 1 1 < • t visi-
d'empécher désormais lai communical avec l'extérieur. < >u ne pouvait, — sans voir s'afiicher à ton on dans les journaux les r
mina! protestations les plus criantes, — sou-
mettre, soit à Isur entrée, soit àleur sortie de Saintenuits d'un homme de lettres repr< tant 'lu peuple, aux formalités révoltantesde la fouille des poches, pratiquée parles gardiens. L'indignation eut pris, en présence de pareilles révélations, des proportions inquiétantes, et l'Empire usa d'un autre moyen pourn'ôtre point force d'y recourir. Elle autorisa l'élu de Belleville à recevoir les visites des siens ; elle ne molesta en aucune faeo:* proches de l'auteur de la Lanterne, mais die se
rvale droit d'interrompre, à la publication du
premier article blessant pour le gouvernement,
stions entre ! i prison et le d< ( i fut
pour ne pas être \ famille,
•pie le pampbl
i iteleux de la direction. Il . mais il fut convenu que
journal sans avoir
été soumis au visa écœurant du greffe ne seraient pas signés Henri Rochefort, mais de ce pseudonyme, d'ailleurs transparent et dont l'esprit public perça dès le premier jour la transparence : Henri Dangerville.
Alors qu'à Mazas et à la Santé, le traitement des détenus politiques était le même que celui adopté dans les maisons centrales, alors que les prisonniers ne recevaient comme nourriture que du pain noir, de la mauvaise soupe, sans pouvoir obtenir l'autorisation de se procurer contre argent la moindre victuaille supplémentaire, à Sainte-Pélagie, au contraire, les hôtes forcés jouissaient du droit, s'ils possédaient les ressources nécessaires, de se faire apporter du dehors tous les aliments qu'ils désiraient. Il leur suffisait pour cela d'inscrire sur une feuille de papier, les diverses choses dont ils réclamaient l'achat, de remettre cette note au gardien de service, en accompagnant la commande de la somme indispensable à l'acquisition, l'agent, lui, se chargeait de remettre à l'un des commissionnaires en faction constante à la porte extérieure de la geôle le papier et le numéraire, et le détenu recevait dans un laps de temps très court tous les comestibles réclamés par lui et qu'il devait ensuite s'arranger pour préparer.
Le règlement du Pavillon laissait, à partir de six heures du matin jusqu'à huit heures du soir,
SAINTE-PI LAOIE
une liberté absolu • - condamnes,
dans leur enceinte. El voici la façon à peu uniforme dont le« ans usaient de
[iberU l-~ visites ne commençant qu'à partir de dix heures dans la matinée, lea quatre heures qui B'écoulaient depuis l'ouverture des chan jusqu'au moment de l'arrivée des | i des
ami8| les séquestres les mettaient à profit pour udre "u monter dans les chambres les uns • aussi pour faire une promenade matinal.' dans la cour intérieure de la pi A dix heures, ils étaient avertis a tour de de la venue de leurs familli - ilives. Ils
réintégraient dès lors l^urs pénates -'t les préparatifs 'lu repas commençaient.
11 était rare que !<■* visiteurs apparussent «■h.-/, mains vides. Le plus souvent c'était d'une foule de provisions qu'on 1rs voyait poindre à l'horizon. La variété dans 1rs vivres était, par la diversité même des donateurs, sidérable. Il en résultait fréquemment des invitations de chambre à chambre, des dîners de commandite, des mises en commun de tous les .. ,1.' véritables pique-niques de l'aspect le mal. où la plus franche cordialité régnait, détenus, nous l'avons dit. devaient pi der eux-mêmes à la confection de leur cuisine. A cet effet, à chaque étage, >ur le palier, devant chaque porte, on pouvait voir entre dis
346 SAINTE-l'ÉLAGIE
heures, toute une armée de petits fourneaux allumés. Outre que ce fut une distraction de s'occuper, l'espace d'un instant de ces vétilles, nombre de condamnés affichaient, en art culinaire, l'exorbitante prétention d'Alexandre Dumas père. Il en était qui montraient sur ce chapitre une intolérance excessive. La confection d'un bon plat donnait lieu à des revendications souvent aussi véhémentes que la confection d'un bon article. Il y avait de vrais concours pour les foies sautés et les rôtis.
L'administration avait mis au service du pavillon deux auxiliaires. Ces deux condamnés, choisis d'ordinaire parmi les détenus de droit commun les moins compromis étaient le plus souvent des hommes frappés d'une peine afflictive pour coups et blessures ou bien pour adultère. Les hôtes du pavillon de la presse dont ils faisaient les chambres et les lits leur donnaient une rétribution mensuelle de 5, 10 ou 15 francs chacun suivant ses moyens. Il va sans dire que ces deux infortunés participaient, quand la fortune était favorable, à la bonne chère. C'étaient les auxiliaires encore, qui desservaient, lavaient la vaisselle et allaient aux cantines acheter le vin.
Il faut constater aussi que le plus souvent, sur les deux hommes de peine, l'un au moins était chargé de renseigner la direction sur les faits et gestes des rédacteurs républicains. Leur présence
durant l< moll ndividui d'entendre
aient sur te compU le lei apera voir, on Ri ir ne plus