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[ouï de L'audience, la ville entière se pr< • .- 1 1 1 x abords du sanctuaire de la justi furent instructifs bJ longs. Il résulta des rapporta produits que les f;i • ix reprochés au
pal Trépoff so confirmèrent et l'indignation de la majorité, en des révélations
irantes et sans nombre qui Burgirent, i cèrent une influence si décisive sur les jurés qu'ils acquittèrent la jeune fille.
Celle-ci, borna à cette argu-
mentation et le ton de sincérité qu'elle afficha ne permettait pas de r ses intentions :
— « L'Europe, disait-elle, ignore les procédés tyranniques auxquels le peuple du tzar est soumis. Ce que j'ai cherché, c'est moins la mort de M. Trépoff, cet épouvantable assassin, qui, d'ailleurs, n'est pas en danger de mort, que le bruit que ne manquerait pas de produire l'acte dont je me suis rendu.- coupable. J'ai voulu, en d'autres termes, et je jure que ce résultat a été le seul but que j'envisageais, provoquer un scandale qui renseignât le monde entier et rendît palpables les attentats dont les républicains moscovites sont luellement les victimes. »
l'et produit par l'acquittement de Mlle Vera Zassoulitch fut considérable. A sa sortie du tribunal une ovation fantastique lui fut faite et la police crut de Bon devoir d'intervenir.
M. issoulitch quoique renvoyée indemne
par le jury, — juridiction cependant sans appel' — fut obligée bientôt de se cacher. Le souverain ne voulut pas rester sous le coup d'un acquittement qui, par contre, était la condamnation tacite de son administration césarienne. Une nouvelle loi fut édictée, la création d'un tribunal extraordinaire fut résolue, et la Charlotte Corday révolutionnaire traduite derechef à sa barre. Les amis de Vera Zassoulitch lui conseillèrent de ne point céder en cette occasion à ses instincts de générosité et de quitter furtivement la Russie. Elle se rangea après une vive résistance à cet avis et se réfugia en Suisse. Quoique son signalement eût été donné à tous les agents de la frontière, on parvint à suborner des policiers, lesquels laissèrent sans l'inquiéter franchir des limites russes à la proscrite.
En présence du nouveau procès intenté, au mépris de la chose jugée, les réfugiés russes de Genève désiraient savoir quelle serait l'attitude du gouvernement helvétique et du 'gouvernement cantonal genevois dans le cas où la fugitive viendrait chercher asile sur les rives du Léman.
Ils vinrent donc en députation chez Henri Rochefort qui alla trouver, séance tenante, l'administration compétente. On lui affirma que la Suisse n'avait pas à servir les rancunes et les caprices de l'empereur de toutes les Russies, que Mlle Vera Zassoulitch se présentant sous les auspices d'un
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acquittement aucune démarche oe pourrait obtenir son extradition. <»n pria néanmoins le pamphlétaire, de recommander au nihilisU Genève de De se livrer •• aucune manifestation compromettante et qui mit la trop en
vedette.
it à la suit»- de ces pourparlers que v. Mulitch se fixa àGenèveî et que plus tard, quand les craintes furent complètement calmées, elle put ôtre pagnie des exilés
français et russes, à un banquet fraternel dont la se européenne >'occupa.
Durant les premiers temps de son exil Hochefort était très Burveillé par les agents que soudoie la France. A cause Ai- la proximité de la frontière, on espérait toujours qu'un moment arriverait où le pamphlétaire ignorant les limites et assez distrait, B'aventurerait <-t pourrait ainsi ôtre repris sur le territoire dont il était proscrit
uéve, en effet, se trouve enclavé dans le
jurassien et savoyard. De quelque côté que l'on s'écarte à trois quarts d'heure enviro l'ouest et au sud. en risque de franchir, sans qu'aucun indice vous le révèle, la frontière au-delà de laquelle la déportation pour les contumax reprend immédiat ;ts.
jour d'hiver que l'ex-membre de !
national. | allé, au hasard, dans ladirec-
Fernex, m enfants patiner sur le
grand étang de Sacconex, les chiourmes curent un moment l'espoir de ressaisir cette victime naguère évadée. Ils crurent que, peut-être, commettant une erreur topographique, le journaliste se rendrait non point au premier mais au second étang, plus visible, et celui-là sis en France. Mais ils avaient compté sans leur hôte. Alors qu'il n'était qu'à cinq minutes des bornes suisses, des voyageurs qui se rendaient à Fernex, prévinrent Henri Rochefort de n'avoir pas à continuer sa route.
C'est même probablement de cette équipée que naquirent ces bruits non fondés, dont les journaux de Paris et de la province se firent l'écho durant plus de quinze jours. On racontait qu'un soir que l'exilé avait hélé un cocher, et était monté dans un fiacre passant à sa portée, il avait été conduit par le voiturier dans un chemin absolument opposé à celui qu'il avait indiqué et qu'il voulait suivre. A quelques mètres de la zone neutre, Rochefort s'était, disait-on, aperçu de la trame ourdie et malgré les efforts du cocher-policier, fouettant ses chevaux pour atteindre la frontière française, il s'étaitjeté à bas du fiacre, échappant ainsi aux plus grand danger.
Ce qui est certain et ce qui donne un démenti formel à ces racontars, c'est la prudence avec laquelle les bannis se lancent dans des pérégrinations en véhicule hors de Genève.
Une seule (bia deux des principaux rcfu faillirent être L'objet d'une arrestatiou iiivantea.
ipeur qu du lac Léman se divisent en deux qui atlérissent à la côte de Savoie et ceux qui n'abordent qu1
t. 'ut ;i Thono itres
prennent et déposent les
. à ' luch) . Vevey, à\ iUeneuve. <>r, uu dimanche, MM. R mbar-
quàrenl aana prendre garde A cette division du n travail Au bout de deux beu-
peu près, quelle ne fut pas la stupeur dea deux1 proscrits en voyant le Winkelried mettre Le cap an plein sur Thonon. Sana hésiter ils montèrent sur la passerelle et confièrent le secret de leur tiisle situation au capitaine.
le bateau touchait la rive franc dann lient, aussitôt l'amarrage comm<
venu mparer des contumax. Le capi-
taine ne voulut p l'une
ausai mauvaise action. Il annonç, tenante
aux ps qu'une impossibilité matérielle
s'opp vapeur abordât. Le U
:tuerait par extraordinaire au moyen d'une chaloupe <jui,
au.
tut grâce à ce dévouement que MM. Raxoua
et Cluseret durent de ne point tomber aux mains des alguazils, qui déjà connaissaient leur présence à bord et se réjouissaient de la double et bonne capture qu'ils allaient faire.
Dans les excursions où il s'est trouvé, Rochefort a toujours conquis par sa verve, par sa joyeuse humeur les sympathies de tous ses compagnons de route. Il est difficile;, en effet, de rencontrer un plus gai touriste, un plus franc compagnon. Depuis son entrée au Charivari, le pamphlétaire a hanté tant de gens fantaisistes"et primesautiers que sa mémoire extraordinaire a retenu un bagage inouï d'anecdotes plus amusantes les unes que les autres. Pour peu qu'on lui donne la réplique, il s'anime et c'est alors un feu d'artifice d'épisodes drolatiques ou intéressants qui éveillent et retiennent l'attention.
Placez Rochefort dans un salon, il ne tarit pas, parle avec volubilité, avec facilité, sans crainte aucune ; transportez-le dans une salle immense, hissez-le à la tribune, avec le même auditoire, si vous voulez, mais enlevez à la réunion tout caractère d'intimité, dès lors, vous verrez le discoureur hésiter et faire appel à toutes ses forces pour vaincre les réticences que lui impose la surexcitation de son système nerveux influencé par cette soudaine exhibition. Néanmoins, en de graves circonstances — et l'Empire, au temps de 1869, aux séances législatives, est payé pour s'en souve-
rtOCHEFORT C.UF.7. LOI
nir — l'ex-députe de Belteville sut Itnoer, Binon à la tribune, du moini de sa place, dei ape phes confies, sanglantes, qui sont ■• dans l'esprit public, mieux que les plus remarquables discours.
Mais ce que l'émment homme de l<ttres possôde au plus liant degré, c'est une urbanité' [parfaite à l'égard de quiconque s'adresse i lui.
La façon dont il a, de tout temps, agi envers les rédacteurs qui l'entouraient a eu le don de lui créer des amités vives et solides. Quelque autorité que BOD nom. et son incomparable talent et une longue et brillante carrière dans Le journalisme lui donnent, le rédacteur en chef du JfoJ iVurdre n'abusa jamais de ce crédit.
Quand on place vraiment en parallèle l'arrogance de certains directeurs de feuilles parisiennes, sans mérite et, ce qui est pire, sans avenir aucun, et la modestie du célèbre pamphlétaire, on se demande à quelle hauteur incommensurable ceux-là porteraient leur tète, s'ils avaient jamais eu le quart de renom et de popularité de celui-ci !
Il n'existe pas, croyons-nous, un homme moins « poseur » plus lui-même que l'auteur de la Lan-
et cette franchise d'allure, cette affabilit. constatée et reconnue par tous.
Il est assez bizarre certes que celui qui a le plus contribué à l'établissement de la République en France, soit exilé an moment où le gouvernement
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républicain est définitivement établi dans ce pays. Nous savions que dans l'industrie privée les inventeurs ne bénéficiaient aucunement de leurs inventions ; mais nous ne croyions pas que ce système révoltant d'iniquité fût applicable en politique.
Il n'est pas un de ceux qui sont actuellement au ministère, à la Chambre et au Sénat qui puisse enregistrera son actif le quart des efforts acharnés faits par Henri Rochefort durant la période impériale pour le retour du régime républicain.
En 1868, la plupart des journaux étaient silencieux. L'Empire était à l'apogée de sa puissance. Seul, l'écrivain banni aujourd'hui encore, se leva.
Ce qui le rend même pour ses ennemis opportunistes un adversaire si redoutable, c'est son passé si glorieux et si à l'abri de tout esprit d'ambition. L'ambition politique de Rochefort est nulle, et les sacrifices qu'il est toujours prêt à s'imposer -pour rester fidèle à ses convictions, luiconquèrent la confiance et l'estime du peuple, si plein de tact, dans les jugements portés.
Un antique refrain de la jacquerie disait :
« Au temps où Adam bêchait et Eve filait où étaient les gentilshommes ?
On pourrait chanter aujourd'hui cet autre qui ne serait pas moins typique :
« Au temps où la Lanterné luttait contre Napoléon, où étaient les opportunistes ? »
La réponse serait intéressante. Elle nous les mon-
: probablement, les dieux du jour, emp candi
l'antique rigueur aient continué.
rt a auprès de Lui aujourd'hui -
M. et Mme Dufaux, bod petit-fils Henri, né tout récemment, et sa petite-fille, d'un an, la petite Lili. Le temps qu'il oe d
productions littéraires, il le famille.
: n**l— Listie bâtarde qu Chambres, m de M. Andrieux, ont
g républicains Bill
M. Thiers, le vieillard sinistre, n'a trouvé àalli que L* cr é| it » même de leur patriotisn
Combien cette proscription inique et ■ exemple durera-t-eUe encore?
L( ■ la Girond
ont prouvi ntendait, par la mani-
oion, y mettre fin.
fait, une prei
\l pas it leurs 7er-
ûts.
Si donc le ministère et l'Assemblée, persistent dans cet ostracisme révoltant des plus énergiques défenseurs de la République, le temps n'est pas lointain où ces bannis réintégreront tous le sol natal, couverts d'un mandat de représentant, inviolables, acclamés, en dépit de cette exclusion.
Et dans la liste de ces rapatriés par un vote imposant, glorieux et populaire, le nom d'Henri Rochefort tient — et c'ast justice — l'un des premiers rangs !