‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 105 sur 278 · Rec. Office. Papiers d'État, Dom. :i538, U · texte numérisé non relu

Rec. Office. Papiers d'État, Dom. :i538, U

rait leur sort de façon décisive, il régnait parmi eux l'agitation et la discorde. Les partis s'accusaient à l'envi mutuellement. Dans la « salle du barbier », dom John Croxton fut publiquement accusé par un frère, Laurence Blonham, d'être un de ceux qui partageaient « les nouvelles opinions ». Dom John répondit par des paroles amères et dit qu'ils allaient s'attirer des ennuis. Mais Blonham lui répliqua : « Ni toi ni aucun d'entre nous n'agirons bien si nous abandonnons le Chef de notre Église, le pape. » Croxton reprit que, si tels étaient ses sentiments réels, il n'était qu'un « perfide coquin, parjure envers son prince », et l'autre ayant dit qu'il n'avait « jamais juré d'abandonner le pape comme chef et ne le jurerait jamais », Croxton s'écria : « Tu seras forcé de le jurer contre ton gré un jour, ou je saurai pourquoi (1). » Un autre moine, nommé Crowe, se plaignit de son abbé parce qu'ayant trouvé à redire au pain qu'on leur fournissait, il lui avait répondu qu'il « pouvait les quitter et en avoir de pire » (2).

Ces histoires et d'autres semblables, qui furent consciencieusement rapportées à Crumwell, exposèrent l'abbé aux soupçons. 11 fut arrêté et enfermé avec un certain nombre de ses moines dans la Tour de Londres. Il avait essayé de prévenir ce coup par une lettre écrite tant en son nom qu'au nom de ses moines, dans laquelle ils s'abandonnaient, eux et leur monastère, à la merci du roi. Us y affirmaient, en vérité, qu'ils reconnaissaient Henri VIll pour « chef suprême » et pour leur « consolation et joie », et qu'ils étaient innocents des crimes, y compris celui de « haute trahison »,

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