Min. Ace. » 27-28 H. VIII, 168, m
ne fut pensionnée. Très probablement la prieure, à qui l'on dut, selon la règle observée lors de presque toutes les premières dissolutions de monastères, accorder quelque maigre allocation, ne survécut guère à cet événement, puisqu'elle était déjà « impotente et de grand âge ». Sous le règne de Marie, il n'y a plus qu'une seule religieuse, Isabelle Selon, qui figure sur le tableau des pensions servies aux membres survivants des monastères dissous (1).
Parmi les établissements religieux qui auraient dû disparaître en vertu de l'Acte de Dissolution des petits prieurés, mais qui purent acheter du roi une prolongation d'existence, se trouvaient vingt et un couvents de femmes. Les religieuses qui obtinrent de la sorte un sursis temporaire étaient au nombre de 273 environ, et l'on peut considérer que le nombre de leurs serviteurs et tenanciers était quatre ou cinq fois plus élevé. La somme versée au trésor royal, comme prix d'achat du couvent et de la prolongation de séjour, excéda de beaucoup, dans presque tous les cas où le paiement eut lieu avant la catastrophe finale, les revenus annuels du prieuré. Près de la moitié de ces derniers^ et principalement ceux des comtés du Nord, n'avaient encore rien versé, semblerait-il, quand Henri YIIl saisit leurs biens de nouveau. Les autres payèrent fort cher le sursis accordé^ quoique le trésorier du Bureau d'Accroissement ait soin de noter que les sommes encaissées ne sont qu'un « versement partiel », et qu'il a été fait remise des arrérages aux maisons tombées entre les mains du roi avant la liquidation de la dette. C'est ainsi que Lacock, couvent de
i. Brit. Muséum, Add. M?. 8102, comté de Leicester.
18 sœurs, dans le Yorkshire, donna 300 livres, son revenu annuel n'étant que de 168 livres. De même, le couvent de Sainte-Marie, à Chester, dont les 13 religieuses subsistaient à l'aide d'un maigre revenu annuel de 66 livres, fut contraint d'acheter l'immunité au prix de 160 livres (1).
Ces sommes, assurément, sont considérables. Toutefois il n'est guère douteux que beaucoup d'autres encore n'aient été versées, soit pour corrompre les fonctionnaires royaux et les intéresser à la conservation de tel ou tel prieuré, soit pour conquérir la faveur d'Henri VIII au moyen d'une offre directe. La prieure deCatesby, par exemple, écrivait à Crumwell: «La reine a imploré le roi en ma faveur et lui a offert 2.000 marcs pour le couvent de Catesby, mais elle n'a point encore de réponse décisive. » Elle supplie Crumwell, dans sa « grande douleur », d'engager le roi à laisser debout son prieuré et, ajoute-t-elle^ « procurez-moi quelques années pour le paiement des 2.000 marcs. Je vous enverrai 100 marcs pour acheter un cheval, et nous prierons pour vous, moi et toutes mes sœurs, notre vie durant. » Elle termine en rappelant à Crumwell le rapport des commissaires sur sa maison, et bien que celle-ci, paraît-il, ait déjà été donnée à quelqu'un, elle espère que, grâce aux efforts de la reine et de Crumvell, la destruction en sera écartée (2).
Le 11 mai, les commissaires eux-mêmes écrivirent, avant d'avoir fait leur rapport relatif à la visite du Northamptonshire, pour essayer de sauver le couvent. « La maison de Catesby, disent-ils, a été trouvée par nous en parfaite discipline. La prieure est une
1. Rec. office. Bureau d'Accroissement, Rôles du Trésorier, I, ni.4 d.