‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 137 sur 278 · Rec. Office. — Con-esp. de Gmmwell, XXXIX · texte numérisé non relu

Rec. Office. — Con-esp. de Gmmwell, XXXIX

4. Papiers d'État, Dom., 1537, T/28. Confession de Richard Bishop, religieux de Bungay.

fut condamné à mort, dans l'été de 1338, pour sa fidélité à l'ancienne doctrine de la suprématie papale. Le duc de Norfolk^ écrivante Crumwell le 4 août 1538, l'informait que les juges des dernières assises de Norwich avaient cité à comparaître « un nommé Antoine Brown, autrefois Frère Observantin de Greemvich et qui, depuis peu, s'est mis à vivre en ermite. » Il rédigea « de sa propre main sa confession que vous recevrez, ajoute le duc, avec la présente. » Le Frère fut déclaré coupable, mais « on donna au shériff un sursis de dix jours pour l'exécution, — décision suggérée auxjuges, dit Norfolk, parce qu'ils pensaient utile que l'évêque de Norwich prononçât un sermon à l'exécution du Frère, comme l'évêque de Worcester a prêché à celle de Forest. »

Selon toute apparence, les opinions de l'évêque de Norwich étaient tenues pour douteuses, et l'on résolut de les mettre ainsi à l'épreuve, lui et le Frère. « Et, continue le duc, M, Townsend étant le seul membre du Conseil du roi qui soit en ce pays, je l'ai mandé pour qu'il vînt assister à tous les interrogatoires. Et cette après-midi, nous avons si bien tourné et retourné le susdit Frère, que nous l'avons amené à ce point : il ne s'obstine pas à soutenir que l'évêque de Rome est chef suprême de l'Église, mais il prétend, et nous n'avons pu le détourner de cette opinion, que le roi ne doit point être chef suprême de l'Église, car, d'après lui, nul prince temporel n'est cMpax de ce titre et de cette autorité. » Ni le D"" Call, un moine dominicain qui se trouvait là et qui prit parti pour le roi, ni l'évêque de Norwich, qui raisonna fort bien sur la question, ne purent ébranler le Frère. « Ainsi donc, continue Norfolk, nous l'avons remis entre les mains du shérifT

Henri viii. — Il . 1^

pour être conduit en prison et être exécuté vendredi prochain à cause de ses sottes actions. Avant sa mort, le susdit évêque prêchera un sermon tel que, nous l'espérons, il contentera Sa Majesté le roi et montrera évidemment au peuple, — lequel, croyons-nous, sera là en foule, — que ce malheureux et stupide Frère est bien digne de périr et que ses opinions sont fausses et erronées. Mylord, je vous envoie cet homme en toute hâte afin que, si Sa Majesté le roi et vous le jugez à propos, vous envoyiez le frère à la Tour de Londres, pour y être interrogé de façon plus stricte et être mis à la torture, et alors dépêchez le porteur de la présente ou quelque autre vers le shériff avec un ordre en conséquence, de sorte qu'il ait votre réponse à Norwich avant dix heures vendredi, »

L'évêque de Norwich essaya, une fois de plus, de persuader au frère de renoncer à ses opinions, mais sans succès. Suivant l'expression même de Norfolk, « il persista définitivement dans ses erreurs (1) », et bien qa on n'ait pas retrouvé la relation de l'exécution, il n'est guère douteux que la sentence de mort n'ait été mise à effet le vendredi 9 août 1538.

Les différentes dissolutions d'établissements religieux et la profanation des églises dont l'Angleterre était témoin depuis le printemps de 1536, eurent des résultats naturellement désastreux pour les couvents de Frères. Ces religieux n'avaient, en somme, d'autres moyens de subsistance que les aumônes des fidèles. Or, la mainmise opérée par le roi sur les biens ecclésiastiques eut pour conséquence immédiate de tarir la source des largesses charitables en faveur d'œuvres

Page 1