Huitième rapport du « Deputy Keeper », App. 2, p
mobiliers, point, sauf le lit de l'abbé et un matelas pour deux de ses serviteurs. On a dû emprunter un lit dans la ville et l'apporter à l'abbaye pour le D' Carne et moi. Au lieu de tentures, des murailles nues par toute la maison. Point de bestiaux, sauf quelques vaches à lait, pas douze en tout : on achète les animaux aujourd'hui, et demain ils sont à l'office. Dans les greniers, pas un seul boisseau de blé, ni d'orge, ni d'autres grains. De vêtements sacerdotaux, une fort petite provision, et pas un qui soit bon, car l'abbé a fait argent des meilleurs et les a vendus à Londres, ainsi que les vases de son église. » Layton prétend que tout cela tient au faible de l'abbé pour « le vin blanc, le sucre et la bourrache » (1), et il dit avoir été forcé d'emprunter de l'argent sur « les chapes pourries et les cloches » afin de pouvoir « expédier » les moines. En revanche, le visiteur donne des détails rassurants sur l'état des céréales qui croissaient sur les terres, et il termine ainsi : « Aujourd'hui, nous avons expédié les moines, carils sont fort désireux de partir. Hier, en effet, tandis que nous étions à vendre les vieux vêtements dans la salle du chapitre, les moines changèrent le cloître en marché : chacun d'eux apporta son capuchon jeté sur ses épaules pour le vendre, et il le vendit en réalité (2). »
1. La bourrache servait autrefois à la fabrication d'un cordial estimé. (Note du trad.)
2. EUis, « Orig. Letters », III, 3« série, p. 265. Cet établissement était doté des terres de Tabbaye récemment supprimée de Chertsey, et des possessions des prieurés de Cardigam, Bethkelert, Ankerwyke, Little Marlow, etc. A propos de la lettre citée, Ellis s'e-xprime ainsi : « Force nous est de conclure qu'Henri VIII n'avait que promis une dotation nouvelle...; la pauvreté de la maison ne serait guère conciliable avec un accroissement des revenus provenant d'une dotation royale. » Gomme la fondation ne vécut que du 18 décembre 1537 au 19 juillet 1538, il est plus que probable qu'elle ne tou-
Le 16 novembre 1537, William Petre visita le prieuré de Lewes (1)^ qui lui fut abandonné avec tous ses droits sur la maison filiale de Castleacre. Cette renonciation fut confirmée à Castleacre même, toujours en présence du commissaire royal, six jours plus tard (2). Le prieur de ce dernier couvent avait essayé de se rendre Crumwell propice par l'envoi de «quatre marcs, en témoignage d'affection », avec promesse de lui servir une somme égale chaque année ; mais il n'en fut pas moins forcé d'expédier les « actes de fondation » et les autres pièces qu'on exigea : il ajoutait une vaine prière et implorait « la pitié » pour lui et les siens (3). Le 24 mars 1538, alors que les journées devenaient plus longues, l'œuvre de destruction avait commencé à Lewes. « J'ai informé Votre Seigneurie, écrit l'agent de Crumwell, de l'étendue et de la grandeur de cette église, et comment nous avions entrepris de tout jeter à terre et de quelle façon l'on a procédé pour la démolir. J'ai parlé à Votre Seigneurie d'une voûte, longue de 210 pieds, à droite du maître-autel, laquelle est soutenue par quatre gros piliers et renferme cinq chapelles qui sont entourées de murs. Tout cela est tombé jeudi et vendredi derniers. A présent nous sommes à démolir une voûte plus élevée et soutenue par quatre piliers épais, qui ont 14 pieds d'un côté à l'autre et 45 pieds de circonférence. Les piliers seront jetés à terre ; ce sera notre prochain travail. A mesure que nous avancerons, je tiendrai
cha point ses revenus. Les biens de Bisham avaient déjà été vendus lors de la première dissolution .