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l'histoire de la cession et de la suppression des grands monastères, ni celle de la destruction des édifices que de nombreuses générations avaient érigés à la gloire de Dieu. Tout ce qu'il est possible, voire indispensable, de tenter ici, c'est de choisir un ou deux exemples qui mettent en relief les caractères généraux de l'œuvre de spoliation.
Le premier monastère qui se livra en 1538 fut l'abbaye de Westacre. Il a déjà été fait allusion à l'histoire de cet événement à propos de la prétendue « confession » des moines de St André, à Northampton (1). Le monastère ne dut pas être cédé de bon cœur, car, un mois auparavant, le 16 décembre 1537, Sir Roger ïownsend écrivait que, « selon les ordres » de Crumwell, lui et plusieurs autres s'étaient rendus au prieuré, avaient « séquestré tous les biens » et dressé l'inventaire des domaines (2). Pour ce qui est de l'abandon, il existe deux documents, l'un daté du 14 janvier 1538, et l'autre du jour suivant. Le premier renferme un aveu de mauvaise gestion et d'autres accusations générales ; il est rédigé presque dans les mêmes formes que le document de Northampton. Le second est l'acte d'abandon proprement dit. Ni l'un ni l'autre ne semblent avoir été inscrits dans le « Registre de Suppression ». Si même tout s'était passé de façon régulière, l'acte d'abandon n'eût guère valu que par la « confession » qui l'accompagnait, puisque les biens du prieuré étaient déjà aux mains des commissaires de Crumwell. Voici qui rend tout cela plus étrange : Layton écrivit, le 18 janvier, une lettre, déjà citée, qui laisserait supposer que la dissolution n'était pas, à