‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 185 sur 278 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Les trois Abbés Bénédictins (1)

Les circonstances qui accompagnèrent la chute de Glastonbury, de Reading et de Colchester méritent d'être relatées à part. Vers l'automne de 1539, Henri VIII avait si bien réussi dans ses projets d'accaparement des biens monastiques, que les religieux ne possédaient plus qu'un nombre relativement restreint de maisons. Les comtés furent, l'un après l'autre, dévastés par les commissaires royaux, et moines et religieuses sévirent chasser dateurs demeures. On eut recours à toute sorte d'expédients en vue d'arracher les prétendus actes d'abandon (2), et bien peu osaient résister aux moyens de persuasion employés par le monarque. Y avait-il opposition, on avait toujours la ressource immédiate de Vattainder qui, accompagné de

1. Quelques passag^es de ce chapitre, — notamment celui qui a trait à l'abbé Whiting, — ont déjà paru sous forme d'article publié dans la « Dublin Review », juillet 1887. L'auieurdoit beaucoup, pour cette paitie de son travail, à l'aide préci mse rue lui a fournie Dom J.-G. Dolan, de Downside.

2. « Mesure d'une légalité fort douteuse. » — Hallam, « Gonstitutional ilistory », 10« édiùon, I, p. 72.

la confiscation des biens de la communauté religieuse et « en dépit de tous les principes des lois reçues », était tenu pour une suite forcée de la trahison (1)^ réelle ou imaginée, du supérieur, et l'on arrivait ainsi au résultat que les fonctionnaires royaux n'avaient pu obtenir par menaces ni par promesses. Nous avons déjà cité des exemples de la manière dont fonctionnait la mystérieuse loi d'attainder, instrument commode pour parvenir au but désiré. Il en est d'autres encore qu'on ne saurait passer sous silence : l'exécution des trois abbés mitres de Glastonbury, de Reading et de Colchester^ et la saisie, en vertu de leur condamnation pour haute trahison, des vastes propriétés des trois monastères.

Peu d'endroits avaient, aux yeux des Anglais, un caractère plus sacré que Glastonbury. Pour le peuple de l'époque antérieure à la réforme,, c'était une « seconde Rome ». Avalon ou Glastonbury, lieu où, selon une légende du Moyen Age, avait été enseveli saint Joseph d'Arimathie et qui donna asile aux premiers sectateurs du Christ en Grande-Rretagne, était reconnu comme le premier sanctuaire de l'Ile. Presque seule parmi les églises de Grande-Rretagne^ elle fut épargnée par les mains destructrices des envahisseurs^ et elle était déjà associée aux noms de saint Patrick et de saint David quand saint Augustin, envoyé par le pape saint Grégoire, vint prêcher la foi nouvelle. Saint Paulin, dit-on, passa quelque temps en ce célèbre sanctuaire avant de se rendre sur le théâtre de son apostolat dans le Nord de l'Angleterre. Illustrée plus tard par la renommée et les vertus de saint

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