‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 19 sur 278 · Calendar », XI, Pré'"ace · texte numérisé non relu

Calendar », XI, Pré'"ace

2. «Calendar », Xt, 504. Se trouve dans le « Priory of Hexham », par le fhanoinc llnine, d'après les recueils manuscrits de feu le Révérend John Ilodgson. L'histoire est bien racontée dansFeiccllente préface de ce volume.

land. Premièrement, est-il dit dans ce précieux document, alors que Lionel Gray, Robert CoUingwood, William Green et James Rokeby, commissaires désignés pour la suppression des monastères en le susdit comté, le 28' jour du mois de septembre, dans la 28* année du règne de notre souverain Seigneur le roi Henri YIII (1536), accompagnés de leur suite habituelle, chevauchaient vers ledit monastère de Hexham, pour y exécuter les ordres de dissolution fort redoutés que le roi avait donnés, ils furent informés de manière digne de foi, quand ils furent arrivés àDelston, c'est-à-dire à 3 milles dudit monastère, que les religieux étaient prêts à se battre, qu'ils avaient des fusils et de l'artillerie, avec des gens postés dans la maison pour la défendre et l'occuper de force ». A cette nouvelle, « ils consentirent à ce que les susdits Lionel Gray et Robert Collingwood se rendissent avec plusieurs personnes au monastère, autant pour voir et examiner le nombre des gens qui gardaient la maison que pour engager le sous-prieur et les moines à recevoir avec gratitude et obéissance et tous les honneurs convenables, les commissaires royaux qui arrivaient, les suivant de près, pour procéder, en ledit monastère, aux formalités de la dissolution, selon le très redouté commandement du roi. Les susdits Lionel et Robert entrèrent donc dans ladite ville de Hexham. En chevauchant vers ledit monastère, ils aperçurent quantité d'hommes rassemblés, avec des haches d'armes, des hallebardes et d'autres armes défensives^ se tenant dans les rues, comme des gens prêts à défendre une place de guerre. Et quand ils passèrent dans la rue, on sonna la cloche de la ville, et immédiatement après la grosse cloche

du monastère se fit aussi entendre, et à ce bruit le peuple se rassembla en masse près du monastère dont les susdits Lionel et Robert trouvèrent les barrières et les portes solidement fermées. Il y avait un chanoine qui s'appelait le maître d'Ovingham^ appartenant à ladite maison, revêtu d'un harnois, avec flèches et arc, accompagné d'autres personnes montées sur les toits, les murs et le clocher. Ce maître d'Ovingham répondit dans les termes suivants : « Nous sommes « vingt frères dans cette maison, et nous mourrons « tous avant de vous la livrer. » — Les susdits Lionel et Robert répondirent par une requête et dirent : « Parlez à vos frères et conseillez-les bien; montrez- « leur cette requête et commission royale que nous « avons, puis répondez-nous définitivement. » — Alors le chanoine disparut dans la maison. Après son départ, cinq ou six des chanoines du monastère, avec diverses autrespersonnes^ vinrent prendre sa place : semblables à des hommes de guerre^ ils avaient leurs harnois et des épées au côté, avec des arcs, des flèches et d'autres armes, et ils se tenaient debout au sommet du clocher et sur les plombs, prêts à défendre leur maison, tandis que Lionel et Robert demeuraient toujours au dehors. Autour de ces derniers s'assemblèrent une foule de gens, des hommes armés et beaucoup de femmes, et ils restèrent là longtemps, le susdit maître d'Ovingham leur ayant assuré qu'ils pouvaient attendre sans crainte la réponse et s'éloigner ensuite sans qu'on leur fît aucun mal. — Ledit Maître d'Ovingham, vêtu de son harnois, et le sous-prieur en habit de chanoine vinrent trouver lesdits Lionel et Robert, apportant avec eux un écrit scellé du grand sceau royal, et le sous-prieur leur

adressa les paroles suivantes : Nous ne doutons point que vous n'ayez une commission royale à l'égard de notre maison, mais nous vous montrerons la confirmation de notre monastère par Henri YIII, par acte donné sous le grand sceau royal. Dieu sauve Sa Majesté! Nous pensons qu'il est de l'honneur du roi de ne pas sceller un écrit contraire à celui qui l'a précédé, et avant que de nous laisser arracher une parcelle quelconque de nos terres, biens ou maison, nous mourrons tous. Et telle est notre entière réponse. — Et ainsi les susdits Lionel et Robert s'en retournèrent vers les autres commissaires qui approchaient de la ville. Puis tous ensemble ils se replièrent sur Corbridge, où ils couchèrent cette nuit-là ».

Le jour suivant, on apprit que, « aussitôt après le départ des commissaires, les chanoines revêtus d'armures et accompagnés d'une foule de tenanciers et serviteurs appartenant audit monastère, au nombre de soixante ou plus, sortirent du monastère en ordre de bataille, par groupes de deux, tous couverts d'armures; puis ils marchèrent jusqu'à un endroit nommé « the green » (le pré), près duquel s'étaient rencontrés les commissaires, et là, ils restèrent rangés en bataille, les armes à la main, attendant que les commissaires fussent hors de vue. Après quoi ils s'en retournèrent au monastère ».

Il semble que, depuis le 28 septembre, jour où les commissaires royaux furent chassés, jusqu'au 15 octobre, les chanoines aient occupé et gardé le monastère par la force des armes. Après cette date, leur résolution fut ébranlée et ils déclarèrent « que l'abbaye serait remise aux commissaires du roi, pour qu'ils en ordonnassent selon leur bon plaisir » ;

quant à eux, ils ne demandaient qu'à « y rester pour servir Dieu, dussent-ils mendier pour vivre ».Mais leur message de soumission ne fut pas porté au roi, et les moines d'Hexham ne furent plus inquiétés jusqu'au jour où, lors de la suppression définitive du « Pèlerinage de Grâce, » on put se débarrasser d'eux. Il est probable que plusieurs de ces chanoines portèrent la peine de la témérité qu'ils avaient montrée en résistant à la volonté royale. Henri YIII, en effet, dans sa lettre au duc de Norfolk, parle de Hexham comme de l'un des lieux où les moines « doivent être pendus haut et court, sans délai, ni cérémonie » (1). Le prieur Jay, dont il n'est pas fait mention dans le récit de la résistance opposée aux ordres de suppression, était peut-être, comme tant d'autres supérieurs à cette époque, un nominataire de la Couronne. Il fut le seul qui reçut la faveur d'une pension quand le monastère de Hexham tomba définitivement aux mains de Henri VIH, en mars 1537 (2).

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