‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 194 sur 278 · Hallam, « Constilutional Hlstory », I · texte numérisé non relu

Hallam, « Constilutional Hlstory », I

L'existence même de la clause en question suffit à prouver que Crumwell n'ignorait pas alors que, parmi les supérieurs des quelques monastères encore debout, se trouvaient des hommes envers lesquels il fallait, si le roi ne voulait point voir déjouer ses desseins, user de mesures extrêmes. A ses yeux, tout devait plier devant la nécessité d'anéantir, par tous les moyens possibles, ce qu'il regardait à bon droit comme les forteresses de la puissance romaine en Angleterre, et de se débarrasser de ces « espions du pape » (1). 11 était juste que les premiers frappés fussent ces ennemis dénaturés de leur prince et gracieux souverain, afin que leur sort servît de leçon à quiconque serait animé de mauvaises intentions. Peut-être aussi la réputation que s'était acquise l'abbé Whiting par sa vie sans reproche et la discipline qu'il maintenait dans son monastère, ainsi que l'étendue de ses propriétés, contribuèrent-elles à le désigner comme une victime tout indiquée : on voulait montrer, en procédant contre lui, que là où il y avait crime de résistance à la volonté royale, il ne pouvait être question de circonstances atténuantes ni de peines mitigées.

Dans le récit des faits qui vont suivre, nous sommes sans cesse embarrassés par l'insuffisance singulière des documents relatifs aux dernières années de l'administration de Crumwell. Ceci est vrai surtout en ce qui touche aux trois abbés bénédictins mis à mort en 1539. Nous sommes donc souvent obligés de combler les vides par des conjectures, lesquelles, il est vrai, à en juger par les grandes lignes du procès et les témoignages écrits qui nous restent, offrent des garanties suffisantes d'exactitude.

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