‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 201 sur 278 · ScuUion, mai-initon, laveur de vaisselle · texte numérisé non relu

ScuUion, mai-initon, laveur de vaisselle

4. R. 0., Papiers d'État, Dom., V. 251. Cette longue tirade semble avoir

de l'écrivain, sur une question de fait comme celle-ci, ne saurait être estimé à bien haut prix.

11 est probable que l'abbé Cook appartenait à cette classe de la société qui fournissait aux établissements monastiques de si nombreuses recrues, et qu'il était un des « pieux fils cadets de notre noblesse, petite ou grande, qui trouvaient là l'instruction et le gîte » (1). Son élection au poste d'abbé eut lieu en 1520, et quoique Grafton et Hall, dans leurs Chroniques, et d'autres écrivains de la Réforme le représentent sous les couleurs d'une personne illettrée, « le contraire apparaîtra à quiconque voudra feuilleter ses Épttres à r Université d'Oxford^ conservées aux archives de cette université, ou aura l'occasion de lire un livre intitulé

été rédigée pour être débitée ou publiée peu après Texécution des trois abbés. Elle vise, d'abord, à justifier leur condamnation sous prétexte que, par leur fidélité envers le Saint-Siège, ils s'étaient rendus coupables de trahison ; ensuite, à les exposer, eux et leurs compagnons de martyre, au mépris public. Comme c'est là le principal document que nous possédons sur les abbés et, en particulier, sur l'abbé de Reading, nous y aurons fréquemment recours. C'est évidemment l'œuvre de quelque instrument de Crumwell, selon toute probabilité, de quelque prédicateur hostile au pape.

1. Bodleian MS. Wood, B.VI, Woodhope, « Book of Obits ». On s'est demandé si le nom du dernier abbé de Reading était Cook ou Faringdon. Il est désigné tantôt par le premier, tantôt par le second. L'inscription de sa condamnation pour félonie au Registre du Contrôle [Gontrolment Roll] qui est d'ordinaire fort exact, l'appelle seulement « Cook ». A propos des armes que portait l'abbé, Cole, l'antiquaire, écrit ceci : — « En un curieux livre du Blason, manuscrit, sur vélin et enluminé, qu'on suppose remonter à 1520, et qui renferme toutes les armes des personnes ayant un chevron, se trouvent celles-ci : Hugh Faringdon, autrement nommé Cook, abbé de Reading : de gueules, chevron losange, sable et argent, entre trois besants chargés chacun d'une quintefeuille de gueules ; sur le chef argent, une colombe entre deux fleurs azur. Ce livre appartient à mon ami M.Blomefîeld, de Norwich. — W. E. 17-18. » Ces armes, entourées de celles de l'abbaye de Reading, sont aussi données par Coate, dans son ouvrage sur « Reading », planche VII, avec un portrait de l'abbé gravé d'après un vitrail qui était autrefois dans la chapelle de sir John Davis, h Bere Court, près de Pangbourne, Ce sont là les armes de la famille de Cook, et probablement de la branche du comté de Kent.

l'Art ou la Science de la Rhétorique, écrit par Léonard Cox, maître d'école de Reading. Ce livre fut imprimé en l'année 1524, et il est dédié par l'auteur à l'abbé Faringdon, dont il parle de façon très digne et très honorable à cause de son savoir (1) ».

Dans une lettre qu'il envoyait à l'Université d'Oxford en 1530, l'abbé Cook témoigne d'un zèle remarquable et intelligent pour la religion catholique, alors battue en brèche par les hérésies nouvelles qui surgissaient de toutes parts. Au nombre des religieux de Reading, était un certain dom John Holyman, « un très vigoureux adversaire des Luthériens dans sa prédication et ses écrits », qui, « désireux de mener une vie plus austère, avait abandonné sa place de fellow (agrégé) de New Collège, à Oxford, pour prendre l'habit au monastère de Reading. » Lorsque Holyman fut sur le point d'être reçu docteur, l'abbé Cook demanda qu'on voulût bien le dispenser de prêcher devant les membres de l'université, comme l'exigeait la coutume, de façon qu'il pût prêcher à Londres, où le besoin d'un tel homme se faisait sentir davantage,, la ville étant déjà infectée de luthéranisme et la grande popularité de Holyman attirant une foule de gens pour l'entendre chaque fois qu'il apparaissait dans la chaire de la cathédrale de Saint-Paul (2).

Quand il visita l'abbaye de Reading, en 1535, le

1. Browne Willis, « Miti-ed Abbeys », I, 161. Pour Léonard Cox, consulter « Dictionary of National Biography », XII, 136. Parmi les abbés, prêtres, moines et religieuses dont les noms figurent sur la liste du « Palmers Guild » de Ludlow, se trouve celui de « Hugh Faringdon, moine, maintenant abbé de Reading ». (Shrewsbury Archseological Society, Vil, p. 97.)

2. Voy. Wood, « Athense Oxod. », et « Hist. et Antiq. Oxon. », liber I, p. 252, et lib. Il, pp. 95 et 136, où il est question de Holyman, qui devint évoque de Bristol sous le règne de Marie Tudor et mourut en 1558.

D"" London rédigea un rapport favorable aux religieux. « Us ont, écrit-il, un bon sermon qui leur est adressé chaque jour, et en anglais et en latin, dans la salle du chapitre. Il vient nombre de personnes, et l'abbé y assiste lui-même (1). » Peu de temps après, néanmoins, l'évêque de Salisbury, Shaxton, se montra fort mécontent du prédicateur, qui s'appelait John London, et dont l'enseignement, pensait-il, tendait à confirmer ses auditeurs dans leur fidélité à Tancienne foi et, en particulier, au Saint Siège. Le choix du remplaçant qu'il proposa de lui nommer fut combattu par l'abbé, car, bien qu'il fût prêtre, il était « marié, suspendu, et, par conséquent, homme beaucoup trop dangereux » pour occuper un pareil poste dans un monastère (2). Selon l'auteur du document contemporain déjà cité, l'abbé Cook « ne pouvait souffrir » les prédicateurs des nouvelles doctrines alors en vogue ; il les appelait « hérétiques et coquins de la nouvelle science ». Il ne cessait, non plus, « d'étudier et d'exalter les règles de saint Benoît, de saint François, de saint Dominique et de saint Augustin, et il déclarait que c'étaient des règles très saintes et très parfaites ». « Ces preux diacres, ajoute l'auteur en parlant des abbés et de leurs compagnons, tenaient à la fois pour une hérésie et une trahison envers Dieu de ne point réciter les matines, de parler à haute voix dans les cloîtres et de manger des œufs le vendredi (3). »

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