‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 224 sur 278 · Ibid., Mise. Book · texte numérisé non relu

Ibid., Mise. Book

vêtements de Saint-Martin-le-Grand; John Blackewell, ecclésiastique, acheta « diverses chapes de Worcester » (1) ; Jeanne Mynne acheta trois chapes de soie et quatre de baudequin, provenant de Westminster, et Edward Elrington acquit, pour 102 livres, d'autres chapes et ornements de cette même abbaye (2). On trouvait, au delà des mers, un marchépour écouler les effets ainsi vendus à vil prix : non seulement on insultait aux sentiments de la nation par le pillage des églises et par le spectacle des visiteurs royaux chevauchant sur les routes avec « des chapes et autres effets d'abbaye » pour principaux bagages, mais on étonna même les ports de mer du continent par Fétendue de cette profanation. « Le seigneur de Barrow, écrivait de Hollande un prêtre anglais, en 1540, me montra que l'on apportait d'Angleterre en sa ville et à Anvers, depuis quelques années, tant de riches et magnifiques chapes pour les vendre que tous ils s'émerveillaient, et aussi déploraient, de voir mettre en vente ce qui était fait pour le service de Dieu. Sur quoi, le bruit courut que nous n'avions plus de messes dans le royaume (d'Angleterre) (3). »

Un grand nombre de dépouilles de l'Église se dispersèrent, sans nul doute, dans toute l'Angleterre et servirent peut-être souvent à des usages profanes. « On ne dit plus rien des abbayes, écrivait à cette époque l'ambassadeur de Venise ; elles sont toutes supprimées et leurs revenus confisqués par la Couronne. D'aucunes sont données aux nobles, ou usurpées par

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