R. 0. — Papiers d'État, Dom., 1540, W
Henri viii. — II. 26
eux, et ils les convertissent en palais, les garnissent à l'aide des ornements d'église, s'il y en a, et ils en font les biens héréditaires de leur famille (1). » Un savant historien, parlantdes conséquences qu'eutle pillage des églises sous Edouard VI, nous en trace un tableau qui peut également représenter les résultats de la spoliation des religieux accomplie sous le père de ce monarque : « Quoique, dit-il, le trésor du roi en eût retiré quelque profit, cependant la part de butin de beaucoup la plus grande tomba en d'autres mains : à tel point que nombre de particuliers tapissèrent avec des nappes d'autel les murs de leurs salons et recouvrirent leurs tables et leurs lits de chapes au lieu de tapis et de couvre-lit ; et beaucoup faisaient des calices sacrés des coupes à festin, pareils à Balthazar qui autrefois célébra son orgie dans les vases sanctifiés du Temple. C'était une piètre maison, et peu digne d'être mentionnée, que celle où ne se trouvait aucune garniture de ce genre, ne fût-ce qu'un superbe coussin fait d'une chape ou d'une nappe d'autel, pour orner les fenêtres ou donner aux chaises un air de fauteuils d'apparat. Et pourtant, combien méprisable était la valeur de ces parures^ en comparaison des vaste& sommes d'argent produites par les joyaux, l'argenterie et les tissus brodés que l'on transporta au delà des mers ou qu'on vendit dans le pays même (2). »
Il est inutile de parler plus longuement des ventes à la criée qui précédèrent la destruction des maisons religieuseset dans lesquelles l'ameublement des églises et les effets des couvents furent abandonnés, à des prix souvent dérisoires, au plus offrant et dernier enché-