Stow, éd. 1615, p
5. Blomefield (« History of Norfolk », I, 733-4) rapporte que les habitants de Wymondham revendiquèrent la propriété d'une partie de l'église du monastère et adressèrent une pétition à Henri "VIII pour qu'il leur cédât plusieurs autres parties ; du reste, ils lui payèrent le plomb, les cloches, etc., selon leur valeur. Ils voulaient sauver le beffroi et ses cloches, la sacristie et toute « la nef latérale droite » jusqu'au transept, avec « les logements des moines bâtis sur l'aile sud », la chapelle de Sainte-Marguerite, « le chœur et la chapelle de Notre-Dame avec toutes choses en l'état actuel, toute la chapelle de Becket, qui se dresse au centre de la ville, avec deux petites cloches qui s'y trouvent pour avertir le peuple de tout incendie ou de tout autre accident qui se produirait ». Bien que les habitants se fussent acquittés envers le roi, leurs bonnes intentions furent vaines. Le plomb fut arraché et les pierres enlevées de la nef méridionale et de la chapelle de la Vierge. «Le chœur étant démoli, les habitants furent obligés de tout abattre et de bâtir à neuf l'aile sud actuelle. »
monastiques et par la destruction et le pillage des abbayes et couvents d'x^ngleterre, il faut essayer de fixer, autant que possible, la valeur totale du butin que lui rapporta cette persécution religieuse. Rappelons-nous qu'il fut déboursé de grosses sommes et que le roi fit une foule de donations de terres et de propriétés qui ne figurent point sur les registres de la comptabilité ordinaire (1), et que les chiffres indiqués ici représentent seulement les recettes effectives du trésorier de la Cour d'Accroissement et celles du Gardien des Joyaux de la Couronne. Les profits retirés du fermage des terres confisquées et de la vente de celles-ci ont été indiqués plus haut, ainsi que la quantité d'or et d'argent dont s'emparèrent les commissaires royaux pendant le règne d'Henri VIII. Le seul autre article régulier du chapitre des recettes qui mérite d'être signalé ici est celui qui représente le produit des diverses ventes d'ornements sacerdotaux, de plomb, de cloches^ d'ameublement, de vitraux et des matériaux de construction de toute espèce : pour tout cela, la Cour d'Accroissement n'accuse que 26.502 livres et 1 schelling de recettes. 11 se peut que le produit de certaines ventes ait été inscrit au chapitre des revenus
1. Voici Lin ou deux exemples. Le duc de Norfolk enleva tout ce que renfermait le prieuré de Bridlington, argenterie, ornements, bétail, etc., et rien de tout cela ne figure sur les registres (R. 0. — Corresp. de Crumwell, XXXIII, 39). En une seule année, le receveur du comté d'York, Léonard Beckwith, versa pour les fortifications de Berwick 8.200 livres provenant des monastères dissous. Cette somme considérable n'est pas mentionnée dans les comptes du Bureau d'Accroissement (R. 0. — Rôles du Trésor^ II, m. 7). D'autres sommes furent encore déboursées dans le même but, l'une de 666 livres 13 sh. 4 pence (ibid., « Minister's Accounts », 32-33 Henr. VIII, 211, m. 8), et une autre de 570 livres (ibid., 239). Sur les gains produits par la dissolution des monastères du Somerset, 1.200 livres furent distraites en une seule année pour «payer au maître des travaux, à Porland et à Weymouth, le môle, les fortifications et autres nouveaux ouvrages. » (Ibid., 219, m. 16 d.)
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par le receveur particulier du comté ; mais cette somme, fût-elle double, serait encore bien mesquine, pour représenter le fruit de tant de pillages et de destructions et pour compenser tous les maux infligés aux religieux et aux pauvres.
Enchifîres ronds, les sommes qu'Henri \ III recueillit de son entreprise, à dater de 1536 jusqu'à sa mort, se montèrent à i .338.500 livres sterling. 11 faut y ajouter 85.000 livres,valeur de l'argenterie en poids, comme il a été dit plus haut. Ainsi, l'œuvre de dissolution rapporta au roi en espèces sonnantes 1.423.500 livres, soit de quatorze à quinze millions de livres sterling de notre monnaie actuelle. En outre, il y avait les ornements sacerdotaux et accessoires du culte réservés pour le compte du roi et ce que Crumwell semblait estimer plus même que l'orfèvrerie : à savoir les innombrables pierreries et joyaux volés dans toutes les églises d'Angleterre (1). Quelle était la valeur en argent de tout ce butin, il est naturellement impossible de le conjecturer. Les premières pages du chapitre suivant diront brièvement où passèrent les sommes perçues par Henri VIII.
i.Il serait fort à désirer que l'on imprimât les magnifiques inventaires de l'argenterie, des joyaux et des effets mobiliers que renfermaient les palais royaux et le trésor à l'époque de la mort d'Henri VHI. Sans doute les manuscrits (actuellement épars dans la « Harleian Collection » ou détenus par la Société des Antiquaires) sont volumineux. Mais il s'est bien trouvé, en France, une Société pour imprimer somptueusement le non moins vaste inventaire du « Mobilier de la Couronne sous Lonis XIV », et pour mettre la main sur un éditeur zélé. Nos documents anglais sont pour l'historien, l'artiste, l'antiquaire et le sociologue, d'un intérêt beaucoup plus considérable, et si l'on songe à l'intérêt médiocre et limité de plusieurs séries de gros volumes récemment publiées par diverses de nos Sociétés on ne regrette que plus vivement devoir que l'une d'elles n'a pas eu le courage d'imprimer un travail si important dans un genre dont on reconnaît généralement aujourd'hui tout le prix.