‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 239 sur 278 · LE GASPILLAGE DES DÉPOUILLES · texte numérisé non relu

LE GASPILLAGE DES DÉPOUILLES

Les richesses amassées par le sac des églises, monastères, collèges et hôpitaux furent promptement dissipées. Il serait inutile de faire une enquête trop approfondie sur l'histoire de cette disparition^ et d'explorer avec un soin scrupuleux les divers canaux par lesquels ces richesses, après avoir afflué dans le trésor royal pendant quelques années, furent si vite emportées loin du roi, qui resta aussi besogneux et aussi à charge à ses sujets qu'auparavant (1). Nombre de ces dépouilles fondirent si rapidement, qu'il serait impossible d'en expliquer la disparition. 11 est une chose, toutefois, qui ressort nettement des comptes du Bureau de l'Accroissement : on dépensa sans doute de grosses sommes pour la défense des côtes et les préparatifs

i . Nous avons fait déjà la singulière remarque que les attaques d'Henri contre les biens de l'Eglise se renouvelaient à des intervalles réguliers d'environ cinq années. En 1530, il imposa d'une amende énorme le clergé. En 1535, il commença à dissoudre les petits monastères. Eu 1540, il acheva la dissolution des grands établissements. En 1545, il fit la guerre aux universités et aux chapelles votives. (Voy. Blunt, a History of Reformation», p. 293, note.)

d'une guerre éventuelle avec l'étranger: mais la plus grande partie des ressources nouvelles passa entre les mains du roi sans utilité pour la nation. Lord Coke^ dans son quatrième Institut, insiste sur ce fait, que, ad facïendum populuin, la propriété des petits monastères avait été octroyée à Henri pour qu'il en usât « selon le plaisir de Dieu Tout-Puissant et pour l'honneur et le profit du royaume » ; — puis, à propos des deux statuts qui décrétaient la suppression de ces monastères, il fait observer qu'entre autres promesses « les membres des deux Chambres avaient reçu celle que les monastères ne seraient jamais, en aucun temps à venir, convertis à un usage privé, et que les sujets ne seraient plus chargés de subsides, quinzièmes, prêts et autres aides communes. » Il n'est pas besoin de dire que cette promesse ne fut jamais tenue ; car, dit le même auteur, « depuis la dissolution des maisons religieuses, le roi a exigé des prêts divers et les a acceptés contrairement à la loi ».

Avant d'indiquer brièvement de quelle façon les biens monastiques s'évanouirent, il faut dire un mot du second Acte du Parlement qui s'y rapportait.il a été montré, plus haut, que la conduite des agents royaux envers les grands monastères ne fut pas rigoureusement conforme aux lois, et que, lorsque la politique d'Henri eut triomphé de toutes les résistances, on adopta une mesure qui légalisait toutes les déprédations, tous les pillages, toutes les profanations des années précédentes (1). Le but de l'Acte adopté par le parlement n'était pas de dissoudre les monastères, mais d'assurer au roi la propriété de ceux qui, « de façon ou d'autre, étaient tombés entre ses mains par superces-

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