Ibid., p
Il y avait, cependant, d'autres questions qui passionnaient plus vivement le peuple que l'incertitude où il était sur le sort réservé aux trésors de ses églises. Kendal, le curé de Louth, déposa que la question de la suprématie provoquait de nombreux murmures, mais qu'il ne pouvait citer les noms de ceux qui « se plaignaient de ce que Sa Majesté le roi voulût être le chef suprême de l'Église » ; — de plus, que « toutes les personnes de sa connaissance blâmaient et critiquaient les opinions nouvelles touchant la sainte Vierge et le Purgatoire, et qu'il les blâmait lui-même. En outre, ajoute la relation écrite de l'interrogatoire que subit le curé à la Tour de Londres, il dit que, d'après un bruit répandu, les agents du roi avaient, à l'époque de la suppression et dissolution du monastère de Hagneby, jeté à bas le Saint Sacrement avec grande irrévérence » (1).
En l'espèce, on ne saurait examiner les dépositions des témoins et les interrogatoires des prisonniers sans arriver à cette conviction que, si les habitants du Lincolnshire se soulevèrent et recoururent oux armes, ce fut pour défendre la foi et les pratiques chrétiennes, menacées dans leurs principes. Le curé de Louth leur conseilla très fortement « de ne se mêler en aucune façon des affaires de Sa Majesté le roi, sauf s'il s'agissait d'étouffer l'hérésie ou de protéger la foi du Christ» (2). Ils regardaient Crumwell et certains évêques comme ligués ensemble pour détruire la religion catholique et ils réclamaient à hauts cris leur châtiment. « En outre, dit un témoin, ils se proposaient, si leur marche avait réussi, de tuer lord
i. Ch. H. Book, p. 3.