‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 243 sur 278 · Ibid., Mise. Book, 244 (Original of Grants · texte numérisé non relu

Ibid., Mise. Book, 244 (Original of Grants

dont les biens furent confisqués continua de subsister aux dépens de ces biens ou d'empêcher qu'Henri n'eût la pleine jouissance et la libre disposition des terres dérobées à l'Eglise.

Quant au sort des religieux qui, profitant d'une clause de l'Acte de dissolution, préférèrent passer dans de nouveaux monastères, il ne fut guère plus heureux. Pendant un an ou deux peut-être, le triste destin de ceux de leurs frères qui étaient entrés dans le monde dès le début leur fut épargné, mais ils devaient finir par tomber dans la même condition. Il semble que les stipulations qui réglèrent plus tard l'octroi des pensions accordées au membres d'une communauté aient exclu les nouveaux venus de toute participation à cette faveur. En effet, pour chaque allocation nouvelle, il était stipulé que le bénéficiaire devait résider dans le monastère depuis une date de beaucoup antérieure à la dissolution [diii anteà). Mieux encore : il suffit de comparer la liste des pensions accordées aux membres d'un monastère avec tout document antérieur où sont consignés les noms des personnes de la communauté (1) pour se convaincre qu'en règle générale, seuls les religieux profès de la maison jouirent d'une part de ses revenus (2).

i. Par exemple : comparez la liste des religieux contenue dans le Registre du Bureau d'Accroissement (245) avec les lettres d'acceptation de la suprématie royale imprimées dans le Recueil des Documents du Conservateur adjoint, VII.

2. Par suite de l'Acte qui abolissait les petits monastères, plus des deux tiers des couvents de Tordre de Giteaux furent supprimés. Les membres en furent généralement transférés dans d'autres grands monastères du même ordre. (Voy. M. Baigent, « Abbey of Waverley », p. 46.) Lors de la dissolution de Netley, en février 1537, tous les moines retournèrent à la maison mère de Beaulieu. Au début du mois de mars 1536, John Browning, l'abbé de Beaulieu, mourut, et l'on élut pour son successeur Thomas Stephens, alors abbé de Netley. L'abbaye de Netley fut aussitôt supprimée et tous les moines accom-

Lors des suppressions qui eurent lieu dans la suite, en vertu d'une décision étrangère à la loi qui dissolvait les petits monastères, il s'en fallut encore de beaucoup que tous les religieux chassés fussent gratifiés de pensions.Les Frères, en tant qu'ordre spécial, ne reçurent pas de rente annuelle. 11 ne fut fait exception, semblet-il, que pour un ou deux individus. Ainsi, les supérieurs de certains couvents de Londres obtinrent de minces faveurs : John Gibbs, prieur des Carmes, reçut 10 livres; Thomas Chapman, prieur des Franciscains, 13 livres 6 schellings 8 pence ; John Hilsey, évêque de Rochester et supérieur commendataire des Dominicains, 60 livres; et Ralph Turnor, des frères Croisiers, 5 marcs. Avec les supérieurs des couvents de Dominicains et les Franciscains d'York, ils furent à peu près les. seuls, parmi les membres des quatre ordres de Frères, à qui l'on accorda une pension quelconque. Les

pagnèrent leur supérieur]à Beaulieu. Le 2 avril 1538, cet abbé et vingt religieux signaient l'acte de cession du monastère de Beaulieu. En février 1540, l'abbé Stephens fut investi de la cure de Bentworth, près d'Alton, qui était en ce moment vacante par suite de la révocation de John Palmes. Ce dernier montra beaucoup de répugnance à se soumettre, et il écrivit, le l^^'mars 1540, une lettre à Crumwell pour se plaindre de ce que « son cousin Gooke, accompagné de gentilshommes et des tenanciers de sir John Wallop, se fussent rassemblés dans la soirée de la Saint-Mathias ("23 février) pour installer dans la cure de Bentw^orth l'ancien abbé de Beaulieu. Avec grande violence et fracas, ils pénétrèrent dans le presbytère, mirent sous scellés les portes de la grange, et engagèrent à prix d'argent des hommes pour sonner les cloches à toute volée, contre la coutume observée dans toute installation décente : aussi tous les gens du comté se récrient-ils et sont-ils étonnés, de sorte que je suis parfaitement perdu d'honneur et de réputation à la suite de ces troubles provoqués à Bentworth. » En 1548, Thomas Stephens se vit conférer la dignité de trésorier de la cathédrale de Salisbury. 11 mourut en 1550, encore pourvu de ces deux bénéfices. (Voy. Recueils Manuscrits de M. Baigent.) Remarquons ici qu'on ne trouve que çà et là des indications ayant trait aux religieux expulsés qui obtinrent des cures. Dans les registres, par exemple, l'abbé Stephens est appelé « T. Stephens, capellanus », et, en 1518, c'est « M. Thomas Stephyns,t7t/ïrmMs ». On juge par là de la difficulté qu'on éprouve à suivre à la trace les religieux expulsés.

autres furent bannis de leurs demeures avec une petite allocation, qui d'ordinaire n'était que de quelques schellings, et furent abandonnés à leurs propres ressources. Ainsi, quand les Carmes de North Allerton furent expulsés, deux jours avant la fête de Noël, en 1538, on donna 6 schellings 8 pence au prieur, William Humfrey, 5 schellings à quatre de ses frères, et 3 schellings 4 pence à chacun des six plus jeunes membres : et même ces sommes furent accordées, comme le dit le document, grâce à la « bienveillance spéciale du commissaire » (1).

Pareillement, lorsque le 21 novembre 1538, les Franciscains deDoncaster furent chassés, 60 schellings furent partagés entre eux « grâce à l'immense générosité de Sa Majesté le roi », qui, en même temps, les débarrassa de leur maison, de leurs vêtements sacerdotaux et autres ornements d'église, ainsi que de trois calices et de deux burettes d'argent. Le commissaire royal calcula encore qu'il y avait 44 « fodders « (2) de plomb sur les toits des constructions du monastère, plus quatre cloches dont la vente devait produire environ 200 livres.

Ces religieux furent encore plus heureux que d'autres qui, comme les Trinitaires de Newcastle, furent expulsés sans le moindre dédommagement : on laissa même au prieur le soin de payer les dettes du couvent à l'aide des quelques créances qu'il pourrait faire rentrer (3).

On peut donc regarder comme prouvé qu'en prin^

1. Rec. Office. « Exchequer Augm. Office Mise. Book », — « Ministers Accounts », 29-30 Henr. VIII, 197 m, 12 d.

2. Le a fodder » ou « fother » valait 19 quintaux et demi. (Note du trad.)

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