‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 40 sur 278 · Ibid., p. i · texte numérisé non relu

Ibid., p. i

lui, provoquèrent le soulèvement, il affirme que le shériff Willoughby, « avec force paroles menaçantes et fanfaronnes, lui commanda d'apporter des vivres », et il nie catégoriquement « avoir jamais excité le peuple, ni par sermon, ni par discours^ ni par aucun moyen de persuasion. »

« Item, continue la relation de cet interrogatoire, il dit que le vendredi (6 octobre) qui suivit le début de l'insurrection, il apprit de source certaine que les rebelles allaient pénétrer en son monastère, — et il y avait déjà une centaine desdits rebelles dans la maison, — et alors il s'adressa à ses frères et à quelquesuns des serviteurs en ces termes, ou à peu près : « Frères et serviteurs, ces rebelles, je le vois, veulent que vous et moi nous allions avec eux ; et que nous adviendra-t-il, Dieu le sait! Mais, sachez-le bien : leur cause est mauvaise, et certainementDieu et les hommes en prendront vengeance. »

« Item, il dit qu'il aurait fui dès le début de l'insurrection, n'eût été qu'il craignait l'incendie et la destruction complète de sa maison et le pillage de tous ses biens. »

« 11 ne faut pas oublier, continue le document, qu'un chanoine de l'abbé de Barlings, aujourd'hui prisonnier dans la Tour de Londres, étant interrogé sur les paroles que le susdit abbé adressa aux chanoines, aux serviteurs et aux rebelles qui étaient dans la maison, comme il a été dit plus haut, déclara que l'abbé, ayant été invité par les rebelles à envoyer ses chanoines rejoindre le reste de leur troupe, répondit qu'il était contraire aux lois de Dieu et des hommes qu'un religieux allât se battre, surtout contre son prince. Le témoin ajouta que l'abbé conçut un tel cha-

grin de ces incidents que^ longtemps encore après le départ des insurgés, il était incapable de réciter la moindre partie de l'office divin^ tant il pleurait (1). » Dans un interrogatoire ultérieur qui eut lieu, le 23 mars 1537, devant Legh, Layton et Ap Rice, l'abbé Mackarel laissa voir, à propos de l'œuvre de suppression, sa façon de penser. Il rapporta que, pendant leur détention à la prison de Lincoln, sir William Parr mit le cellérier en liberté sous caution^ pour lui permettre d'aller toucher l'argent des loyers dus à l'abbaye, et que sir William reçut 20 livres sterling sur le montant de ces sommes. 11 avoua aussi que, « lors de la dernière visite des commissaires royaux, il avait eu grand'peur d'être destitué. Et le visiteur^ M. Bedyll, se présenta si soudainement, qu'il n'eut ni le loisir ni la présence d'esprit de compter l'argent, lequel fut remis dans une bourse à un certain Thomas Osegarby. 11 dit, en outre, continue le document, qu'au moment où les inspecteurs du roi, Freeman et Wiseman, supprimaient les petites abbayes en Lincolnshire, le bruit se répandit qu'ils reviendraient dissoudre aussi les grandes ; et alors il assembla ses religieux et leur parla ainsi : « Mes frères, vous avez appris comme l'on traite certains religieux, que l'on renvoie en ne donnant que 40 schellings à chacun. Mais les plus prudents d'entre eux se sont pourvus d'avance et ont vendu divers objets, afin de n'être point sans ressources une fois dehors. Et vous connaissez aussi bien que moi cette rumeur qui s'est répandue, à savoir, que les grandes abbayes vont disparaître à leur tour. C'est pourquoi vous me permettrez

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