‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 41 sur 278 · Ch. House Bk. », A, 2/29, pp. H · texte numérisé non relu

Ch. House Bk. », A, 2/29, pp. H

de vous donner ce conseil : prenons notre argenterie et certains de nos meilleurs ornements d'église et mettons-les de côté pour, s'il est besoin, les vendre et répartir entre nous le produit, d'abord que notre maison sera supprimée. Et, je vous le promets sur ma foi et conscience, vous en aurez chacun votre part, et toute ma vie je partagerai avec vous jusqu'au moindre sou. » A quoi les susdits religieux consentirent. « Là-dessus, conclut l'abbé, j'envoyai à un certain Thomas Bruer des objets d'orfèvrerie pour une valeur de 100 livres et plusieurs des plus beaux ornements d'église {■[). »

Le seul autre témoin à charge, dans le procès du D"^ Mackarel, fut un certain Bernard Fletcher. Il déposa que, « les rebelles se trouvant à une portée de flèche des herbages dudit abbé^ celui-ci leur amena 80 moutons, 6 bœufs et un fourgon chargé de pain et boisson ». 11 déclara encore dans le même interrogatoire que, quand l'abbé apporta les vivres aux rebelles, il leur adressa ouvertement ces paroles ou des paroles approchantes : « Mes amis, voici des vivres que je vous apporte. En avant, et de la persévérance! J'ai une seigneurie à Sweton ; je vous ferai préparer encore autant de vivres et vous les enverrai à Ancaster Heath. »

Mais « il ne faut pas oublier, poursuit la relation du procès, qu'après l'interrogatoire de ce témoin nommé Bernard Fletcher, ledit témoin et l'abbé de Barlings furent mis en présence. Et alors, l'abbé nia formellement avoir jamais amené des moutons aux rebelles et ajouta qu'il n'était poi»! venu de moutons en sa com-

i. Brit. Muséum, Cleop., E. IV, f. 245.

pagnie. Là-dessus, le témoin, interrogé pour savoir s'il maintenait son affirmation, déclara qu'il ne pouvait dire exactement si les 80 moutons étaient à l'abbé ou non, ni à qui ils appartenaient ».

« Le même abbé nie également avoir dit aux rebelles en s'approchant d'eux : « En avant, et de la persévé- « rance! j'ai une seigneurie, » etc., mais il déclare qu'étant terrifié et craignant qu'ils ne le tuassent, car beaucoup d'entre eux étaient ses ennemis mortels, il « leur parla ainsi : « Mes maîtres, je vous ai, confor- « mément à vos ordres, apporté des vivres, et vous « supplie d'être bons envers moi et de préserver ma « maison du pillage. Et si vous m'accordez un sauf- « conduit, je me rendrai à l'une de mes seigneuries ap- « pelée Sweton, où je vous préparerai, pour le moment « de votre arrivée à Ancaster Heath, autant de vivres « qu'en voilà. » Et comme on demandait à l'abbé pourquoi il avait prononcé ces paroles, il répliqua qu'il comptait, s'il obtenait un sauf-conduit, s'enfuir loin d'eux au plus vite et partir de son côté, car, sans l'emploi d'un tel stratagème, il ne pouvait s'échapper (1). »

Dans une « confession » antérieure que fit, à Lincoln, l'abbé Mackarel, peu après l'insurrection, il avait dit « qu'une foule de gens avaient pénétré de vive force dans la maison et avaient couché dans les chambres et sur les meules de foin. Quand les insurgés lui ordonnèrent de se joindre à eux, il répondit que lui « et ses frères viendraient chanter les litanies, et qu'ils seraient libres d'agir à leur gré ». 11 leur dit qu'il était « contraire à leurs vœux de porter les armes » ; mais les deux chefs jurèrent qu'ils les y contraindraient :

Page 1