Ch. House Book », A, 2/29, p
mille hommes « bien éprouvés et à cheval ». Ils marchaient sous l'étendard des pèlerins qui'^était, à peu de chose près, le même que celui du Lincolnshire, et chaque homme portait au bras un insigne : c'était, tantôt la représentation des « cinq plaies », tantôt une croix et les lettres I. H. S. C'est ce dernier insigne qu'avaient adoptéceux qui marchaient sous « la bannière de Saint- Cuthbert ».
Le comte de Shrewsbury se trouvait alors à Doncaster avec ses tenanciers en armes et le duc de Norfolk à la tête d'environ 5.000 hommes. Le Don séparait les forces ennemies et, si la bataille avait été livrée, il n'est guère douteux que le sort eût été favorable au peuple. Le duc de Norfolk, de son côté, avait reçu du roi l'ordre formel, « avant tout, de ne jamais attaquer, à moins que vous n'y voyiez un grand et notable avantage ». Et^ en particulier, s'il s'apercevait que les rebelles étaient plus forts que lui, ou s'il pensait que, parmi les troupes du comte de Shrewsbury, « il y avait des soldats de mauvaise volonté », il devait battre en retraite et ne pas risquer la bataille. Henri laissait à la prudence de Norfolk le soin de voir comment il fallait s'y prendre pour cela. Il lui recommandait seulement son « propre stratagème » et l'avertissait des « promesses qu'il faut faire aux rebelles, jusqu'à ce que tous vos renforts soient arrivés. Bien que nous soyons persuadés, ainsi se termine la lettre du roi, que vous ne laisserez échapper aucune occasion de nuire à nos ennemis, par artifice ou d'autre façon, cependant nous comptons bien que^ dans toute votre conduite, vous userez d'assez de modération pour que notre honneur surtout reste intact et que le vôtre ne soit en aucune manière terni par la promesse certaine de
choses que vous ne pouvez point promettre certainement (1). »
De leur côté, les insurgés semblent n'avoir pas été très désireux de verser le sang de leurs compatriotes. Certains des jeunes lords, il est vrai, étaient impatients d'en venir aux mains sans plus tarder. Mais leur chef, Robert Aske, leur rappela qu'il « n'y avait point de déshonneur à attendre pour remplir leur devoir tout entier et exposer leurs griefs à leur souverain seigneur, afin que les mauvais conseillers qui entouraient Sa Majesté fussent connus et punis » (2).
Animées de sentiments différents, l'une poussée par le désir, comme le disait Henri, « de nuire à nos ennemis », l'autre selon toute apparence, par celui d'obtenir satisfaction sans verser le sang, — les deux armées convinrent de trancher le différend par une conférence. Les demandes des « pèlerins » furent, à la requête du duc de Norfolk, présentées en une série d'articles, et, au cours d'une seconde entrevue, qui eut lieu sur le pont de Doncaster, il fut décidé que Norfolk accompagnerait les deux chefs rebelles chargés de remettre la pétition, que les troupes royales s'éloigneraient de Doncaster, et que l'armée des « pèlerins » retournerait à Pomfret.
Quinze jours se passèrent dans l'incertitude. Nombre de ceux qui suivaient Aske repartirent chez eux, las d'attendre la réponse du roi^ et le chef lui-même s'employait de tout son pouvoir à empêcher les forces qui restaient d'ouvrir les hostilités. Un matin, la nouvelle arriva de Craven que le comte de Derby marchait