‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 66 sur 278 · Papiers d'État, I, p · texte numérisé non relu

Papiers d'État, I, p

2. Il est un fait bien sig-nificatif : c'est que, tandis que les griffonnages orduriers de Layton et consorts ont été imprimés à maintes reprises et que le monde en a les oreilles rebattues depuis deux siècles, un document d'aussi haute importance que la « relation et remontrance au Roi » (Expostulatory narrative to the king), écrite par Aske sur la demande formelle d'Henri VIII, n'a jamais encore vu le jour.

rebelles et qu'on fortifiait les défenses de Hull et d'autres places encore. Henri semblait donc vouloir manquer à sa parole. Dès son retour dans le Yorkshire, Aske vit le danger et il écrivit aussitôt au roi pour l'informer de l'état d'agitation oii était le peuple. «J'aperçois, disait-il, des doutes étonnants dans l'esprit du peuple. D'abord, il pense qu'il n'aura pas le parlement en temps convenable. En second lieu, comme Votre Majesté a mandé par lettre auprès d'elle la plupart des personnes honorables des comtés, il craint un danger non seulement pour les susdites, mais aussi pour lui-même. En troisième lieu, il doute du pardon de Votre Majesté à cause d'un récent livré qui attaque ses premiers « articles » et qui s'imprime en ce moment : — ce qui cause une grande rumeur parmi le peuple. En quatrième lieu, il redoute un danger venant des places que l'on fortifie ; surtout que, dit-on, le duc de Suffolk doit occuper Hull. En cinquième lieu, il s'imagine que Votre Majesté ne veut point faire droit à ses pétitions bien fondées, attendu qu'on exige actuellement les dîmes. En sixième lieu, il dit que Mgr du Petit Sceau (Crumwell), duquel on se plaint tout spécialement, est encore, suivant la renommée, en aussi grande faveur que jamais auprès de Votre Majesté. Enfin^ après avoir quitté Votre Majesté pour revenir chez moi, je n'ai pu m'empêcher de voir que, dans tous les comtés^ les sujets de Votre Majesté sont remplis d'effervescence et qu'ils sont portés à se révolter ou à aider quiconque se révoltera : mais qui les pousse, je ne le sais point. C'est pourquoi. Sire, je supplie Votre Majesté de pardonner la rudesse et franchise de ma lettre. J'ouvre mon pauvre cœur à Votre Majesté afin qu'elle puisse aper-

cevoirles dangers possibles; car, sur ma foi^ je crains fort que tout cela ne se termine par des batailles (I). » Aske, semblerait-il, resta fidèle au roi parce qu'il croyait aveuglément que celui-ci remplirait les engagements pris à Doncaster. La lettre citée plus haut, ainsi que sa relation des événements, ne permettent guère de douter de la loyauté des efforts qu'il tenta pour contenir les violences du peuple. John Halom, un de ceux qui furent le plus gravement, compromis dans la seconde insurrection, déclara au cours de son interrogatoire que Robert Aske avait fait tout son possible pour l'empêcher d'éclater (2), et celte opinion fut corroborée parla plupart des témoins. LordDarcy s'unit également à Robert Aske en vue de maintenir la paix. 11 avait été invité^, lui aussi, à se rendre à Windsor pour voir le roi. Mais, bien qu'il se fût excusé en invoquant le mauvais état de sa santé, qui était tel « qu'il était plus près de mourir que de guérir » (3), il n'en écrivit pas moins plusieurs lettres où il conseillait au peuple de compter sur les promesses du roi et sur son désir de remédier aux griefs de ses sujets (4). Il informa encore le lord amiral, par une lettre en date du 20 janvier 1537^ que Robert Aske, Babthorp, Ellerker, Constable et lui-même tachaient de calmer de leur mieux l'humeur turbulente du peuple. « Et sir Richard Tempest, ajoute-t-il, est renvoyé ici avec de bonnes paroles consolantes du parlement pour les gens d'église et les laïques, et avec l'annonce que Sa Majesté a bénévolement accordé son plein et entier pardon et

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