Henri VIII et les monastères anglais
Il est d'usage que l'on mette en tête d'un livre quelques mots d'introduction toute personnelle. — Le présent ouvrage n'a pas la prétention d'être autre chose que ce qu'indique son titre : c'est un « essai » historique composé en vue d'éclaircir et d'expliquer l'un des plus grands événements que les annales de notre pays aient enregistrés. Dans cette question, mes sympathies sont naturellement acquises à l'une des parties en cause. Toutefois, je me suis efforcé de fuir l 'apparence ,1 'ombre même d 'un plaidoyer : agir autrement, c'eût été, je le comprenais, nuire au but que je me propose. J'ai plus insisté, sans doute, sur les faits qui militent en 'aveur des monastères que sur les autres. Ceux-ci, en effet, sont très connus. On les a si souvent réédités, grossis, accentués, depuis trois siècles et demi! Au contraire, peiv nombreux sont ceux qui ont reconnu qu'il y eût quelque chose à dire pour les moines, même parmi ceux qui seraient naturellement prévenus en leur faveur. Je crois que les faits parlent assez d'eux-mêmes : aussi, redoutant d'affaiblir leur éloquence, ai-je mis aussi peu du mien que possible. Mon seul désir est de laisser à mes lecteurs le soin de décider, d'après les lettres, les opinions et les documents qu'Ut rencontreront dans les pages suivantes, ri ton a jamais rendu même un commencement de justice à la mémoire de C ordre monastique en Angleterre.
Autant que je l'ai pu, je n'ai écrit qu'après avoir pris personnellement connaissance des documents nécessaires. Mes recherches m'ont conduit un peu partout et m'ont mis en rapport avec des gens qui m'étaient auparavant étrangers.
T aurais tant de personnes à remercier pour les secours et les encouragements qu'elles m'ont prodigués, que je ne saurais les nommer toutes ici. Mais je ne puis me contenter de cette vague formule et passer sous silence l'affabilité généreuse qui m! a ouvert l'accès des archives épiscopales, dont l'examen m'était indispensable pour mon sujet. Monseigneur l'Êvêque de Bath et de Wells voudra bien m' excuser de le citer tout particulièrement ici, en considération du lieu où j'écris ces lignes. — Les divers archivistes auxquels j'ai eu recours ont fait preuve à mon égard d'une courtoisie et dune bienveillance invariables. Le public revendique comme un droit la nécessité pour les employés de l'État de prendre note de toutes les demandes à eux adressées. Au « Record Office », non plus qu'au « British Muséum », j'estime n'avoir jamais dérangé inutilement les gens : mais je soupçonne que mes requêtes ont dû parfois sembler importunes et même peu raisonnables. Toujours est-il que, sans l'assistance et la patience bienveillantes que j'ai rencontrées dans ces deux établissements, mes travaux eussent été indéfiniment prolonges. L'image de la poudreuse salle des recherches du « Record Office » évoque avant tout pour moi l'agréable souvenir de l'aide amicale qui m'y fut donnée par l' expérience et la bonne volonté de ses nombreux habitués.
Monastère de Downside, 26 octobre 1887.