‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 107 sur 288 · Calendar »,VII · texte numérisé non relu

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nier delà reine Anne, capable, comme tel, de nuire aux moines ou de les protéger, selon le rapport qu'il rédigerait sur leur compte. A la fin d'avril, il visita un prieuré près de Danbury, et il exigea du prieur une somme de 5 livres sterling et son meilleur cheval hongre: il le menaça même, au cas où il ne le satisferait pas, de le faire priver de ses fonctions avant la Pentecôte prochaine. Le prieur était pauvre et le noble (1) qu'il donna laissa un vide dans sa bourse. Cette maigre offrande lui valut une lettre d'injures et de menaces. Anthony Coope, un gentilhomme des environs, qui rapporta l'histoire à Crumwell, prit l'affaire en main, et l'aventurier, après être resté caché pendant quelques jours, fut enfin pris et jeté dans la prison de Lincoln. Le serviteur du prêtre fut mis au pilori avec son maître (2),

Dix jours plus tard, le correspondant de Crumwell lui envoie des détails sur l'interrogatoire du prêtre. C'était un ecclésiastique indigne qui, de son propre aveu, n'avait pas dit la messe ni lu son bréviaire depuis plusieurs mois. Il aimait fort « les dés et les cartes », et par son ingénieux stratagème, il avait levé une sorte de « blackmail .'{) » et extorqué, outre de grosses sommes d'argent, quantité de chevaux aux maisons religieuses qu'il avait jusqu'alors exploitées. C'était, toutefois, un coquin doué de flair : car il compta bientôt acheter sa liberté — mieux que cela peutêtre — en accusant les moines qu'il avait dépouillés d'être hostiles au roi et à sa politique. « 11 prétend,

1. Le noble était une pièce de monnaie d'une valeur de 8 francs environ. (Note du trad.)

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