‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 112 sur 288 · Galendar », VII · texte numérisé non relu

Galendar », VII

tait à la poursuite de deux de ces frères qui voulaient gagner le continent pour fuir la persécution qu'ils subissaient déjà en Angleterre. Hilsey les suivit par Bristol, le Somerset, le Devon et la Cornouailles. Il les rejoignit enfin à CardifT, où on les avait déjà mis en prison. En les envoyant à Londres pour y être interrogés, suivant l'habitude, par Crumwell et ses fonctionnaires, il écrit ceci : « Vous en saurez davantage sur leur fourbe conduite. Dans tous les endroits où ils vont, ils engagent le peuple à rester fidèle à l'évêque de Rome, qu'ils appellent pape, et ils disent qu'ils mourront pour sa cause et ne l'abandonneront jamais, tant qu'ils vivront. Us se raillent des livres publiés citm prwilegio; ils les appellent des hérésies et ceux qui les publient, des hérétiques. » 11 ajoute qu'ils ont fait rire les gens à propos du nouveau-né de la reine Anne, la princesse Elisabeth, en disant qu'on l'avait baptisée dans de l'eau chaude, laquelle, ajoutaient-ils avec ironie, n'était pas encore assez chaude pour elle (1).

L'un de ces deux frères était Hugh Payn, qui peu de temps auparavant avait été arrêté et jeté en prison pour avoir rendu visite à Catherine, la reine détrônée, dans sa demeure de Bugden. L'autre était Thomas Hayfield. Tous deux appartenaient au monastère de Newark. 11 s'en était fallu de peu qu'ils ne fussent pris dans le comté de Somerset, dont le shériff avait reçu du roi une commission royale en vue de s'emparer de leurs personnes. A Cardiff, ils réussirent presque à dépister ceux qui les poursuivaient avec a cl m rnc meut : jl> -'-(aient concertés avec l<i com inan (la ni (fini navire breton pour qu'il les transportai en Bretagne, cl ils

1. I^lisabetb fut baptisée à Greenwich, dans l'église des frères Obscrvantins.

étaient sur le point de s'embarquer, sous le déguisementd'un costume séculier, lorsqu'ils furent arrêtés (1). Thomas Lichefield, qui les fit prisonniers et les amena à Londres, écrivit à Crumwell pour le prier de le débarrasser d'eux au plus tôt, car ils étaient logés trop près du sanctuaire de Westminster pour y être en sûreté. Il ajoutait : « Le porteur de la présente vous dira comment ils ont parlé de Madame la Princesse. » 11 ne tardèrent pas à être jetés en prison, d'où ils écrivirent à Henri VIII pour « implorer sa pitié, vu leur grande douleur et maladie » (2).

Les papiers d'État de cette époque renferment diverses plaintes adressées à Crumwell au sujet de renseignement et de la prédication de ces vaillants religieux. Ils restaient aussi fermement attachés à la foi antique qu'à la cause de Catherine. Dans le nombre, il s'en trouva bien un ou deux, comme Lyst, le frère lai qui espionna les faits et gestes de Forest, pour céder aux menaces et aux promesses dont on les assaillait. En devenant les accusateurs de leurs frères, ils devaient espérer, par cette trahison, acheter la faveur du roi. Mais ces renégats étaient l'exception : l'immense majorité des religieux soutint avec résolution et intrépidité la lutte contre les volontés du roi et de son ministre. Un cas en particulier, qui est raconté dans un document de l'époque, nous montre combien le peuple applaudissait à cette belle attitude et condamnait la faiblesse de ceux qui succombaient. Le frère John George, de Cambridge, appartenait, selon toute apparence, à cette dernière

\. « Calendar», n° 1020.

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