Schism » (traduit par Lewis, p
Thomas de son royaume, parce qu'il refusait de lui accorder certaines choses contraires aux libertés de l'Église, qu'il lui avait demandées. Et à son retour, saint Thomas fut tué en sa propre cathédrale, pour avoir défendu les droits de la sainte Eglise, — ainsi que nombre de saints religieux, entre autres ce saint père,l'évêque dcHochester, sont morts récemment. Et le frère Forest ne doute point que leurs âmes ne soient maintenant au ciel.
« 11 ajoute et il est convaincu qu'il doit garder double obéissance; d'abord à Sa Majesté le roi, de par les lois de Dieu ; ensuite à l'évoque de Home, en vertu de sa règle et de ses vœux.
« Il avoue qu'il avait accoutumé d'inciter, en confession, ses pénitents à tenir ferme pour les anciennes croyances auquel le royaume était dès longtemps habitué (1). »
C'est sur le second de ces témoignages, probable ment, que tant d'écrivains se sont appuyés pour taxer le bienheureux John Forest de duplicité. Le texte même de l'acte d'accusation suffit à réfuter cette allégation. Tous les auteurs qui vinrent plus tard ont emprunté les détails de cette cause au chroniqueur Hall, qui, bien que contemporain et ayant écrit dix ans après r événement, ne peut être considéré, en l'espèce, et vu les documents contraires, comme un guide entièrement digne de foi (2). Ce qui est certain, c'est
1. « Record office », Manuscrit cité par Frourie, III. p. 292.
2. Brewcr, après avoir cité le discours contre Wolsey que Hall met dans la bouche de More, ajoute : « Hall, p. 764. On doit dire, à l'excuse de More que Hall est seul à rapporter ee discours. Il ne se trouve aucune trace de ces iir.f clives contre Wolsey dans la courte notice COD sacrée à la harangue de More, que renferment les archives du Parlement. Au surplus, il n'est picre facile de concilier- les maigres détails que cette notice QOUI fournit avec le récit de Hall, » etc. (Lettres, etc., tome IV, Introduction, 589.)
que Forest fut exécuté pour avoir cru à la nécessité de la suprématie papale, et que, jusque dans les souffrances de sa mort affreuse, il resta ferme et fidèle à sa foi. Comme More, Fisher et les autres, qui furent maii\risés parce qu'ils défendaient la Primatie du pape, Forest tomba sous les coups de la loi de trahison, mais à lui seul fut réservé, en outre, l'honneur de mourir pour crime d'hérésie. Collier dit qu'il « fut condamné pour haute trahison et hérésie, bien qu'il soit malaisé de découvrir en vertu de quelle loi on put étendre ses fautes jusqu'au crime d'hérésie, car il ne fut traduit en justice que pour avoir dissuadé ses pénitents de reconnaître la suprématie royale » (1). Rien n'était cependant moins difficile, à cette époque, que de frapper un homme par un texte de loi quelconque, et la façon dont le frère Forest fut convaincu d'hérésie est, somme toute, étonnamment simple. M. Froude va nous en instruire (2). « Dans un document officiel du temps, écrit-il, je vois que l'hérésie est définie : « Ce « qui est contraire aux Saintes Écritures. » Ainsi, dire que Pierre et ses successeurs sont les chefs de l'Eglise universelle et persévérer dans cette affirmation, est une hérésie, parce que cela est contraire aux saintes Écritures, où il est écrit : Insuper univers œ terrœ rex imper at servienti (Ecclésiaste, v), — c'est-à-dire que le roi commande à tous les habitants du pays comme à ses sujets. — Il s'ensuit donc que l'évêque de Rome, laquelle est en Italie, où l'empereur est roi, est le sujet de l'empereur, et que celui-ci peut lui donner des ordres. Et si cet évêque était chef de l'Église universelle, il serait au-dessus de l'empereur et lui donnerait