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des ordres. Or, cela est nettement contraire au susdit texte de FEcclésiaste, et le maintenir avec opiniâtreté est une hérésie. » Ce « monstrueux raisonnement » permit de condamner le frère Forest à la fois comme hérétique et comme traître, et de l'abandonner à la mort barbare habituellement réservée aux adeptes obstinés des doctrines hérétiques. La commission qui jugea le frère fut très probablement présidée par Cranmer. En tout cas, c'est lui qui écrit à Crumwell pour prendre les arrangements nécessaires en vue de l'interrogatoire : « L'évêque de Worcester (Hugh Latimer), dit-il, et moi, nous serons demain chez vous, Mylord, pour connaître votre bon plaisir touchant le frère Forest. Car, si nous devons procéder contre lui selon l'ordre fixé par la loi, il faut se concerter d'avance sur les conditions qui lui seront offertes. 11 serait donc utile qu'on rédigeât les articles avant notre réunion (1). » Le résultat de la réunion fut que Forest se vit condamné à périr par le feu, à Smithfield, le 22 mai 1538.
L'évêque Latimer fut désigné pour prêcher le jour de l'exécution. ïl annonce son acceptation par une lettre très singulière : « Mylord, écrit-il à Crumwell, puisque c'est votre bon plaisir que je fasse le fou, suivant mon habitude, à l'exécution de Forest, je désirerais que mon estrade fût dressée près de celui-ci. Car, je veux tacher de si bien contenter le peuple qu'en même temps je puisse aussi convertir Forest, Dieu aidant, ou plutôt, opérant seul. C'est pourquoi je voudrais qu'il entendît ce que je dirai — « si forte» ; — et si son cœur pouvait abjurer, je serais