‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 128 sur 288 · Hislory ... /// supra, pp · texte numérisé non relu

Hislory ... /// supra, pp

?. Ibid., p. 10.

Des le commencement d'avril, le couvent reçut la visite de Lee et de Bedyll, pourvus d'une commission royale en vue d'obtenir des religieux qu'ils prêtassent le Serment de Succession. Les agents d'Henri virent d'abord le prieur, mais ils ne purent rien tirer de lui. A tous les arguments il répondit » qu'il n'appartenait point à leur vocation et à leur état de se mêler des affaires du roi ou de les discuter ; qu'ils ne pouvaient et ne devaient point faire cela; que peu lui importait de savoir si le roi voulait se marier ou divorcor, tant qu'on ne lui demandait pas son avis » (1). Les visiteurs ne se contentèrent pas de cette réponse, et ils insistèrent pour que les frères fussent assemblés au chapitre. Le prieur dut s'incliner devant cette nouvelle exigence, qui n'eut d'autre résultat que de l'obliger à parler plus clairement en présence de ses religieux. Il déclara que, pour sa part, « il ne pouvait comprendre comment il était possible qu'un mariage sanctionné par l'Église, et dont la validité n'avait jamais été mise en doute, dût maintenant être annulé ». Tous ses inférieurs se rangèrent à cet avis.

Ce franc langage suffit aux commissaires : John Houghton ne tarda pas à être emprisonné dans la Tour de Londres, en compagnie du procureur de son couvent, Humphrey Middlemore. Us y restèrent un mois, souffrant, comme le rapporte le narrateur de ces faits, de la malpropreté et de l'atmosphère pestilentielle du donjon où ils étaient séquestrés, aussi bien que du manque absolu de nourriture. Une lettre écrite à propos de l'emprisonnement d'un autre prêtre, en ce même lieu et vers la même date, jette

1. Chauncy, « Commentariolus de vitae ratione et martyrio Cartusianorum », 1608, p. 46.

quelque lumière sur les rigueurs d'une semblable captivité. M. Legge, chapelain du confesseur de « Sion Convent », avait été envoyé à la Tour par ordre de Crumwell, et, par son ordre aussi, les amis de Legge furent informés qu'ils eussent à lui fournir le nécessaire. Le malheureux n'avait guère que trois shillings, et Crumwell chargea l'auteur de la lettre en question de dire que, « s'il manquait d'argent, il n'aurait ni viande, ni pain, ni boisson ». Il n'aurait eu « pour lit que les planches », si la femme du geôlier ne lui eût point apporté un matelas et des couvertures pour se coucher (1).

Stokesley, évêque de Londres, et Lee, archevêque d'York, rendirent visite à Houghton et à Middlemore dans la Tour. Us leur firent entendre que la question de Succession n'était pas une cause pour laquelle la conscience voulait qu'ils sacrifiassent leur vie. Aussi, un mois après, le prieur et son compagnon promettaient de se conformer aux désirs du roi, puis retournaient auprès de leurs frères. Houghton réunit ses inférieurs au chapitre et les instruisit de sa soumission, mais il ajouta que cette complaisance, il en était persuadé, ne servirait pas à les préserver longtemps de la destruction qu'il voyait prochaine. « Notre heure, mes chers frères, continua-t-il, n'est pas encore venue. La nuit môme où nous fumes mis en liberté, je sus par un songe que je n'échapperais point ainsi. Avant une année, je serai ramené au même lieu et alors je terminerai ma carrière (2). » Émus par cette prédiction, les moines résolurent tout d'abord de ne pas tenir la promesse de soumission faite par le prieur et de

\. m Calendar », VII, n° 756.

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