Rymer, XIV, n
John Davy; six frères lais, William Greenwood, Thomas Scryven, Robert Sait, Walter Peerson, Thomas Reding et William Horne. Ils furent traités en prison comme l'avaient été, deux ans auparavant, les trois autres membres de leur monastère. Une dame pieuse nommée Clément, qui fut plus tard la Mère Marguerite Clément, a raconté qu'elle gagna les geôliers pour obtenir la permission de rendre visite à ces hommes héroïques dans leur captivité. Déguisée en laitière, elle put les approcher ; « elle les nourrit, et leur mettait les aliments dans la bouche, car ils étaient attachés et incapables de remuer ou de se servir de leurs mains. » Elle réussit de la sorte à prolonger leur vie pendant quelques jours, et elle accomplit envers eux d'autres actes de charité chrétienne. Mais le roi, apprenant qu'ils n'étaient pas morts de faim, ordonna de les surveiller plus étroitement. La dame Clément trouva encore moyen de pénétrer jusqu'au toit de leur cachot « et, enlevant la couverture en tuiles au-dessus de leurs têtes, elle leur descendait au bout d'une ficelle un panier de nourriture, qu'elle approchait comme elle pouvait de leur bouche, car ils étaient debout, enchaînés aux colonnes » (1).
Ils n'étaient emprisonnés que depuis seize jours quand Bedyll écrivit à son maître la lettre suivante : « Mon très bon lord, plaise à Votre Seigneurie de recevoir mes très sincères compliments et de savoir que les moines de la Chartreuse de Londres envoyés à Newgate pour s'être longtemps comportésen traîtres envers Sa Majesté le roi, ont presque tous succombé par
1. Frère Morris : « Troubles of our Catholic Forefathers », lre série, p. 27-28.
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la main de Dieu, comme vous le prouvera la noie ci-incluse. Considérant leur conduite et toute l'affaire, je n'ensuis point fâché, et je voudrais que tous ceux qui outragent Sa Majesté et son honneur en ce monde fussent dans le même cas. Mylord, je vous prie, par charité et non pour un autre motif, de vous montrer bon maître, entant qu'il vous sera possible, pour le prieur de la susdite Chartreuse, lequel est un des plus honnêtes hommes qui aient jamais porté cet habit, ou je m'abuse fort, et n'a jamais offensé le roi par désobéissance à ses ordres, mais a toujours grandement travaillé à laréforme de ses frères. Et maintenant enfin, exhorté et poussé par moi, il a constamment engagé ses religieux et a fini par leur persuader de remettre leur maison, leurs terres et leurs biens entre les mains du roi, et de compter sur sa merci et miséricorde. Je vous en supplie, Mylord, que le dit prieur soit traité, par votre intervention, de telle sorte qu'il n'aille point se repentir d'avoir eu peur, et d'avoir obéi à vos paroles sévères et aux douces exhortations que je lui ai adressées pour qu'il abandonnât ledit monastère, ni qu'il aille songer qu'il eût pu le garder, si Votre Seigneurie et moi ne l'avions poussé audit abandon (1). »
La liste des Chartreux que l'archidiacre Bedyll déclare expédier à Crumwell n'a pas été donnée par Wright, quoiqu'elle se trouve, au Musée Britannique, dans le recueil auquel il a emprunté la lettre ellemême. Elle offre un grand intérêt en ce qu'elle montre que cinq moines sur dix avaient déjà succombé aux mauvais traitements. La voici :