‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 158 sur 288 · Gratification · texte numérisé non relu

Gratification

entendue. Touchant l'autre affaire, je fus si stupéfait que je ne pus rien me rappeler pour ma justification (1). »

Le jour suivant, Ap Rice paraît s'alarmer des suites possibles de ses confidences à Crumwell, et il écrit de nouveau: « Je vous ai donné certains renseignements sur M, le Dr Legh. Quoiqu'ils soient tous exacts, je n'ai usé, dans ma hâte, d'aucune modération. Et d'abord, j'ai éprouvé par moi-même, il n'y a pas longtemps, combien il est grave, combien mortel même, de s'attirer le déplaisir d'un homme tel que vous, surtout après avoir eu votre faveur et la vôtre uniquement, et je sais quel désespoir et quels autres malheurs peuvent suivre cette disgrâce : aussi je ne souhaiterais point à mon plus grand ennemi pareil déplaisir. Et puis, j'ai réfléchi que vous ne pouvez tout â coup user cle violence envers ledit docteur, sans donner à penser que vous avez été trop vite en élevant à cette situation un homme que vous désavouez et blâmez sitôt après ; ou bien, l'on croirait que vous désapprouvez toutes ses actions et toute sa conduite dans les maisons qu'il a visitées, et que vous le traitez ainsi pour ce motif... Il serait bon, tout d'abord, de l'exhorter avec douceur â se corriger, non de le décourager complètement ni de le fouler aux pieds... »

Il termine par ces paroles, sur le sens desquelles on ne peut se méprendre : « D'autant plus que ledit docteur connaît très familièrement tant de vauriens et d'hommes à gages, que s'il savait que ces informations vous viennent de moi, — bien que vous me les ayez demandées, — comme je n'ai pas grande escorte avec moi quand je sors, je pourrais peut-être, avant que je

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