‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 157 sur 288 · Hec. office. Corresp. de Oumwell, t. XX, n · texte numérisé non relu

Hec. office. Corresp. de Oumwell, t. XX, n

2. Cet abbé avait reçu vers la mi-août la visite de La y Ion, qui se plaignit

avis, le Dr Legh s'est comporté fort insolemment. Et je me cloutai bien que sa conduite à Bradstock, à Stanley et à Edington, où il fit autant le bravache avec les supérieurs qu'avec celui de Bruton, viendrait selon toute probabilité à votre connaissance : mais je ne vis point qu'il fut réprimandé à ce sujet... et, considérant qu'il a été de ceux qui m'ont dénigré jusqu'à ce jour auprèsde Votre Seigneurie, sans juste cause, mais pour plusieurs motifs que je vous apprendrai plus à loisir. . . , j'appelai, étant à Londres, quelques-uns de mes serviteurs pour m'accompagner et pour surveiller, à ^Yestminster et à Saint-Paul, ses procédés, ses gestes et la façon dont il prend congé. Je ne voulus point aller avec lui", de crainte que, par les subterfuges hardis qu'il a toujours, je vous en avertis, à sa disposition, il ne m'eût accablé, moi qui ai peu d'audace, surtout quand il s'agit d'accuser... Je ne suis point éloquent, comme certains, dans l'accusation.

« D'abord, son maintien est trop insolent et trop pompeux : comme il marchait ainsi à Londres, sous les yeux de tout le monde, je pensais que cela vous était connu... Et puis, il traite très durement les pères chez lesquels il se présente, et souvent pour une petite cause, comme il arriva pour les abbés de Bruton et de Stanley et pour le maître d'Edington, qui n'avaient pas été le recevoir à la porte, car ils

de ce que là, « ainsi qu'à Glastonbury, les frères fussent tenus avec tant de sévérité qu'ils ne pouvaient commettre d'offense » (Wright, p. 5y). Le 23 de ce même mois, Legh arrivait et voulut procéder à une nouvelle visite. Rien d'étonnant si l'abbé, « sans égard pour les pouvoirs à lui confiés », lui répondit, « sur un ton de brusque vivacité », que « prétendre les inspecter de nouveau, c'était perdre tous les abbés et tous les monastères, et il se montra, du reste, très hautain et très opiniâtre. » (« Calendar », IX, n° 159.) La lettre d'Ap Rice nous renseigne sur la manière dont Legh traita l'abbé.

n'étaient point informés de sa venue. J'exigerais aussi plus de modestie et d'affabilité, par lesquelles il s'attirerait plus de déférence que par ses prétentions et ses allures de satrape.

« Cet homme est jeune et d'une intolérable suffisance. Quant à ses demandes, je crois qu'elles sont souvent excessives. Ainsi, pour l'élection du prieur de Coventry, il a pris 15 livres (1) ; pour la récente élection à Bevall, couvent des Chartreux, 20 livres, outre 6 livres pour ses frais et sa « récompense » (2) dont j'ignore le montant... Et sûrement il ne réclame pas moins de 20 livres pour chaque élection, à titre de droits : ce qui est, à mon sens, beaucoup trop et plus qu'on n'a jamais exigé jusqu'ici.

« Aussi, dans ses visites, refuse-t-il fréquemment sa récompense, bien que suffisante, parce qu'il la trouve trop petite. Il se fait envoyer, après son passage, la récompense qu'il lui plaît. Assurément, les religieux n'ont jamais eu si peur du Dr Allen que de lui, tant il en use brutalement envers eux! »

Après avoir dit que Legh s'en allait toujours accompagné de son frère et de douze serviteurs en livrée, Ap Rice ajoute quelques mots qui nous prouvent d'une façon évidente qu'on s'est plaint de lui : « Et quant à ma propre manière et conduite, j'espère que vous n'aurez aucune occasion de m'adresser de justes reproches. Je demande humblement une chose : c'est que Votre Seigneurie n'accorde pas une créance trop facile avant l'accusation prouvée et ma défense

1. Ceci équivaudrait à environ 180 livres de notre monnaie. La lettre mentionne encore d'autres sommes : « Vale Royal, 15 livres, et 6 livres pour les frais; Tarrent, 20 livres, et 4 livres pour les frais. »

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