‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 198 sur 288 · Gaudet mulierum contubernio · texte numérisé non relu

Gaudet mulierum contubernio

de ses religieux, sous l'inculpation « d'incontinence notoire par suite d'un trop grand commerce avec les femmes », alors que trois autres sont déclarés coupables, « d'après la renommée » (fatentur), de fautes diverses. Les « comperta » se terminent ainsi : « Nous soupçonnons fort que l'abbé et les moines s'étaient entendus pour ne point parler contre eux-mêmes, car malgré les bruits qui courent sur leur vie licencieuse, jamais nous n'avons obtenu moins d'aveux (1). »

A voir cet exemple et d'autres qu'on pourrait citer, il faut admettre que les « compertes » sont simplement un recueil de fables, de racontars et de méchantes dénonciations. On ne peut sérieusement les regarder comme un ensemble de témoignages positifs sur l'état de moralité des maisons religieuses. Les tendances partiales des agents de Crumwell s'y révèlent de façon curieuse : car ils soupçonnent tous les moines sur le compte desquels ils ne purent rien apprendre de défavorable, de s'être concertés en vue de tout cacher (2). Cette ferme volonté de ne voir que le mal est, à coup sûr, suffisante pour détruire toute confiance dans les rapports ex parte que renferment les « comperta ». Les visiteurs se montrent animés du même esprit dans les lettres qu'ils adressèrent à Crumwell aux différentes étapes de leur tournée et qui accompagnaient certainement leurs rapports ou « comperta », aujourd'hui disparus. Layton, par exemple, en allant à la rencontre de Legh à Lichfîeld, visite un couvent de Gilber-

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