‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 200 sur 288 · Calendar », X, préface · texte numérisé non relu

Calendar », X, préface

3. Wright, 93 : « Ce matin, nous partons pour l'église de Lichfîeld et

de là, » etc. Pour juger de la rapidité des inspections, consultez Wright, p. 72, et la correspondance de Layton relative au Sussex, au Somerset, etc. (R. 0.— Gorresp. de Grumwell, tome XX.^

Rien d'étonnant si, à l'aide de semblables procédés, les agents royaux firent triompher les volontés d'Henri VIII, et s'ils réussirent là où d'autres avaient échoué. C'est ainsi que, par ordre du roi, l'évêque Gardiner inspecta, en compagnie de Fitzwilliam, l'abbaye de Chertsey peu de temps avant la visite générale. Ils n'y virent rien à blâmer. Legh et Ap Rice, cependant, trouvèrent moyen de fabriquer sur cette maison des « comperta » aussi répugnants que le reste de leurs inventions. On peut voir, par une lettre de Legh et Ap Rice, écrite au cours de leur tournée dans les comtés de l'est, avec quelle grossièreté les commissaires vilipendaient les couvents. Crabhouse y est appelé une « nonnerie impudique », parce que les religieuses ont vendu des terres à un M. Conisby. Et pourtant, une année plus tard, la condition de ce même couvent est déclarée excellente, et les religieuses « de bonne renommée et conduite » (1).

Il ne faut pas, non plus, négliger d'examiner les imputations que contiennent les « comperta » des visiteurs. La plupart des religieux sont accusés de « vices personnels et secrets », qui ne purent guère être l'objet d'une enquête. Ou ces accusations ont été créées de toutes pièces par l'imagination des visiteurs, ou elles proviennent de racontars malveillants, ou enfin, elles seraient la relation écrite des faits révélés par les religieux atteints de remords. D'après une opinion jadis très répandue, il existe une foule de confessions émanant de moines et religieuses tourmentés parleur conscience. C'est sur ces confessions, croyaiton, que se fondaient la plupart des rapports des commis-

1. Record Office. — « Exchequer Q. R., » Documents varie's relatifs à la Suppression, 832/13.

saires. Rien n'est plus faux. Autant qu'il est possible de s'en assurer, il n'existe aucun document de ce genre (1). Le roi, il est vrai, déclara aux rebelles du Lincolnshire qu'il n'avait « point supprimé les maisons où Dieu était bien servi, mais celles où régnaient le vice, le mal et une conduite abominable, — ainsi qu'il en appert, ajoute-t-il, de leurs propres confessions, signées de leur propre main, à l'époque des visites» (2). La relation écrite sous le règne d'Elisabeth fait aussi allusion aux prétendues « confessions » : « A preuve, y est-il dit, l'horrible histoire de leurs sombres, affreux et très diaboliques déportements, lesquels furent signalés au roi Henri VIII, et ensuite au parlement, par les rapports des visiteurs à la suite de leur inspection des abbayes, et avoués par les moines et nonnes en leurs propres confessions, signées de leur propre main ; — et ils sont enregistrés en un Livre Noir qui devrait plus justement s'appeler le Livre du Jugement. » Toutefois, il est probable que ces dernières assertions furent émises sur la foi de la « déclaration » royale. Il n'existe pas le moindre document où des coupables aient consigné leurs aveux et apposé leur nom. De plus, les lettres des visiteurs et leurs « concertes » prouvent de façon incontestable qu'ils ne fondèrent point les accusations dont ils étaient si prodigues sur des confessions de cette nature.

1. Wright, dans sa préface du volume de la Camden Society, p. 6, dit ceci:« Je suis d'avis qu'on devrait publier môme les différentes listes' des confessions arrachées aux moines et nonnes des maisons religieuses listes intitulées com/>er/a et encore gardées en manuscrit. » Donner aux comperta le nom de confessions, c'est exprimer une idée entièrement fausse et capable dinduire en erreur ceux qui lisent la préface de M. Wright.

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