Hall, « Union », etc. (écrit en 1542), f
La déclaration du roi n'a aucune valeur. Henri, selon une juste expression, disait la vérité quand il y avait intérêt. S'il possédait en réalité ces confessions écrites qui devaient former de volumineux documents, pourquoi n'a-t-il point favorisé le plus possible leur diffusion? Comment se fait-il que personne, à partlui, ne les ait jamais vues? Comment eussent-elles pu disparaître si entièrement? Il existe, il est vrai, deux ou trois prétendues « confessions » ; mais elles appartiennent à la période plus récente où les religieux furent contraints d'abandonner leurs monastères entre les mains du roi. Encore les coupables ne s'y reprochent-ils, en termes vagues et généraux, qu'une « existence voluptueuse ». Ces documents furent évidemment rédigés, non par les religieux, mais par les commissaires royaux, qui ne paraissent pas avoir hésité à signer du nom des moines (1). De ces prétendues confessions, la plus connue est celle des religieux de Saint-André, à Northampton (2). 11 est clair, à premier examen, que ce long document ne fut pas composé par les moines bourrelés de remords, mais par ceux qui vinrent les chasser de leur demeure et prendre possession de leurs biens. Qu'on le rapproche d'une autre pièce semblable, émanée de Westacre : il semble n'être que la reproduction d'un type général adopté par les commissaires. Aussi bien, le fonctionnaire royal en fait l'aveu. « Quoique, écrit-il, il manquât ici (à Northampton) certaines des occasions favorables qui
i.E. g., le document relatif à Westacre, lequel est conçu dans les mômes termes généraux que celui qui a trait à Saint-André, Northampton.
2. Imprimée pour la première fois par Wcaver (pp. 106-110). C'est une élucubra'ion diffuse, composée en présence de Lcgh et de Layton. Fuller { <* Ghurch History », éd. 1845, p. 393) en donne les passages saillants. Le chanoine Dixon l'a traitée selon ses mérites.
amenèrent la soumission de l'ancien monastère de Westacre..., cependant nous avons découvert ici... assez de choses pour obtenir l'acte de cession, que nous envoyons donc à Votre Seigneurie pour remplacer celui qui manquait. De sorte que le contenu du présent livre est varié et diffère presque entièrement de celui du précédent, ainsi que pourra le voir Votre Seigneurie quand elle le parcourra, ce que je vous supplie humblement de vouloir bien faire. Et quand cela vous semblerait ennuyeux ou peu digne d'être lu, songez que j'ai fait de mon mieux et eusse volontiers fait davantage encore, si je l'avais pu. Mylord, ces pauvres gens n'ont point hésité à confesser la vérité, vous vous en apercevrez bien : c'est pourquoi, dans mon humble estime, ils sont dignes d'une faveur d'autant plus grande, et j'ose dire qu'au fond du cœur ils croient plutôt avoir mérité le pardon par leur ignorance que l'éloge ou la louange pour leur genre de vie. » Il termine en ces termes : « Mylord, nous avons rusé avec ces pauvres gens, afin que leurs pensions fussent aussi peu onéreuses pour le roi et aussi honorables pour Sa Majesté que nous le pûmes imaginer. » Il exprime, en dernier lieu, l'espoir que la requête de son père sollicitant les propriétés du monastère de Mallyng sera favorablement accueillie (1 ) . Une autre lettre fut adressée à Crumwell sur le même sujet par Layton et les autres commissaires : « L'humble soumission, disent-ils, du prieur et de la communauté sera, nous le supposons, tout à l'honneur et à la satisfaction du roi, et nous vous laisserons le soin de juger en cela notre conduite et diligence. » Il n'est
1. Wright, 71 ; la date est du 3 mars. L'acte d'abandon fut signé le 2 mars
pas mauvais de remarquer ici quen 1535 Layton avait écrit de Northampton, où il était en tournée d'inspection : — « Le prieur actuel est bachelier en théologie, excellent économe et bon clerc, et c'est pitié qu'il soit jamais venu ici. S'il était nommé à un meilleur poste, et si Sa Majesté le roi voulait prendre l'affaire en main, Elle pourrait recouvrer toutes les terres que le prieur n'aura jamais. A mon retour du nord, je tenterai de l'amener à cela, si tel est votre plaisir. » Selon toute apparence, cette tentative n'eut lieu que plus tard, le jour où la prétendue confession (1) fut arrachée au supérieur et à sa communauté. Le fait que tous les religieux furent gratifiés d'une pension montre assez qu'on savait à quoi s'en tenir à l'égard de cette confession. Le prieur, après avoir été pensionné (2), fut promu premier doyen du siège épiscopal de Peterborough nouvellement créé. L'histoire de cette prétendue « confession », qui était en réalité du cru des agents de Crumwell, parlera d'ellemême. Elle a souvent été citée comme l'une des pièces les plus mortellement compromettantes pour les institutions monastiques, et l'on n'a pas manqué, en général, d'insinuer qu'elle n'est point la seule de son espèce. Et pourtant, les deux seuls documents de cette nature que l'on connaisse aujourd'hui sont celui-ci et son prototype, la confession de Westacre, fabriqués et
i. On la trouvera dans les papiers d'État du Record Office (29e année d'Henri VIII), compartiment V-50. Elle porte la date du 1er mars. Notons, néanmoins, que ce n'est là qu'une copie remontant au xvir8 siècle. Le corps du document et les signatures sont de la même main. 11 est bon d'ajouter que le véritable acte d'abandon, tel qu'il est inscrit au Registre de Suppression (« Rot. Clans. », 29 Henri VIII, pars 2, m. 7), est une pièce complètement différente : c'est un acte rédigé sous la forme usuelle.