‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 215 sur 288 · Brit. Muséum, Sloane MS., 2495, f · texte numérisé non relu

Brit. Muséum, Sloane MS., 2495, f

pas rester longtemps dans cette condition inférieure. Selon un bruit qui courut aux jours de sa toute-puissance, il avait été, en son adolescence, jeté en prison pour un délit quelconque et avait dû ensuite quitter le pays (1). De bonne heure, nous le trouvons, lui ou un homonyme, au service de la marquise de Dorset, et tout le monde s'accorde à dire qu'il passa une partie de sa jeunesse à guerroyer comme simple soldat en Italie. 11 confia un jour à Cranmer qu'il avait jadis été un « brigand », et des écrivains autorisés pensent que probablement il était sous les murs de Rome quand celle-ci fut prise d'assaut, en mai 1527, par l'armée impériale placée sous les ordres du duc de Bourbon. Parmi ceux qui prirent part au pillage de la ville se trouvait, paraît-il (2), « un Anglais de mœurs basses et vicieuses, incrédule et dépourvu de principes, lequel occupa plus tard une place formidable dans l'Église d'Angleterre. » Cet homme, d'après quelquesuns, c'était Thomas Crumwell (3).

De sa propre correspondance il semblerait ressortir qu'il était commerçant à Middelborough en 1512, car il charge, cette année-là, son correspondant d'An-

1. « Calendar », IX, n° 862. Ghapuys à Granvelle, Londres, 21 novembre 1535. Lettre reproduite par M. Froude dans son édition du « Thomas'Pilgrim », p. 406. « Sir Masler Crumwell, dont votre secrétaire, Antoine, m'a dit que vous désiriez connaître l'origine et les antécédents, est le fils d'un pauvre forgeron qui habitait un petit village à quatre milles d'ici et qui est enterré dans la fosse commune du cimetière de la paroisse. Son oncle, qu'il a enrichi, était cuisinier du défunt archevêque de Cantorbéry [Warham]. Ledit Crumwell était, dans sa jeunesse, un franc vaurien. Pour un délit quelconque il fut jeté en prison, et il dut ensuite quitter le pays. »

2. Maitland, « The Reformalion », p. 228. L'auteur croit que, si Crumwell était là, c'était probablement comme envoyé de Wolsey, et non comme soldat.

3. Lord Herbert, dans les « Judges of England » de Foss, tome V, p. 147.

vers de lui acheter un coffre en fer de grande dimension destiné, selon toute vraisemblance, à contenir son argent. Avant l'année 1520, Crumwell avait ajouté la profession de notaire à ses autres métiers et s'occupait, en outre, d'obliger certains membres de l'aristocratie par des prêts d'importance considérable. Cet état de prêteur d'argent paraît avoir toujours eu pour lui beaucoup de charme, car on le voit, alors même qu'il est parvenu au faîte de sa puissance, continuer à prêter de grosses sommes (1). En 1523, Crumwell entra au Parlement. Il ne joua pas, en apparence, un rôle brillant au cours des débats; mais il se peut, néanmoins, qu'il ait rendu à Wolsey le service de faire accorder par le Parlement le subside énorme qui fut voté cette année-là. En 1525, il demeurait à Londres, près d'Austin Friars, à la fois marchand, homme de loi et prêteur d'argent (2). En cette dernière qualité, il eut pour client lorcl Henry Percy, alors attaché à la cour du cardinal d'York, laquelle n'était guère moins magnifique et somptueuse que celle du roi lui-même. Peut-être est-ce lord Percy qui recommanda Crumwell à l'attention de Wolsey.

Une partie de la fortune que possédait alors Crumwell provenait, dit-on, de la vente de fausses indulgences. On rapporte qu'à l'époque où il trafiquait à Anvers, il fut chargé par deux citoyens de Boston de se rendre à Rome à l'effet d'obtenir du pape Clément YIÏ le renouvellement des indulgences dont jouissait la corporation de l'église de Saint-Botolph, dans cette ville. C'est là ce qui lui suggéra probablement l'idée de tirer avantage de la vente sacrilège de

i. R. 0. Chapter House Books, Bl/2.

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