‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 218 sur 288 · Apologia », Epist. Collectio, tome I, p · texte numérisé non relu

Apologia », Epist. Collectio, tome I, p

En 1529, Crumwell jouissait d'une situation très prospère. Par un testament daté du mois de juillet, peu avant la chute de son protecteur, il fait des legs multiples, preuve qu'il devait posséder des biens considérables (1). C'est ainsi qu'à chacun des cinq ordres de frères habitant la ville de Londres, il laisse vingt shillings afin qu'ils prient pour le repos de son âme. 11 charge ses exécuteurs testamentaires « d'engager les services d'un prêtre », qui devra chanter la messe pour le repos de son âme pendant trois années consécutives à partir du jour de sa mort. Ils devront le rétribuer à raison de 20 livres par an (2). Qu'Henri VIII ait parfaitement compris le caractère de l'homme qui devint l'instrument de ses desseins, la chose n'est pas douteuse. On dit qu'il lui arriva une fois d'appliquer à son ministre un vigoureux soufflet (3) et « quand, à la table de jeu, on lui donnait un valet, il s'écriait : Ah! j'ai Crumwell (4). »

Dès que Wolsey fut tombé en disgrâce, Crumwell se préoccupa de ne pas être entraîné par lui dans sa perte. Il avait lieu de craindre les conséquences de certains actes qui, bien qu'accomplis pour le compte du cardinal et à la faveur de son autorité, l'exposaient aux coups de la loi. Maintenant le bras robuste qui le protégeait était paralysé : aussi les rancunes que le

1. Voy. Froude, « Hislory », 11,2e éd., note du ch. VI : « Gela démontre que Crumwell, quoiqu'il fût au service du cardinal, était à la tête d'une grande fortune personnelle et qu'il avait un état de maison fort considérable.»

2. Cinq ou six ans plus tard, il modifia quelque peu les dispositions de ce testament, mais il prescrivit encore des prières pour le repos de son âme, et même, les 20 livres sont portées à 46 livres 12 shillings 6 pence.

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