Cotton MS. Titus, I
officiers de justice, aux souffrances du frère Forest qui périt sur le bûcher à Smithfîeld, pour avoir refusé d'accepter la doctrine de la suprématie royale. Henri VIII partageait entièrement l'opinion deCrumwell sur la nécessité de ne point s'embarrasser des principes élémentaires de toute justice : on s'en convaincra par la dépêche qu'il écrivit au duc de Norfolk pour lui dicter la marche à suivre en vue d'anéantir le « Pèlerinage de Grâce » : « Notre bon plaisir est qu'avant de replier notre bannière, vous ordonniez une si terrible exécution d'un grand nombre des habitants de chaque ville, village et hameau qui nous ont offensé, qu'ils soient un spectacle effrayant pour tous ceux qui voudraient à l'avenir agir comme eux; vous souvenant qu'il vaut beaucoup mieux laisser périr ces traîtres par leurs méchantes et perfides folies que de leur infliger un châtiment trop léger, dont l'effroi ne serait point un avertissement aux autres. Enfin, vu que tous ces troubles sont nés à la suite des trahisons et conspirations des moines et chanoines de cette contrée, nous vous chargeons d'ordonner, partout où ils ont conspiré et détenu leurs maisons par la violence, depuis l'assemblée de Doncaster, que, sans pitié ni égard aux circonstances, tous moines et chanoines coupables de façon quelconque soient pendus haut et court sans délai ni cérémonie (1). »
Voici une lettre de lord Crumwell au comte de Chester, président des Marches du pays de Galles, qui montre avec quelle brutale exactitude le ministre entendait exécuter les volontés de son maître :
« Et d'abord, mes compliments très sincères. —