‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 235 sur 288 · Cité par Blunt, « Reformation », p · texte numérisé non relu

Cité par Blunt, « Reformation », p

Attendu que Sa Majesté le roi, il y a environ une année, accorda son pardon à une troupe de personnes vicieuses errant dans ce royaume et se donnant le nom de « Gipcians » (1), pour un crime très honteux et abominable commis parmi elles, mais à une condition spéciale, ajoutée avec leur propre consentement : à savoir que, si elles n'avaient point quitté le royaume de Sa Majesté à une date fixe, laquelle est expirée depuis longtemps, les officiers de Sa Majesté seraient autorisés à les faire pendre sur quelque point de son royaume qu'elles fussent appréhendées, sans autre forme de procès ni interrogatoire, — ainsi que cela est stipulé dans les lettres patentes leur accordant le susdit pardon; — Sa Majesté ayant appris qu'elles s'attardent encore en ce royaume et ne l'ont point quitté selon ses ordres et leur propre promesse, m'a commandé de vous signifier, à vous et aux comtés adjacents, la conduite à tenir envers celles desdites personnes qui s'appellent Égyptiens ou se sont jusqu'ici appelées Égyptiens, qui viendraient à entrer dans ces comtés ou à y voyager. Et, au cas où vous apprendriez la présence de certaines de ces personnes, vous devrez les forcer à se rendre au port de mer le plus proche du lieu où elles seront arrêtées, et alors, ou bien elles devront s'embarquer sans délai, avec le premier vent favorable qui pourra les transporter au delà des mers, et ainsi passer en pays étrangers, ou bien, si elles violent cet ordre, vous les ferez exécuter sans explication, conformément aux susdites lettres patentes de Sa Majesté conservées en sa chancellerie, lesquelles seront, avec les présentes, votre décharge en l'es-

\. C'est-à-dire « Egyptians » (nos « Bohémiens » d'aujourd'hui).

pèce. Vous ne faillirez point d'agir suivant la teneur de ces lettres avec diligence et résolution, sans avoir égard à aucune commission, permission ou autorisation que ces personnes voudraient montrer ou invoquer pour leur défense, — et cela, si vous tenez à exécuter le bon plaisir de Sa Majesté, qui est aussi que vous annonciez la teneur des présentes instructions à tous les juges de paix du comté où vous résidez et des comtés avoisinants. Ainsi, je vous souhaite une bonne santé de tout cœur. — Le cinquième jour de décembre en la 29e année du règne de Sa Majesté (t). »

Un trait rapporté par l'historien Stowe prouve que, parvenu au faîte de sa gloire, le tout-puissant Crumwell usait autant de l'arbitraire dans la vie privée que dans ses fonctions de ministre d'un roi despotique. Stowe, dans son « Survey of London », dit ceci : — « Du côté sud et à l'extrémité ouest de cette église (celle des frères Augustins de Londres) , sont bâties quantité de belles maisons, une entre autres, dans Throgmorton Street, très grande et très vaste, qui a été construite, sur l'emplacement de plusieurs vieilles et petites habitations, par Thomas Crumwell, juge à la Cour des Rôles, etc.. Cette maison achevée, et bien qu'il restât un assez joli morceau de terre à transformer en jardin, il fît tout à coup arracher les palis du jardin attenant du côté nord, mesurer une distance de vingt-deux pieds droit au nord dans la propriété des autres, tirer une ligne, creuser une tranchée, poser des fondations et bâtir un haut mur en briques. Mon père avait là un jardin et une maison adossée à l'enceinte sud. Cette maison fut détachée du sol et transportée, sur des

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