‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 55 sur 288 · Brewer, « Henry VIII », II, p · texte numérisé non relu

Brewer, « Henry VIII », II, p

d'une fois le roi dut exprimer le sérieux mécontentement que lui causait la conduite d'un homme qui, peu de temps après, était destiné à occuper la plus haute place dans sa faveur (1). »

En 1527, alors que Wolsey se trouvait à Amiens et se proposait d'envoyer le Dr Allen en Angleterre pour porter un message au roi, Knight, qui devint plus tard évoqué de Bath et Wells, écrivit au cardinal pour le prémunir contre le choix d'un pareil ambassadeur. « Et, Mylord, dit-il, au cas où M. Allen ne serait pas parti avec votre message, ou s'il était encore temps de le rappeler, Votre Seigneurie ferait mieux d'employer n'importe quelle autre personne de son entourage pour aller trouver le roi, plutôt que lui. J'ai entendu le roi et les gentilshommes raconter des choses incroyables sur la conduite de MM. Allen et Crumwell (2). »

A une date ultérieure, les supérieurs des maisons religieuses s'efforcèrent de détourner la dissolution dont on les menaçait en offrant des sommes d'argent ou en accédant avec bonne grâce à des requêtes qui équivalaient à une mise en demeure. Sous la domination de Wolsey, ils tentèrent d'acheter la protection du cardinal par l'offre de donations en faveur de son collège. L'évêque de Lincoln, qui aida grandement à la fondation de ce collège, et cela par plus d'un moyen, usa de pression pour amener l'abbé de Peterborough à résigner ses fonctions, ou bien à contribuer à l'entreprise pour la grosse somme de 2.000 marcs. Il chercha à lever le même tribut sur le prieur de Spaldiug. Mais on eut beau « tenter toutes les ressources de la loi » : le

i. Brewer, « Henry VIII, », II, p. 394. 2. Papiers d'État, I, p. 261.

prieur ne voulut pas démissionner (1). Nous voyons aussi que l'on tacha d'obtenir différents postes par le moyen de la corruption. L'un donnera 500 marcs et d'autres présents importants au collège, si le cardinal le fait sous-trésorier (2). Quand le prieur de Saint-Barthélémy, à Smithiield, tomba malade de la peste et fut sur le point de mourir, les amis de « William Finch, cellérier de ladite maison », offrirent à Wolsey 300 livres pour son collège d'Oxford, s'il voulait « favoriser son avancement » (3). Enfin, Henri, comte de Northumberland, désirant être autorisé à emprisonner illégalement quelqu'un qui l'avait offensé, s'offre à donner au cardinal « les livres de chapelle de son père défunt » dont on l'a prié de faire présent au collège. Pour engager Wolsey à conclure le marché, le comte lui dit qu'il recevra quatre antiphonaires et quatre graduels « comme on n'en a pas vu depuis longtemps », 200 livres en argent et un bénéfice de 100 livres pour son collège (4).

A la veille de la chute du cardinal, le roi s'exprime plus clairement et condamne les procédés employés par les agents de Wolsey. Cette correspondance entre Henri VIII et son ministre fut provoquée par leurs divergences de vues au sujet de la nomination d'une abbesse à Wilton. Le roi avait résolu de favoriser l'élection ou, pour parler plus exactement, la nomination de la dame Eléonore Cary. Celle-ci était soutenue par des amis puissants, entre autres par Anne Boleyn elle-même. Le cardinal, probablement avec raison, approuvait le choix de la dernière prieure, la

Page 1