‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 93 sur 288 · Calendar », VII, n°17i, 11 février · texte numérisé non relu

Calendar », VII, n°17i, 11 février

2. Ibid, n° 373 — A propos du parlement de 1536, il sera nécessaire de montrer quelle fut la nature de ces menaces et stratagèmes. Nous pouvons noter, dès maintenant, que l'évoque Tunstal, de Durham, se vit interdire l'*ccès du parlement sur l'ordre formel de Crumwell et du roi.

Entre autres mesures prises par ce parlement pour soustraire l'Angleterre à l'ancienne juridiction de Rome, se trouva le transfert à la couronne de l'autorité papale sur les maisons religieuses. La faculté accordée aux archevêques et évêques d'inspecter et de surveiller les monastères situés dans les limites de leurs diocèses respectifs, faisait depuis longtemps l'objet de nombreuses discussions. L'exercice de ce pouvoir avait souvent donné naissance à des embarras et à des dissensions qui se terminaient par un recours à l'autorité suprême du Saint-Siège. En tout temps, néanmoins, les pouvoirs de visite furent exercés par les évêques à des intervalles réguliers, sauf pour ce qui était des monastères libres, en nombre relativement faible, et des divers ordres de frères formant des congrégations situées hors des limites du pays et dirigées par des supérieurs étrangers. C'était également l'évêque ou ses représentants qui dirigeaient les élections canoniques.

Henri avait maintenant, au mépris des lois de l'Église, proclamé reine Anne Boleyn. Cette démarche nécessitait l'inauguration d'une politique de révolte contre la juridiction du pape. On eût pu croire que les évêques du pays allaient dès lors avoir autorité sur les monastères libres. Le contraire se produisit : de par une loi spéciale, ni archevêque, ni évêque, « ni aucune autre personne, » ne pourrait « visiter ou troubler » les maisons religieuses, dont la gestion devait être entièrement laissée entre les mains du roi et à ceux nommés par lui. A cette époque, l'étendue des prérogatives royales, dans le domaine ecclésiastique et spirituel, n'était aucunement fixée (1). Les ecclésiastiques ne pouvaient rien entreprendre qu'à leurs risques et

i. Les évolues, dans l'incertitude, demandèrent l'autorisation du roi pour

périls: d'où une entrave apportée à la liberté de discussion et la nécessité d'une obéissance passive à la volonté royale. Mais en soustrayant les corporations religieuses à l'autorité des évoques, il semblait qu'on voulût les mettre à l'abri d'une surveillance inutile, alors qu'en réalité cette mesure cachait des intentions perfides à l'égard de leurs franchises et de leur existence même. La connaissance de toutes les affaires qui se rattachaient aux ordres réguliers fut transférée des évêques à la Cour de Chancellerie du roi : ce fut le premier pas vers la destruction linale.

En même temps, la chaire était rigoureusement surveillée, et lessermonsde Pâques de l'année 1534 furent dirigés autant que possible contre le pape et son autorité (1). La condamnation définitive prononcée par le Saint-Siège contre le divorce d'Henri VIII força ce dernier, bien que fort à contre-cœur, semble-t-il, à élargir la brèche qui séparait Home et l'Angleterre. 11 devait choisir entre une soumission respectueuse ou une politique d'activés représailles. L'ambassadeur de l'Empire, au mois d'avril de cette année, écrit à Charles- Quint qu'aussitôt la nouvelle de sa condamnation arrivée, le roi « ordonna aux prédicateurs pour le jour de Pâques de parler la plus mal possible du pape : ce à quoi ils se sont appliqués de toutes leurs forces, en disant les choses du monde les plus outrageantes et les plus abominables. Il commanda aussi de publier immédiatement les statuts adoptés par le parlement, dont il avait, in pectore, su-pendu et retardé la mise en vigueur jusqu'à la Saint-.lean (2). »

leur permettre d'exercer leurs fonctions épiscopales. Wake, «State of Church» p. 557.

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