‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 94 sur 288 · Calendar », VU, n° 4G9, 12 avril · texte numérisé non relu

Calendar », VU, n° 4G9, 12 avril

Peu après, Cranmer, qui, sans nul doute, obéissait aux ordres de Crumwell en réprimant les écarts de la chaire, recourut à un expédient nouveau : il supprima, dans toute l'étendue de son diocèse, toutes les autorisations de prêcher qui avaient été données. 11 enjoignit, en outre, à tous les évêques de sa province d'agir de même, et cette interdiction dura l'espace d'une année. Cranmer, pensait Chapuys, était dès maintenant élevé par Henri VIII au rang d'antipape anglais. Il commençait à « exercer ses fonctions d'antipape en publiant des bulles pour trois évêchés et en consacrant » de par sa propre autorité (1). A cette époque, toutefois, l'archevêque était l'homme le plus impopulaire du pays, à cause du rôle qu'il avait joué dans la question du divorce. Lorsqu'il visita Cantorbéry, en automne, sa vie même fut réputée en danger, et il dut implorer la protection du gouvernement pour le temps qu'il séjourna dans sa ville archiépiscopale (2). C'est assurément pour faire un exemple que « Dom William Winchelsea », moine de l'abbaye des Augustins, fut jeté en prison: il avait tourné l'archevêque en ridicule, en présence des autres religieux, à l'endroit nommé « le Jeu ou la Petite Récréation, pendant que sonnait la cloche des vêpres ». Son crime était d'avoir ri de Cranmer et de sa « science nouvelle », et de l'avoir appelé « un sot archevêque » (3).

Henri VIII, pour arriver à ses fins, se trouvait dans la nécessité de prendre contre les ordres religieux des mesures sévères et immédiates. Il était plus difficile

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