‹ HenriadeChapitre 1 sur 69 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le Poëme de la Henriade est connu de toute l'Europe. Les éditions multipliées qui s'en sont faites , l'ont répandu chez toutes les Nations qui ont des livres , et qui sont assez policées pour avoir quelque goût pouÊ les Lettres.

M. de Voltaire , peut-être l'unique auteur qui préfère la perfection de son art aux intérêts de son amour - propre , ne s'est point Lissé de corriger ses fautes ; et depuis la première édition ou la Henriade parut sous le titre du Poème de la Ligue, jusqu'à celle qu'on donne aujourd'hui au Public, l'Auteur s'est toujours élevé d'efforts en efforts ,; jusqu'à ce point de perfection que les grands génies et les Maîtres de l'Arc ont ordinairement mieux dans l'idée , qu'il ne leur est possible d'y atteindre.

L'édition qu'on donne à présent au Public est .considérablement augmentée par lJÀuteur ; c'est une marque évidente que la fécondité de son génie est comme une source intarissable , et qu'on peut toujours s'attendre , sans se tromper , à des beautés

Cet Avant- Propos est de la main d'un des plus rugustes et des plus respectables Protecteurs que les Lettres aient eu clans ce siècle , et dont on n'avait vu qu'un fragment cité dans la Çréface de M. MA RM ON TEL.

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nouvelles , et à quelque chose de parfait d'une aussi excellente plume que l'est celle de M. de Voltaire.

Les difficultés que ce Prince de la Poésie française a trouvées à surmonter , lorsqu'il composa ce Poënie épique , sont innombrables. Il avait contre lui les préjugés de toute l'Europe , et ceux de sa propre Nation, qui étaient du sentiment que l'Epopée ne réussirait jamais en français : il avait devant lui le triste exemple de ses précurseurs , qui avaient tous bronché dans cette pénible carrière ; il avait encore à combattre ce respect superstitieux du Peuple savant , pour Virgile et pour Homère ? et plus que tout cela s une santé faible et délicate s qui aurait mis tout autre homme , moins sensible que lui à la gloire de sa Nation , hors d'état de travailler. Cest cependant , indépendamment de ces obstacles , que M. de Voltaire est venu à bout d'exécuter son dessein , quoiqu'aux dépens de sa fortune, et souvent de son repos.

Un génie au^si vaste , un esprit aussi sublime , un homme aussi laborieux que l'est M. de Voltaire , se serait ouvert le chemin aux emplois les plus illustres , s'il avait voulu sortir de la sphère des Sciences qu'il cultive , pour se vouer à ces affaires , -que l'intérêt et l'ambition des hommes ont coutume d'appeler de solides occupations : il a préféré de suivre l'impulsion irrésistible de son génie pour ces Arts et pour ces

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Sciences , aux avantages que la fortune aurait été forcée de lui accorder ; aussi a-t-il fait des progrès qui répondent parfaitement à son attente. 11 fait autant d'honneur aux Sciences que les Sciences lui en font : on ne le connaît dans la ITenriade qu'en qualité de poète ; mais il est Philosophe profond , et sage Historien en même-tems.

Les Sciences et les Arts sont comme de vastes pays, -qu'il nous est presque aussi impossible de subjuguer tous , qu'il la été à César, ou bien à Alexandre , de conquérir le monde entier : il faut beaucoup de talens et beaucoup d'application pour s '"assujetir quelque petit terrain ; aussi la plupart des hommes ne .marchent- ils qu'a pas de tortue dans la conquête de ce pays. Il en a été cependant des Sciences comme des Empires du monde , qu'une inimité de petits Souverains se sont partagés ; et ces petits Souverains réunis ont composé ce qu'on appelle des Académies , et comme dans ces Gouvernemens Aristocratiques 3 il s'est souvent trouvé des hommes nés avec une intelligence supérieure , qui se sont élevés au-dessus des autres ; de même les siècles éclaires ont produit des hommes qui ont uni en eux les Sciences qui devaient donner une occupation suffisante à quarante têtes pensantes. Ce que les Leibnitz , ce que les Fontenelle ont été de leur tems, M. de .Voltaire Test aujourd'hui ; il n'y a aucune

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Science qui n'en Ire dans la sphère de son activî é , et depuis la Géométrie la plus sublime , jusqu'à la Poésie , tout est soumis à la force de son génie.

Malgré une vingtaine de Sciences qui partagent M. de Voltaire, maigre ses fréquentes infirmités, et malgré les chagrins que lui donnent d'indignes envieux , il a conduit su Henriade à un point de maturité où je ne sache pas qu'aucun Poème soit jamais parvenu.

On trouve toute la sagesse imaginable dans la conduite de la Henriatie. L'Auteur a profité des défauts qu'on a repruches à H' mère : si s Chants et l'action ont pt-u ou point de liaison les uns s\ec les autres ; ce qui leur a mérité le non de rapsodies. Dans la Henriade on trouve une liaison intime entre tous les Chants : ce n'est qu'un même sujet divisé par l'ordre des tems en dix actions principales : le dénouement de la Plenriade est naturel : c'est la conversion de Henri IV, et son entrée à Paris qui met. fin aux gueres civiles àes Ligueurs qui troublaient la France , et en cela , le Poète français est infiniment supérieur au Poète latin , qui ne termine pas son Enéide d'une manière aussi intéressante qu'il l'avait commencée : ce ne sont plus alors que les étincelles du beau feu que le Lecteur admirait dans le commencement de ce Poème : on dirait que Virgile en a composé le premier Chant clans la fleur de

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sa jeunesse , et qu'il a composé les derniers dans cet âge ou l'imagination mourante , et le feu de l'esprit à moitié éteint , ne permet plus aux Guerriers d être Héros, ni aux Poètes d'écrire.

Si le Poète français imite en quelques endroits Homère et Virgile , cesl pourtantloujours une imiiation qui tient de l'ongina} , et dans laquelle on voit que le jugement du Poète français est infiniment supérieur au Poète grec. Comparez la descente d'Ulysse aux Enfers avec le septième Chant de la Henriade , vous verrez que ce dernier est enrichi de beautés que M. de Voltaire ne doit qu'à lui-même.

La seule idée d'attribuer au rêve de Henri IV ce qu'il voit dans le Ciel ^ dans les Enfers , et ce qui lui Çst pronostiqué au Temple du Destin , vaut seule toute l'Iliade ; car le rêve de Henri IV ramené aux règles de la vraisemblance tpnjb ce qui lui arrive , au lieu que le voyage d'Lr aux Enfers est dépourvu de tous les agrémens qui auraient pu donner l'air de vérité à l'ingénieuse fiction d'Homère.

De plus , toutes les épisodes de la Henriade sont placées dans leur lieu ; l'art est si bien caché par l'Auteur , qu'il est difficile de l'apercevoir : tout y parait naturel, et l'on dirait que ces fruits qu'a produits la fécondité de son imagination, et qui embellissent tous les endroits de ce Poème, n'y sont que par nécessité. Vous n'y trouvez

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point de ces petit? détails où se noient tant d'Auteurs, à qui la sécheresse el l'enflure tiennent lieu de génie. M. de Voltaire s'applique à décrire d'une manière touchante les sujets pathétiques ; il sait le grand art de toucher le cœur : tels sont ces endroits touchans . comme la mort de Coligni, l'assassinat de Valois , le comhat du jeune Dailly 3 le congé de Henri IV de la belle Gabnelîe d'Esaées , et la mort du brave d 'Au maie ; on se sent ému a chaque fois qu'on en fait la lecture : en un mot, l'Auteur ne s'arrête qu'aux endroits inréressans , et il passe légèrement sur ceux qui ne feraient que grossir son Poëme : il n'y a ni du trop ni trop peu dans la Henriade.

Le merveilleux que l'Auteur a employéne peut choquer aucun Lecteur sensé , tout y est ramené au vraisemblable par le système de la Religion 5 tant la Poésie et i" Eloquence savent Fart de rendre respectables des objets qui ne le sont guère par eux-mêmes , et de fournir des preuves de crédibilité capables de séduire.

Toutes les allégories qu'on trouve dans ce Poëme sont nouvelles : il y a la Politique qui habite au Vatican , le Temple de l'Amour : la vraie Religion , les Vertus , la Discorde , les Vices ; tout est animé parle pinceau de M. de Voltaire: ce sont autant de tableaux qui surpassent , au jugement des Connaisseurs , tout ce qu'a produit le crayon habile du Carache et du Poussin»

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Il me reste à présent à parler de la Poésie du style 3 de cette partie qui caractérise proprement le Poète. Jamais la Langue française n'eut autant de force que dans la Henriade : on y trouve par - tout de la noblesse : l'Auteur s'élève avec un feu infini jusqu'au sublime , et il ne s'abaisse qu'avec grâce et dignité : quelle vivacité dans les peintures ! quelle force dans les caractères et dans les descriptions ! quelle noblesse dans les détails ! Le combat du jeune Turenne doit faire en tout tems l'admiration des Lecteurs : c'est dans cette peinture de coups portés . parés 3 rendus , que M. de Voltaire a trouvé principalement des*obstacles dans le génie de sa Langue ; il sen est cependant tiré avec toute la gloire possible. Il transperte le Lecteur sur le champ de bataille , et il vous semble plutôt voir un combat , qu'en lire la description en vers.

Quant à la. saine morale, quant à la beauté des sen timens , on trouve dans ce Poëme tout ce qu'on peut désirer. La valeur prudente de Henri IV , jointe à sa générosité et à son humanité , devrait servir d'exemple à tous les Rois et à tous les Héros qui se piquent quelquefois mal-a-propos de dureté et de brutalité envers ceux que le ■ destin des Etats ou le sort de la guerre a soumis sous leur puissance. Qu'il leur soit dit en passant , que ce n'est point dans l'inflexibilité ni dans la tyrannie , que consiste la vraie grandeur 5 mais bien dans ces

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sentimens que l'Auteur exprime avec &ant de noblesse :

Amitié ," don du Ciel, plaisir das grandes âmes , Amitié que les Rois , ces illustres ingrats , Sont assez malheureux pour ne connaître pas.

Le caractère de Philippe de Mornay peut aussi être compté parmi les chef- d'oeuvres de la Henriade ; ce caractère est tout nouveau. Un Philosophe guerrier , un Soldat humain , un Courtisan vrai et sans flatterie; un assemblage de vertus aussi rare doit mériter nos suffrages : aussi l'Auteur y a-t-il puisé comme dans une riche source de sentiment Que l'aimé à voir Philippe de Mornay , ce fidèle et stoïque ami à côté de son jeune et vaillant Maître , repousser par- tout la mort et ne la donner jamais ! Cette sagesse philosophique est bien éloignée des mœurs de notre siècle , et il est a déplorer pour le bien de l'humanité., qu'un caractère aussi beau que celui de ce sage , ne soit qu'un ttre de raison.

D'ailleurs , la Henriade ne respire que l'humanité : cette vertu si nécessaire aux Princes, ou plutôt leur unique vertu , est relevée par M. de Voltaire ; il montre un llci victorieux qui pardonne aux vaincus ; il conduit ce Héros aux murs de Paris, où, au lieu de saccager cette ville rebelle , il fournit les aiimens nécessaires à la vie de ses habitans désolés par la famine la plus

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cruelîe : mais d'un autre côté il dépeint des couleurs les plus vives l'affreux massacre de la Saint - Bartheïemi , et la cruauté inouïe avec laquelle Charles IX hâtait luimême la mort de ses malheureux sujets Calvinistes.

La sombre politique de Philippe II , les artifices et les intrigues de Sixte-Quint , l'indolence léthargique de Valois, et les faiblesses que l'amour fit commettre à Henri IV , sont estimées à leurs juste valeur. M. de "Voltaire accompagne tous ces récits de réflexions courtes , mais excellentes , qui ne peuvent que former le jugement de la jeunesse , et donner des vertus et des vices , les idées qu'on en doit avoir. On trouve de toutes parts dans ce Poëme , que l'Auteur recommande aux peuples la fidélité pour leurs Souverains. Il a immortalisé le nom du Président de Harlay , dont la fidélité inviolable pour son Maître méritait une pareille récompense, il en fait autant pour les Conseillers Brisson , l'Archer , Tardif, qui furent mis à mort par les factx , ce qui fournit la réilexion suivante de l'Auteur :

Vos noms toujours fameux vivront dans la mémoire ; Et qui meurt pour son Roi , meuit toujours a\ec gloire.

Le discours de Potier aux Factieux est aussi beau par la justesse des sentimens, que par la force de l'éloquence : l'Auteur

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fait parler un grave Magistrat dans Rassemblée de la Ligue ; il s'oppose courageusement au dessein des rebelles, qui voulaient élire un R.oi d'entr'eux ; il les renvoie à la domination légitime de leur Souverain , à laquelle ils voulaient se soustraire. Il condamne toutes les vertus des Guises , en tant que vertus militaires , puisqu'elles devenaient criminelles dès - là qu'ils en faisaient usage contre leur Roi et leur Patrie. Mais tout ce que je pourrais dire de ce discours ne saurait en approcher ; il faut le lire avec attention. Je ne prétends qu'en faire remarquer les beautés à ceux des Lecteurs auxquels elles pourraient échapper.

Je passe à la guerre de Religion , qui fait le sujet de la Henriade. L'Auteur a dû exposer naturellement les abus que les superstitieux et les fanatiques ont coutume de faire de la Religion ; car on a remarqué que, par je ne sais quelle fatalité , ces sortes de guerres ont été plus sanguinaires que celles que l'ambition des Princes ou l'indocilité des Sujets ont suscitées ; et comme le fanatisme et la superstition ont été de tout tenis les ressorts de la politique détestable des Grands et des Ecclésiastiques , il fallait nécessairement y opposer une digue. L'Auteur a employé tu ut le feu de son imagination, et tout ce qu'ont pu 1 Eloquence et la Poésie , pour mettre devant ce siècle les folies de nos ancêtres , atin de nous en préserver à jamais. Il voudrait pu-

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rifier les camps et les Soldats des argumens pointilleux et subtils de l'école j pour les renvoyer au peuple pédant des Scholastiques. Il voudrait desarmer à perpétuité les hommes du glaive saint qu'ils prennent sur l'autel , et dont ils égorgent impitoyablement leurs frères : en un mot , le bien et le repos de la société fait le principal but de ce Poème; et c'est pourquoi l'Auteur avertit si souvent d'éviter dans cette route recueil dangereux du fanatisme et du faux zeie.

Il paraît cependant , pour le bien de rimmanité , que la mode des guerres de Religion est finie , et ce serait assurément une folie de moins dans le monde ; mais j'ose dire que nous en sommes en partie redevables à l'esprit philosophique, qui, depuis quelques années , prend beaucoup le dessus en Europe. Plus on est éclairé , moins on est superstitieux. Le siècle où vivait Henri IV était bien différent ; l'ignorance Monacale , qui surpassait toute imagination , et la barbarie des hommes , qui ne connaissaient s pour toute occupation, que d'aller à la chasse et de s'entre- tuer , donnaient de l'accès aux erreurs les plus palpables. Marie de Médicis , et les Princes factieux , pouvaient donc alors abuser d'autant plus facilement de la crédulité des Peuples, puisque ces Peuples étaient grossiers , aveuglés et ignorans.

Les siècles polis qui ont vu fleurir les Sciences , n'ont point d'exemples à nous

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présenter de guerres de Religion , ni de guerres séditieuses. Dans les beaux tems de l'Empire Romain , je veux dire vers la fin du re^ne d'Auguste , tout l'Empire , qui composait presque les deux tiers du monde, était tranquille et sans agitations ; les hommes abandonnaient les intérêts de la Religion a ceux dont l'emploi était d'y vaquer 3 et ils préféraient le repos y les plaisirs et l'étude , à l'ambitieuse rage de s'égorger les uns les autres , soit pour des mots , soit pour l'intérêt , ou pour une funeste gloire.

Le siècle de Louis -le- Grand , qui peut être égalé sans iiaterie à celui d'Auguste 9 nous fournit de même un exemple d'un règne heureux et tranquille pour l'intérieur du Royaume ; mais qui malheureusement fut troublé vers sa. fin par l'ascendant que le père le Telliar prenait sur l'esprit de Louis XIV , qui commençait à baisser ; mais c'est la faute proprement d'un particulier , et l'on n'en saurait charger ce siècle , d'ailleurs si fécond en grands hommes , que par une injustice manifeste.

Les saenc^è ont ainsi toujours contribué umaniser les hommes , en les rendant plus doux , plus justes et moins portés aux violences : elles ont pour le moins autant de part que les loix au bien de. la société et au bonheur des peuples. Cette façon de penser aimable et douce se communique insensiblement , de ceux qui cultivent les Arts et les Sciences , au public et au vul-

AVANT-PROPOS. xix gaire ; elle passe de la Gour à la Ville , et de la Ville à la Province : on voit alors avec évidence que là N tture ne nous forma point assurément pour eue nous nous exterminions dans le monde ; mais pour que nous nous assistions 6.3ns nos communs besoins ; que le malheur, les infirmités et la mort nous poursuivent sans cesse , et que c est une démence extrême de multiplier les causes de nos misères et de notre destruction. On reconnaît , indépendamment de la différence des conditions , l'égalité que la Nature a mise entre nous ; la nécessité qu'il y a de vivre unis et en paix , de quelque opinion que nous soyions; que l'amitié et la compassion sont des devoirs universels. En un mot , la réflexion corrige en nous tous les défauts du tempérament.

Tel est le véritable usage des Sciences ; et voilà par conséquent la règle et l'obligation que nous devons avoir à ceux qui les cultivent , et qui tâchent d'en fixer l'usage parmi nous. M. de Voltaire . qui embrasse toutes ces sciences , m'a toujours paru mériter une part à la gratitude du Public , et d'autant plus , qu'il ne vit et ne travaille que pour le bien de l'humanité: cette réflexion , jointe à l'envie que j'ai eue toute ma vie de rendre hommage à la vérité , m'a* déterminé à procurer cette édition au Public, que j'ai rendue aussi digne qu'il me l'a été possible , de M. de Voltaire et de ses Lecteurs.

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En un mot % il m'a paru que donner de marques d'estime à cet admirable Auteur , était , en quelque façon , honorer notre siècle , et que du moins la postérité se redirait d'âge en âge , que si notre siècle a porté de grands hommes , il en a reconnu toute l'excellence , et que l'envie ni les cabales n'ont pu opprimer ceux que leur mérite et leurs talens distiguaient du vulgaire , et même des grands hommes.

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