‹ HenriadeChapitre 2 sur 69 · PAR M. MARMONTEL · texte numérisé non relu

PAR M. MARMONTEL

Ox ne se lasse point de réimprimer les Ouvrages que le Public ne se lasse point de relire ; et le Public relit toujours avec un nouveau plaisir ceux qui , comme la Henriade , ayant d'abord mérité son estime , ne cessent de se perfectionner sous les mains de leurs Auteurs.

Ce Poëme , si différent dans sa naissance de ce qu'il est aujourd'hui , parut pour la première fois en 1720 , imprimé à Londres, sous le titre de la Ligue. M. de Voltaire ne put donner ses soins à cette édition : aussi est-elle remplie de fautes , de transpositions , et de lacunes considérables.

L'Abbé Desfontaines en donna peu de tems après une édition à Evreux , aussi imparfaite que la première , avec cette différence qu'il glissa dans les vides quelques vers de sa façon , tels que ceux-ci , où il est aisé de reconnaître un tel Ecrivain :

Et malgré les Pei'raults , et maigre' les Houdarts, L'on verra le bon goût naître de toutes parts.

Chant VI de son édition.

En 1726 on en fit une édition à Londres, sous le titre de la Henriade in-4.0 avec des figures. Elle est dédiée à la Reine d'Angle-

xxij PRÉFACE.

terre ; et pour ne rien laisser à désirer ctans cette édition , j'ai cru devoir insérer dans ma prélaee cette épître dédicatoire. On sait que , dans ce genre d'écrire, M. de Voltaire a pris une route qui lui est propre. Les gens de goiit qui s'épargnent ordinairement la lecture des fades éloges, que même nos plus grands Auteurs n'ont su se dispenser de prodiguer à leurs Mécènes, lisent avidement et avec fruit les épîtres dédicatoires d'Alzire , de Zaïre , etc. Celle-ci est dans le même goftt, et on y reconnaît un Philosophe judicieux et poli , qui sait louer les Piois même sans les flatter. Il n'écrivit cette épître qu'en anglais.

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