Chapitre V
Perché gîam ni ai non lo lasciaste aperto. E detto questo , subito ubbracciolla ; Poi si colcar nella minuta erbetta , La quale aliegia gli fioria d' intorno , etc.
L'Empereur lui donna un doux baiser , et lui jeta les bras au cou. Elle s'arrêta , et lui dit en souriant : « Mon doux Seigneur , que voulez-vous faire l )> Si quelqu'un entrait ici et nous découvrait , je » serais si honteuse , que je n'oserais plus lever les » yeux : allons dans notre appartement ; fermons 3» les portes , mettons-nous sur le lit , et puis faites >> ce que vous voudrez. » L'Empereur lui répondit : « Ma chère ame , ne craignez point d'être aperçue ; » personne ne peut entrer ici que par ma chambre ; >> je l'ai fermée , et j'en la clef dans ma poche. Je ?» présume que vous avez aussi fermé la porte de » votre appartement , qui entre dans le mien; car » vous ne le laissez jamais ouvert. Après avoir » ainsi parlé , il l'embrasse et la jette sur l'herbe ten- ># dre qui semble partager leurs plaisirs , et qui les » couronne de fleurs. » Ainsi ce qui est décrit noblement dans Humere devient aussi bas et aussi dégoûtant dans le Trissin , que les caresses d'un mari et d'une femme devant le monde.
Le Trissin semble n'avoir copié Homère que dans des descriptions ; il est très-exact â peindre les habillemens|et les meubles de ses héros ; mais il ne dit pas un mot de leurs caractères. Cependant je ne fais pas mention de lui pour remarquer seulement ses fautes , mais pour lui donner l'éloge qu'il mérite d'avoir été le premier moderne en Europe qui ait
3io E&sai sur la Poésie épique ,
fait un poëme épique régulier et sensé , quoique faible , et qui ait osé secouer le joug de la rime. De plus , il est le seul des poètes Italiens dans lequel il n'y ait ni jeux de mots ni pointes , et celui de tous ceux qui a le moins introduit d'enchanteurs et de héros enchantés dans ses ouvrages ; ce qui n'était pas un petit mérite.