DE FONTENOY
Ces captifs tout sanglans portés par nos soldats , Par leur main triomphante arrachés au trépas , Après ce jour de sang , d'horreur et de furie , Ainsi qu'en leurs foyers , au sein de leur patrie , Des plus tendres bienfaits éprouvent les douceurs , Consolés , secourus , servis par leurs vainqueurs. O grandeur véritable ! ô victoire nouvelle ; Eh J quel cœur enivré d'une haine cruelle, Quel farouche ennemi peut n'aimer pas mon Roi , Et ne pas souhaiter d'être né sous sa loi ? Il étendra son bras , il calmera l'Empire.
Déjà Vienne se tait , déjà Londres l'admire j La Bavière , confuse au bruit de ses exploits , Gémit d'avoir quitté le protecteur des Rois j Naple est en sûreté, Turin dans les alarmes : Tous les Rois de son sang triomphent par ses armes ? Et de i'Ebre à la Seine en tous lieux on entend : Le PLUS AIME DESROISEST AUSSI LEPLUSGRAND, Ah ! qu'on ajoute encore à ce titre suprême Ce nom si cher au monde , et si cher à lui-même , Ce prix de ses vertus qui manquent à sa valeur, Ce titre auguste et saint de pacificateur : Que de ses jours si beaux rde qui nos jours dépendent^ La course soit tranquille , et les bornes s'étendent.
Ramenez ce Héros , ô vous qui l'imitez , Guerriers qu'il vit combattre et vaincre à ses cote's, Les palmes dans les mains nos peuples vous attendent, Nos coeurs volent vers vous , nos regards vous demandent ;
38o L E P O E M E , etc.
Vos mères , vos enfans , près de vous empressés , Encor tout éperdus de vos périls passés , Vont baigner, dans l'excès d'une ardente allégresse, Vos fronts victorieux , de larmes de tendresse : Accourez , recevez , à votre heureux retour, * Le prix de la Vertu par les mains de l'Amour.
Fin du Poème de Fontenoy.
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