DE F O N T E X O Y
C'est ainsi quel'on voit dans leschampsdes Numides, Différemment armés des Chasseurs intrépides ; Les coursiers écumans franchissent les guérets : On gravit sur les monts , on borde les forets ; Les pièges sont dressés, on attend , on s'élance , Le javelot fend l'air , et le plomb le devance ; Les Léopards sanglans , percés de coups divers , D'affreux rugissemens font retentir les airs ; Dans le fond des forêts \h vont cacher leur caerei
Ah ! c'est assez de sang , de meurtre , de ravage , Sur des morts entassés, c'est marcher trop long-tems ; Noailles (i) , ramenez vos soldais triomphans; Mars voit avec plaisir leurs mains victorieuses Traîner dans notre camp ces. machines affreuses, Ces foudres ennemis contre nous dirigés ; Venez lancer ces traits que leurs mains ont forgés ; Qu'ils renversent par vous les murs de cette Ville , t)u Batave indécis la barrière et l'asyle , Ces premiers (2) fondemens de l'Empire des Lis , Par les mains de mon Roi pour jamais affermis. Déjà Tournay se rend , déjà Gand s'épouvante , Ckarles-Qainr s'en émeut ; son ombre gémissante
( 1 ) Le Comte de Noailles attaqua , de son cote , la colonne d'Infanterie Anglaise , avec une Brigade ds Cavalerie , qui prit ensuite des canons.
( 2 ) Tournay , principale ville des Français sous la première race , dans jaqueùe on a trouvé le tombeau da Ckilderic,
Pousse un cri dans les airs et fuit de ce sijour , Où , pour vaincre, autrefois , le ciel le mit au jour.. Il fuit ; mais que] objet pour cette ombre alarmée! Il voit ces vastes champs couverts de notre armée, L'Anglais deux fois vaincu , cédant de toutes parts, Dan* les mains de LOUIS laissant ses étendards ; Le Belge en vain caché dans ses villes tremblantes , Les murs de Gand tombés sons ses mains foudroyantes , Et son char de victoire en ces vastes remparts (i) Ecrasant le berceau (2) du plus grand des Césars (3).
Français,heureux Français, peuple doux et terrible, C'est peu qu'en vous guidant Louis soit invincible, C'est peu,que le front calme, et la mort dans les mains, Il ait lancé la foudre avec des yeux sereins ; C'est peu d'être vainqueur ; il est modeste et tendre „ Il honore de pleurs le sang qu'il vit répandre ; Entouré des héros qui suivirent ses pas , Il prodigue l'éloge et ne le reçoit pas ; Il veille sur des jours hasardés pour lui plaire ; Le Monarque est un homme, et le vainqueur un père,
( 1 ) La ville de Gand , soumise à Sa Majesté le n Juillet , après la défaite d'un coips d'Anglais par M. du Chaila, à la tète des Brigades de Ciillon et de Norman- <}ie , le régiment de Grassins , etc.
( 3) Charles-Quint naquit dans cette ville en i5co , le a6 Feviier , du mariage de l hilippe , Aichiduc d'Autriche , et de Jeanne de Castiile , héritière d'Espa^ua.
( 3 ) Des Césars modernes..