‹ Henriette Marechal drame en trois actes en prose precedee d'une histoire de la piece Edmond & Jules De GoncourtChapitre 33 sur 84 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les mêmes, M. MARECHAL entrant et les voyant s’embrasser.

M. MARÉCHAL

Eh bien ! eh bien ! c’est cela ! ne vous gênez pas ! Après vous, s’il en reste... (A sa femme.) Bonjour, chère amie... (Asa fille.) Et qu’ est-ce qu’on dit à ce père? (Henriette saute dans ses bras.) Oh ! toi, tu cs mademoiselle sans phrases, c’est une justice à te rendre : plus de baisers que de paroles avec toi ! Ce n’est pas que je m’en plaigne... (U va

mettre son paletot, à gauche.) Ail ÇO. ! VOUS Savez qil il fait UH

temps superbe aujourd’hui... un soleil! Vous sortez de votre lit, je suis sûr, vous autres? Il y a deux heures que vous devriez être sur pied... On fait une grande course avant son déjeuner, on marche, on va dans la rosée. ... 11 n’y a rien de bon comme ça. (A sa «lie, tirant une botte a» sa poche.) Tiens! j’ai une petite bêtise pour toi.

Oh ! une croix !... qu’elle est jolie! merci, papa ! (Elle court

à sa mère assise sur le canapé il droite.) \ ois donc, maman.

M. MARÉCHAL

J’ai aussi quelque chose pour vous, Louise, (il ouvre une

boite et la présente a sa femme )

MADAME MARÉCHAL

Des diamants ? des diamants ! mais (regardant sa fille qui est auprès d’elle, derrière le canapé, UlOll ami, CC n’est la fête de personne de nous aujourd’hui.

M. MARÉCHAL

Pardon, ma chère, c'est la mienne.

MADAME MARECHAL

La vôtre? la vôtre. . . mais, du tout.. . C’est dans le mois de décembre. . .

M. MARÉCHAL

Si, je vous assure, c’est la mienne. 11 y a aujourd’hui trente ans, madame, trente ans, jour pour jour, que votre mari entrait ii Paris, par la barrière de Fontaine-

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